CHAPITRE XVllI
tioi) ; il exigeait les corvées et les provisions nécessaires pour le Iransporl cl la subsistance de la cour (1).
La loi n'avait pas d'autres organes et d'autres défenseurs, dans les tribunaux, cjuc les juges eux-mêmes. Les comtes se portaient parties contre ceux qui appelaient de leurs sentences , et ils les faisaient suivre à la cour du roi par un député du plaid, pour répondre aux griefs, ou pour étouffer les cris des plaignans (2). Mais comme le prince avait droit à une bonne partie des amendes et des confiscations, il entretenait aussi des ascns chargés de veiller à cette branche importante de son revenu. Ces agens , à l'instar des rationales de Rome, prirent l'habitude de se constituer juges dans les causes où il échéait composition au profit du roi. Tout cela s'introduisit naturellement dans le régime féodal, dès que l'hérédité des bénéfices en eut fait autant de souverainetés.
On dira , peut être, que ce sont bien là les premiers signes de la naissance du ministère public , puisque , de nos jours, il est encore le
(1) Hincmar, Episi. , tlt. 14, cap. 22.
(2) Voyez ci-dessus , pag. 428.
défenseur du domaine et des droits de la couronne.
Je répondrai qu'il ne faut pas prendre des analogies pour des origines; car, avec un pareil procédé , il serait trop facile de faire jaillir partout des sources historiques.
Le ministère public est aujourd'hui ce qu'il fut , aussitôt qu'on vit surgir , au sein du parlement, cet ordre régulier de justice , sans lequel les royaumes ne peuvent avoir durée ne fermeté aucune , comme a dit Charles YII. Il veille aux intérêts de la société tout entière ; il est le défenseur du domaine rojal, et celui de toutes les propriétés , parce qu'on ne peut ni appauvrir le peuple saris appauvrir le trône , ni blesser une seule propriété sans blesser du môme coup toutes les autres. Souvent on l'a entendu conclure luimôme au rejet des actions formées sous le nom du roi , et combattre les prétentions des fiscaux qui auraient voulu tout réduire en régales. Je demande d'où procéderait une affinité entre celte belle magistrature , et les antiques défenseurs du fisc , ces parî-prenans du. fredum, ces agens ombrageux et avides^ pour qui défendre c'était attaquer , et conserver c'était envahir ?