CHAPITRE XV
subdivisèrent en centènes «jouvernées par un centenier. Il est aussi question , dans quelques auteurs, d'une autre subdivision en dizènes, et de dizeniers qui en auraient été les cbefs ; mais leur existence est contestée (l). Ces officiers présidaient , en temps de paix , la re'union des hommes libres qu'ils commandaient en temps de guerre. Le plaid de la centène ne connaissait que des petites affaires : tout ce qui touchait la vie, la liberté et le droit de propriété, était jugé par le plaid du comte. Les causes des comtes , des évoques , des abbés , et de tous les grands de l'Etat, potentiores y étaient réservées à la Cour du Roi.
Il paraît qu'avant la conquête, les comtes et les centcniers avaient été élus par le peuple ; après ils furent nommés par le roi ou par ses délégués: ils étaient amovibles.
Les comtes et les centeniers , assistés des rachimbourgs (2) , rendaient la justice dans
n'avait point encore imaginé de séparer. Le comte était le magistrat ordinaire. Les Lombards appelaient duc, l'officier que les Francs appelaient comte.
(1) M. Guizot, Essais sur l'histoire de France, A" Essai , pag. 256.
(2) Rcic/i in bnrg , notable». Il ne faut pas les confondre avec les scabini , cchevins, qui furent institues
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les terres immédiatement soumises à la juridiction royale.
Les propriétaires de fiefs ou bénéfices jugeaient, avec leurs vassaux, les hommes de leur domaine.
Les bases de ce système judiciaire, sous la première race, sont généralement reconnues aujourd'hui ; il est inutile d'en rapporter les preuves.
La difficulté consiste à savoir, comme je l'ai déjà annoncé, s'il y avait des voies de recours contre les jugemens, quelle était la nature de ces voies, quel tribunal pouvait en connaître, et quels étaient leurs effets.
Je consulterai d'abord le plus ancien de nos textes, le pacte de la loi salique.
Lorsque les rachimbourgs r efusaient de juger, leu^ein salicam clic ère ^ le poursuivant répilait trois fois sa demande, et finissait par leur adresser une sommation en ces termes : Ego vos iangano usqiie diim vos inter me et contra causaiorem meum legem judice-
sous Cliarlemagne, pour suppléer à la négligence que mettaient les rachinihourgs à se rendre aux plaids. Les scabini furent des magistrats permanens , spécialement tenus do juger.