CHAPITRE VII
L'échiquier de Rouen était l'ancien conseil des ducs de Normandie (1) ; François I" voulut , en 1515 , qu'on l'appelât à l'avenir le parlement de iSormandie,
Les grands-jours de Troves étaient les assises que tenaient les comtes de Champagne pour prononcer sur les appels interjetés par leurs vassaux (2).
ce Ces échiquiers à Rouen, les grands-jours
Il est à propos de remarquer , pour l'intelligence de ces dispositions , que le comté de Toulouse , conquis , en 1227 , sur le comte Raimond, était réuni au domaine royal ; que la Normandie avait été soumise par Philippe- Auguste dès l'année 1204, et que le roi posséiiait xme grande partie de la Champagne.
(1) Ce nom d'échiqxiier vient, suivant les ims, de ce que le premier fut tenu à Rouen dans une salle dont le pavé était noir et blanc , et ressemblait au tablier d'un jeu d'échecs ; suivant les autres , de ce que le bureau était couvert d'un tapis écliiqueté de noh et de blanc,
(2) Dies magni Trecenses : ilà vocabanl assistas puhlicas et générales , quas comités Campaniœ tcnebant in iirbe Trecensi, ad dirimendas et dijudicandas supremn judicio majoris momenti controi^ersiat , et quœ per appel-
lationem ah assisiis baliviarum det'oii'ebantur ; prœsertini verii lites baronum Campanice qui scilicel nuUo média pcndcbant à comité. Ducange , v" Dies magni.
de Troyes , dit Pasquier , ëtoient assises générales que Ton avoit autrefois tenues sous ces noms en Normandie et en Champagne, pendant que les ducs de Normandie et comtes de Champagne s'en étoient fait accroire ; auxquelles ils avoient leurs pairs pour juger les causes , tout ainsi que nos roys en leurs parlements (1). »
Lorsque la Champagne fut réunie à la couronne, le roi envoya des membres de son conseil pour tenir les grands-jours de Troyes. Ducauge nous a conservé les termes d'une requête que présentèrent à ce sujet les gentilshommes de la province : « Item requièrent li gentil hommes, que on tiengne les jours de Troyes deus fois l'an , et que on y envoit tels gens qui puissent et doivent délivrer les bonnes gens selon la raison, w
11 y eut souvent des grands-jours extraordinaires en d'autres provinces éloignées, pour procurer aux habitans une expédition plus prompte et moins dispendieuse. Les grandsjours de Poitiers, tenus en 1579 par le président de Flarlay et par l'avocat général Brisson qui avaient fait leurs études de droit
(1) Recherches de la France , Uv. 2 , chap. 3.