‹ Théorie de la procédure civile (volume 2)Chapitre 85 sur 285 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

d'autres secouèrent le joug des officiers que les seigneurs avaient laissés pour maintenir leur domination. Des communautés municipales se formèrent; la liberté, l'esprit de propriété, l'industrie , donnèrent plus de prix à la vie et à Thonneur des individus ; les mœurs commencèrent à s'adoucir , et la législation suivit la pente des mœurs. L'opposition du clergé à la pratique du combat eut moins de résistances à surmonter. Ou vit poindre une sorte d'ardeur pour l'étude du droit romain ; Ravenne et Bologne eurent des écoles dès le onzième siècle (1) , et vers le même temps on composait en France un livre intitulé : Pétri exceptioties legitm romajiarum (2), Enfin saint Louis donna ses établis semens. a Nous défendons les batailles par tout notre domaine; €Q toutes querelles , disait le bon roi , et en

(1) M. de Savigny , Histoire du Droit romain dans le moyen-âge , cliap. 26.

^2) Introduction à C étude du Droit romain , pai' Etienne, pag. 156. Je me suis mal expliqué dans la première édition , chap. 1 , pag. 17, en disant : La découi^erle des Pandectes, etc. Cette découverte, que l'on a cru généralement avoir été faite à A mal fi en 1125 , et la disparition entière du droit romain dans l'Occident pendant le moyeu-àgc, sont loin d'élre prouvées.

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lieu de batailles , nous mêlions preuves des témoins ou des chartes , selon droit escrit en Code el titre de paciis (1). »

Les barons des pays, hors l'obéissance le roi\ luttèrent long-temps contre un exemple si dangereux pour ce qu'ils appelaient leurs privilèges. L'appel des jugemens à la cour du souverain était une conséquence inévitable de l'abolition du combat, et leur fière indépendance frémissait de se soumettre à l'autorité de la couronne. Mais une nouvelle puissance s'était formée ; des règles justes et fixes durent l'emporter sur la violence et le hasard , et les seigneurs furent obligés de reconnaître un juge suprême entre eux et leurs vassaux.

On pense assez généralement que le règne de Philippe-le-Bel vit s'éleindro, chez nous , la pratique du combat.

Cependant Roberison et M. Meyer citent comme le dernier combat judiciaire en France, celui de Jarnac contre la Châtaigneraie , au mois de juillet 1547. Je crois qu'il n'y eut rien de judiciaire dans ce duel fameux. Un démenti avait été publiquement donné ;

(1) Liv. l", «liap. 2.

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