‹ Théorie de la royauté, d'après la doctrine de Milton /Chapitre 4 sur 15 · XX XIX · texte numérisé non relu

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écarter le mal ; car , outre qu’ils fe reproduisent toujours, quand on viendroit a bout d’en dérober paflagéremenc une partie k quelques personnes , cette précaution ne pourra jamais s’étendre a l’universalité , fur-tout dans une chose auffi générale que les livres: & quand on y parviendroit j le mal n’en exifteroit pas moins. Vous pouvez enlever fon or à un avare; mais il lui refte toujours un bijou, dont il n’eft pas en votre pouvoir de le priver ; c’eft-à- dire fon avarice. Banniffez cous Us objets de convoitise, enfermez la jeunefTe fous des verrous ; par cette méthode , vous ne rendrez chaftes que ceux qui l’étoient avant d^être fournis à votre discipline ; tant il faut de four & de fageffe , pour bien diriger les hommes !

Suppolbns que , par ces moyens , vous puiffiez écarter le mal : autant vous écartez de maux , autant vous éloignez de vertus ; car le fonds en eft le même : ils ont une fource commune , leur exiftence eft proprement relative , & fe rapporte !t des combinaisons étrangères au principe qui les produit. Nous naviguons diversement fur le vafte océan de la vie : la raifon en eft la bouffole ; mais la paffion en eft le vent.

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