‹ Théorie de la procédure civile (volume 2)Chapitre 283 sur 285 · CHAPITRE XX. G · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX. G

La loi du 22 yentosc an xii rétablit les écoles de droit, cl ordonna la formation du tableau des avocats. Ce qui pressait le plus, c'était la nécessité de purger le barreau d'une foule ignorante et cupide , et d'y répandre l'eau lustrale.

La réorganisation ne s'opéra que par le décret du 14 décembre 1810; ce fut un fâcheux mélange de protection , de gène et de servitude.

Dans cet éfat de choses , Tordonnance du 20 novembre 1822 parut presque un bienfait ; c'est par celle du 27 août 1830 que Tordre a recouvre ses antiques libertés (1).

Un avocat doit être fier de ses droits , mais il doit se plaire en même temps à parler de ses devoirs ; les uns et les autres se confondent dans la dignité de sa profession.

Les devoirs de l'avocat sont ceux de l'homme le plus sévèrement intègre.

(1) J'ai parlé, dans le chapitre précédent, du privilège des avocats pour la plaidoirie. La discipline intérieure de l'ordre n'ayant que des rapports éloignes avec la théorie de la procédiu-e civile , je crois pouvoir me dispenser de faire ici l'analyse des ordonnances du 20 novembre 1822 et du 27 août 1830. Elles sont assez connues , on les trouve dans tous les recueils.

M. l'avocat général Porîail disait, en 1707 : « Il est , même en matière civile , des espèces où l'on ne peut défendre la cause sans offenser la personne, attaquer Tinjustice sans déshonorer la partie , expliquer les faits sans se servir de termes durs : dans ces cas , les faits injurieux, dès qu'ils sont exempts de calom- II ies , sont la cause même , bien loin d'en être les dehors ; et la partie qui s'en plaint doit pi utôt accuser le dérèglement de sa conduile qu e rindiscrétion de l'avocat. »

l\lais, hors ces cas d'une cruelle nécessite', il faut, comme le gladiateur dont parle Martial, savoir vaincre sans blesser; il faut savoir péntilrer dans les replis du cœur, deviner les ruser, des passions , et peindre les hommes dans tous les états , avec ce goût de décence et de probité qui rend moins amers les fruits de la justice.

Dans les pays où l'instruction est secrète, où la publicité du raisonnement passe pour une oilense séditieuse, les avocats ne sont à peu près que des agens d'affaires , et leurs fonctio.ns se réduisent à écrire d'obscurs mémoires qui vont grossir le sac d'un dossier de

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