I)U SENS COMMUN RATIONNEL
nulle à l'égard de la science. Mais en vous démontrant ainsi le peu de valeur de cette autorité, quel a été mon but? Ai- je voulu entreprendre par avance et d une manière générale l'apologie de toutes les doctrines les plus étranges et les plus bizarres? Non, assurément, et je suis moimême trop peu édifié sur la valeur de quelquesunes des doctrines nouvelles qui se sont produites de nos jours pour concevoir une pareille pensée. Ce que j'ai voulu, c'est réduire à sa juste valeur ce fameux argument de l'opinion générale et du sens commun, que sans cesse on oppose à la spéculation , et je suis bien loin de prétendre que, pour avoir raison, il suffise de contredire tout le monde. C'est surtout en philosophie, Messieurs, qu'il faut vous mettre en garde conu^ ces jugements sommaires et dédaigneux que nos hommes positifs ont coutume de porter contre les théories métaphysiques, car ces théories, plus que toutes les autres, leur sont suspectes, et ils n'hésitent pas à les déclarer sinon dangereuses, à tout le moins parfaitement oiseuses et inutiles. Pour eux la philosophie est une illusion, sinon un danger.
Tel est, en général, le langage et telle est l'attitude des hommes du monde, des hommes d'affaires, des sceptiques et des indifférents à