CHAPITRE VII
tel zèle et ferveur à notre service qu'ils auroient se n'étoit ladite doute. . . . Statuons et ordonnons que désormais nous ne donnerons aucun de nos offices, s'il n'est vacant par mort, ou par résignation faite du bon gré et consentement du résignant , dont il appert dûment ; ou par forfaiture préalablement jugée et déclarée judiciairement , et selon les termes de justice , par juges compétens , et dont il appert semblablement (1). »
Ainsi le droit d'administrer la justice , simple commission pendant long-temps , devint nn office. Dans la suite on put l'acheter ; plus tard , l'établissement de lapauletie le rendit héréditaire (2).
On a vu comment les cours supérieures de justice furent un démembrement de ces grands corps politiques , qui représentaient tous les ordres , discutaient toutes les affaires ,
(1) Recueil de Fontanon , tome 2 , pag. 1240.
(2) La paillette était un dioit établi en 1604 , que les titulaires des offices de judicatme et de finances payaient au roi au conunencenient de l'cuinée , pouiconserver à leuis héritiers la propriété de ces offices. Ce droit reçut son nom de Charles Paidet , qui eu fut l'inventeur et le premier fermier.
surveillaient tous les intérêts , et comment elles héritèrent du nom de parlement.
a Les hommes , dans leur raisonnement comme dans leur conduite , dit Robertson , se laissent aisément entraîner par la ressemblance des noms , et cette identité de noms donnés en France à deux corps essentiellement différons ne contribua pas peu à faire confondre leurs droits et leurs fonctions (1). v
Lorsque Louis XII , qui n'était encore que duc d'Orléans , voulut intéresser le parlement de Paris dans ses démêlés avec la dame de Beaujeu , pour la tutelle de Charles VIII , le premier président Jean de la Vaquerie répondit au prince : « que le parlement était une cour de justice établie seulement pour administrer la justice au nom du roi à ses sujets j non pour se mêler des affaires d'état et des grandes sanctions du royaume , si ce n'était par très -exprès commandement du roi. » Tel n'a point été, à toutes les époques de notre histoire , le langage des parlemens. Mais il n'est pas de mon dessein de les considérer sous d'autres rapports que ceux de
(1) Introduction à l'Histoire de Charles-Quint , pag. 462 , aux notes.