CHAPITRE XIX
dure et du certificat d'aptitude, que l'on exige pour les avoués.
A plus jus'e raison encore , doit-on s'étonner de cette facilite qui cre'e chaque jour des notaires , avec des atiestavit de stage délivrés par le vendeur de TofEce , ou accordés par un patron trop complaisant. Les fonctions de notaire tiennent à la procédure , au droit civil, au droit commercial, à tous les droits , à tous les intérêts. Ils sont des juges volontaires; ils donnent, comme les autres juges, la force exécutoire à leurs actes . Il y a plus : ce qu'ils ont écrit et prononcé n'est pas, comme les sentences des autres juges, sujet à l'appel. Leur influence s'étend sur tous les détails de la vie civile ; ils sont dépositaires des titres et des secrets des familles ; ils sont les hommes de toutes les confiances. Dans les campagnes, les parties contractantes n'ont pas d'autres guides qui puissent les éclairer sur la force, sur le sens et sur les suites dune transaction.
D'où naissent tous ces procès qui rendent la propriété incertaine, et qui vont troui3lant sans cesse la paix des familles? De la mauvaise rédaction des actes.
Si l'on, veut avoir partout des notaires éclai-
rés , il faut à la fois leur donner le moyen , et leur imposer la nécessité de l'elre ; ou bien il faut , comme en Angleterre , exiger que les contrats soient écrits sur un papier spécial^ portant en marge la notice des lois relatives à l'acte qu'il s'agit de dresser.
Les tabellions formaient à Rome un grand collège, sous la direction (ïun primiceriits ; ils devaient être jurisconsultes, savans dans l'art d'écrire et de parler, et d'une probité reconnue. Ils n'admettaient dans leurs rangs que des candidats éprouvés par de longs travaux. Après l'élection, ils les présentaient à l'audience du préfet de la ville ; ils juraient tous que leur choix n'avait été déterminé ni par intérêt, ni par indulgence ; puis les nouveaux élus recevaient du magistrat un anneau , sur lequel un cachet était gravé. On observait , dit Cujas, pour leur admission , toutes les cérémonies qui se pratiquent en France pour le doctorat.
ce II n'est qu'un seul moyen de donner à tous les notaires l'estime qu'ils doivent avoir, disaient, en 1788, les auteurs de VEiicjclopédie métliodique (1) ; et ce moyen nous le
(1) Partie de la jurisprudence, v° notaires.