CHAPITRE ÏX
douze des personnages les plus considérés de leurs tribus , pour juger les procès , lorsque les parties ne produisaient pas de témoins. Ces juges s'appelaient nembdœ (1).
Un capitulaire de Louis -le -Débonnaire ordonnait au comte de se rendre à certains plaids avec douze scahini (2) , ou de compléter ce nombre en convoquant les meilleurs hommes du comté (3).
Dans chaque canton de l'Angleterre , douze thanes formaient , avec le shérif , l'une des cours de justice établies sous le règne d'Ethelred II (4).
Les romans de chevalerie célèbrent les douze
(1) Si nuUi adfuerint testes , nembdœ swe duodecim virorum judicio res commitlatur. Leg. urb. Sueonum, cap. 11 , n° \. Spelman , Glossary, y° jurata.
Nembda , in jure Sueonum vetusto , j'udicem significat. Stiernhoock , de jure Sueonum et Golhorum vetusto , p. 31 , 52 ; et Ducange , v° nembda.
(2) Judices proprii , quod cii>es et incolœ eos sibi in judices eligerent. Ducange.
(3) yult dominas imperator ut , in taie placitum quale ille nuncjusserit , veniat unusquisque cornes , et adducat secum duodecim scabinos , si tanti fuerint ^ sin autem de melioribus hominibus illius comitatûs suppléât numerum duodenarium. Capital. 2 Ludot^ici pii, anno 819, cap. 2.
(4) Leges Eihelredi , p. 125.
preux deCharlcmagnc, et l'histoire nous donne les noms des douze pairs qui assistèrent au sacre de Philippe-Au uste.
Cette préférence et cette vénération tenaient Yraisemblablemenl à des traditions sur les propriétés mystiques des nombres.
Quoi qu'il en soit, et en admettant que le nombre des jurés ait été fixé sous Tinfluence de ces vieux souvenirs , une aussi faible considération ne suffirait point pour attribuer aux Scandinaves 1 institution du iurv : car leurs douze nembdœ , comme les douze thanes d Ethelred et les douze scabini de Louis-le- Débonnaire, ne servaient pas uniquement à donner un témoignage de conviction sur le fait en litige , ils étaient juges ; encore une fois , ils disaient le droit.
L'opinio n de M. Mejer , qui plajce le berceau du jury dans les assises de Jérusalem, ne me séduit pas davantage.
ce Quand la cité sainte fut conquise sur les ennemis de la Croix, est-il dit au chap, V^ des Assises , et que les princes et barons eurent élu à roi et à sei2;neur le duc Godefroj de Bouillon , il ne voulut être sacré et porter couronne d'or là où le Roi des rois porta cou-