‹ Théorie de la procédure civile (volume 2)Chapitre 170 sur 285 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

longde rappeler ici (l), forma les communes , accrut la force du tronc , et facilita les afTranchissemens. La stupeur de la servitude fit place à des idées de liberté , et les premières idées deliberté furent le premier essor de l'industrie. L'esprit de commerce rapprocha les provinces, adoucit les mœurs, disposa les peuples à la paix , et donna au gouvernement une nouvelle direction.

Les comtes de Champagne et de Brie établirent dans leurs domaines six foires par année ; ils les dotèrent d'un grand nombre de franchises et de privilèges , afin d'y attirer les marchands de toutes les nations.

Mais ce n'était point assez que des exemptions de taxes et des mesures de sûreté pour les personnes , il fallait encore fonder des garanties de crédit , et appeler la confiance dans ces grands marchés ; il fallait pourvoir à ce que les affaires n'y fussent pas entravées par la crainte des longues procédures usitées dans les tribunaux ordinaires du royaume, par l'embarras d'aller chercher les débiteurs à des distances considérables, et par l'extrême difficulté de les poursuivre devant des juges étrangers.

(1) Voyez ci-dessus, chap. 9 , pag. 174 et suiv.

C'est ce que fit Philippe de Valois, quelques années après le traité qui assura définitivement à la couronne la possession des comtés de Brie et de Champagne. Il ordonna « qu'aux gardes de la foire appartînt la cour et connaissance des cas et contrats advenus es dites foires (1). » Ces règlemens obtinrent un beau triomphe sur les rivalités de pouvoir et de croyance qui divisaient alors et les provinces et les nations ; car il y est dit que a pour ce s'accordèrent prélats , princes , barons, chrétiens et mécréans , en eux soumettant à la juridiction d'icelles foires , et y donnant obéissance, y*

Les premiers succès des croisés avaient ouvert à l'Italie les ports de l'Orient ; les vaisseaux des Vénitiens, des Génois et des Pisans, portaient sur la côte les provisions et les munitions de guerre. Ces marchands se firent donner des immunités considérables dans les établissemens formés par les chrétiens : bientôt on les vit maîtres d'uire partie du Péloponèse et des îles les plus fertiles de l'Archipel. Plusieurs branches de commerce concentrées jusqu'alors en Asie franchirent leurs vieilles

(1) Lettres patentes de 1349.

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