CHAPITRE VII. îf^T
Les juslices royales , proprcnieiil dilc-^ , étaient exercées j)ar fies juges que le roi nommait dans les terres de son domaine ; ces jupt s connaissaient de toutes les affaires civiles cutie roturiers (1). On les appelait prévôts ; eu certaines provinces , châtelains j en d'autres, 'vicomtes ; en d'autres encore , vi'^idcvs ; mais c'était partout le même pouvoir et !a même autorité sous des non»s diffcreus. Ces officiers avaient remplacé les comtes , qui , dès les premiers âges de la monarchie , et même avant la conquête , présidaient dans chaque ville au fait de la justice (2y.
(1) Èdit de Créinieu , art. 20.
(2) " Les coiutez preiuieremeiit iicstoieat difjuitcz de telle parure coinnae nous le vovoiis aujourd'ljuy ; ains , de leur primitive iiislitutiou , estoieut mois appropriez presque à toutes lUcmieres d'estats qui cstoient autour des emj^erems de Rome , rappo:lant , les anciens , l'elfect de; cette diction à sa signification latine. Pour laquelle cause , estoient appelez ceux qui avoient superintendance , ou sur le fvTlais , ou sur l'escuvie , ou sur Tespéurgne de lempeieur , comtes du palais , comtes d'estables , et comtes des lai {citions , et ainsi presque de tous les autres. ^ élité est qu'à l'imitation de ccux-cy . les comtisans et gentils - hommes qiù cstoient pus de la suite cks
Les baillis étaient , au moyen-âge, des commissaires que le prince envoyait dans les di-
empereuis pour aller [gouverner les provinces , prindreiit semblableineut en plusieurs endroits ce litre de comte : connue nous voyons estre faict assez fréquente mention des comtes de la Marche d'Orieut. Et jxîtit à petit ce nom s'espandit de telle façon , qu'il n'y a voit ville qui u'eust sou comte pour juge ; voidant chaque juge rapporter sa grandeur , comme s'il eust été tiré de la suite et compagnie des empereurs. De là vint que les François arriva,ut aux Gardes , y trouvèrent presque ceste générale ]X)lice plantée , laquelle ils ne vouloient changer , non plus que plusieurs autres. De ces comtes ayant ainsi charge et superiutendance de la commime justice , vous trouverez estre souvent faite mention dedans les loix de Charlemagne et de Louis-le-Débonnaire son fils , lesquelles , en la plus part de leurs chapitres , ne chantent d'autres que la dihgence que les comtes doivent faire dans leurs comtez à rendre droit à chacun Lorsque les comtes commencèrent delà en
avant de s'arrester seulement aux bienfaicts du roi , ils laissèrent la juridiction à leurs lieutenants , dont les aucuns appelés furent vicomtes et les autres viguiers du mot vicarius , et les autres préi^osts d'iui autre mot latin que nous appelions prœpositus ; car , en ceste façon , les voyons-nous estre appelles es anciennes lettres de nos roys , lorsqu'elles s'adrcssoient aux prévosts. .- Pasquicr . Recherches de la France , iiv. 2 , chap. 14,