‹ Théorie de la procédure civile (volume 2)Chapitre 5 sur 285 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

en entier, et que la sentence contenait, soit des restrictions, soit des conditions.

Mais il est surtout difficile d'admettre qu'il fut un temps où les habitans de l'É^pte savaient tous écrire, et où ils étaient tous assez initiés dans la science des lois pour composer eux-mêmes leurs demandes et leurs défenses.

C'est ainsi que de beaux -esprits qui se servent plus de leur mémoire que de leur raison, et qui transcrivent plus qu'ils n'examinent, se soumettent à payer aux conteurs de l'antiquité le tribut d'une frivole crédulité , pour acquérir le droit de critiquer un ordre de choses dont ils ne connaissent pas Futilité, parce qu'ils ont dédaigné de s'en instruire.

Les essais des novateurs , dans les premières années de la révolution , ont fait ressortir à la fois le danger et la vanité de ces systèmes de simplification judiciaire. Notre âge e^t devenu trop fertile en artifices , la fraude a trop de calculs , l'erreur a trop de subtilités , les actions ont trop de variétés , pour qu'un petit nombre de règles suffise à tous les cas.

Il parut en 1765 un Essai sur les motifs d'éviter les procès et sur les moyens d'en tarir la source. La première partie de ce

s INTRODUCTION.

livre offre le tableau des inquiétudes , des longueurs et des frais qui affligent les plaideurs. Voilà les motifs d'éviter les procès. Quant aux moyens d'en tarir la source et de faire disparaître l'appareil des formes, l'auteur n'en a pas trouvé d'autre que celui de rendre les hommes bons et justes , en leur apprenant de bonne heure les devoirs qu'ils doivent remplir les uns envers les autres.

Ainsi, jusqu'à ce que le rêve de cet homme de bien soit devenu une heureuse réalité , il y aura des procès et il faudra des règles de procédure.

Enfin , comme le disait Frédéric dans le préambule de son Code, puisque l'injustice a créé un art d'embrouiller les affaires , ne faut-il pas que la justice ait un art de les débrouiller ?

Une maxime d'éternelle justice veut que nul ne soit condamné s'il n'a pu se défendre ; c'est l'idée dominante qui se développe, s'étend et se ramifie dans tous les détails des règles de la procédure.

Si la faveur d'une demande légitime réclame simplicité et célérité dans les formes,

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