CHAPITRE IX
Or, la pairie était inhérente à la tenure d'un fief.
Les barons , dont les fiefs relevaient immédiatement de la couronne , étaient les pairs de France ; ils étaient juges les uns des autres à la cour du roi.
Les possesseurs des fiefs inférieurs , pareils entre eux, composaient la cour du seigneur dominant. Le même système régissait la pairie des arrière-fiefs et des sous-inféodations décroissantes.
Plus tard , les pairs féodaux fireiit place aux gens de robe longue (1) . La dignité de pair du royaume cessa d'être commune à tous les vassaux immédiats du roi , elle fut exclusivement réservée à quelques grands feudalaires qui composèrent la cour du prince; et, lorsque la cour du prince et le parlement vinrent à s'unir et à se confondre , le parlement s'appela la cour des pairs (2).
Que si l'on vient encore me dire, avec l'a-
(1) Voyez ci-dessus , pages 118 et 119.
(2) Les pairs de France avaient conservé entrée , séance et voix délibérative au parlement ; ils étaient toujours censés y être présens , avec le roi , dans toutes les causes que l'on y jugeait.
vocal général Servan : « Ne baissons point la tête devant une loi anglaise, mais adorons une loi vraiment humaine. N'est-on pas content ? cette loi est française. Fouillez dans les décombres de notre féodalité, et vous retrouverez ses cendres. Que dis-je, elle vit encore , elle est assise auprès du trône , et la prérogative de nos pairs n'est que l'image du droit commun de tous les citoyens. » Je répondrai qu'il y a du patriotisme dans cet enthousiasme, de la chaleur dans ce mouvement, de l'éclat dans ces expressions , mais que tout cela porte à faux ; je répondrai que je ne puis reconnaître des analogies avec le jury anglais , dans la pairie de nos anciens plaids féodaux , et dans la cour de parlement garnie des pairs de France.
Ceux qui cherchent des traces de jurés chez les peuples du Nord , ont été particulièrement frappés de l'emploi du nombre douze que l'on remarque dans la composition des tribunaux de la vieille Germanie , et que l'on retrouve dans le système du jury.
Il faut convenir que la prédilection pour le nombre duodénaire était fort généralement répandue.
Les Suédois et les Norwégiens choisissaient