DU MINISTERE PUBLIC
Quelqu'un a dit^ avec une grande raison : « La plupart du temps , on n'a trouvé dans les écrits des anciens que ce que l'on croyait d'avance devoir y trouver. »
Ainsi, les auteurs qui ont parcouru 1 histoire du droit romain , avec des dispositions à y découvrir l'origine du ministère public , n'ont pas manqué d'en apercevoir les premières traces dans l'établissement des rationales ou procuratores Cœsaris , au temps d'Auguste.
Comme les Francs avaient conservé dans les Gaules ce qui leur convenait de l'administration de Rome, il n'y a eu qu un pas à faire pour trouver clicy. eux des procuratores ou
adores régis. Suivant une opinion assez commune, cette espèce d'agens serait le type du noble emploi, dont toute la hauteur et toute la dignité ont été peintes d'un si beau trait, quand on a dit d'un magistrat célèbre , qu'il fut l'homme de la loi et l'orateur de la patrie (1).
Pour bien apprécier la solidité d'un système, il faut un peu fouiller autour de sa base.
A Rome , les raiionnles furent d'abord des régisseurs ou intendans établis dans les domaines du prince , pour percevoir ses revenus , veiller à ses intérêts, repousser les usurpateurs et gourmander les tributaires négligens. Plus tard, Constantin leur attribua le droit de juger les causes fiscales , c'est-à-dire
(1) Eloge de M. Antoine-Tjouis Séguier, premier avocat général du parlement de Paris, prononcé à l'Institut , le 2 janvier 1 806 , par M. Portalis , ministre des cultes.
On connaît le mot de Gustave III , lorsque M. Séguier lui fut présenté : « Il faudrait n'être pas d'Europe, pour ignorer le nom d'un liomnie aussi éloquent. » Aujourd'hui tout le monde eu dirait autant de son pané'gyriste.