J.S P.Ullli: IV. — I.A VAM.UIt Dli PRODUCTION
(!elle dernière doctrine ne commel donc pas Terreur faite par la théorie de la valeur-de-lravail ; elle ne confond pas la valeur de production ajoutée par les instruments de travail, etc., aux produits finaux, avec la partie de la valeur d'échange de ces derniers qu'on devra attribuer à la collaboration des moyens de production. Son erreur est autre : C'est de confondre la valeur cF échange des biens productifs : le travail, le sol, les outils, etc., avec les services qxiils rendent dans la production et dans la création de la valeur sous toutes ses formes.
KUe considf''re la valeur d'échange d'une charrue (pour reprendre une fois encore l'exemple choisi par Von Thiinen) comme s'appuyant, en dernière analyse, non sur le coût de production de cet objet méme^ mais sur Vîitilité-lijnite qu'aura finalement pour les consommateurs le pain, lorsque, dans quelque temps, la charrue aura servi entre les mains du laboureur à la production de blé>
La vie sociale réelle donne un démenti formel à cette théorie, ce qui est assez naturel. Le fabricant de charrues évalue tous ses instruments aratoires à un même niveau objectif pour tous les objets pareils; il ne peut pas compter pour la fixation de Inurvaleur avec Vutilitè-Hmite qu'un kilo de pain aura prochainement — dans une année, deux années, etc. — pour les consommateurs successifs.
de noKi'Caïc de la force de travail et du travail, comme le travail produit du blé, de la farine, du pain ? Nous prenons la liberté de continuel" la chaîne de déductions de M. Bôhm-Bawerk : la valeur du 2^<^in « dépend » de la valeur de la force de travail et du travail produits par le pain, travail des laboureurs, artisans, ouvriers de fabriques, etc. ; la valeur de ce travail dépend ensuite de la valeur du blé, des légumes, des articles d'industrie, etc , qu'il produira dans l'avenir. Et ainsi de suite.
Ce raisonnement, se mouvant ainsi dans un cercle, d'ailleurs incomplet dans la théorie de M. Bôhm-Bawerk, se réduii à l'idée suivante : La valeur des « biens productifs » d'aujourd'hui dépend de la valeur des « biens productifs » de demain.
Cette formule ne nous apprend rien sur le quantum de l'une et de l'autre valeur. Reste à se demander ce qui subsiste de cette théorie lorsxju'on l'éprouve au contact de la vie réelle.
CHAriTHE Xll. OliSF.UVATIONS COM l'LK.Ml' NTa lll ! S îi.'i'.j
1. 'acheteur, de son côté, ne voudra pas payer une charrue phis cher que son voisin pour la raison qu'il attend de son objet des services exceptionnellement utiles. De même nous avons vu déjà que l'orfèvre évaluera un objet d'or «au poids de l'or » sans se préoccuper de Vutilité-llmile que cet objet a eue pour la personne qui le lui offre ou qu'il aura probablement dans l'avenir pour un acheteur quelconque. Entre les articles de consommation productive matières premières, machines, outils, etc. , et les articles de consommation directe comme un objet d'or, il n'y a pas de différence à ce sujet (1 .
Les idées présentées par les théoriciens de la valeur-de-lravail relativement aux moyens de production et à leur concours dans la création de nouvelles valeurs, repose sur la confusion entre la valeur d'échange et la valeur de produclioti ; celle que nous trouvons à cet égard chez les représentants de la doctrine utilitaire repose, en dernière analyse, sur la confusion de la valeiir d'échange et de la valeur d'usage.
1) Dans la dernière édition de sa Théorie positive du capital, M. Bmhm- Bawerk s'etl'orce à prouver, par des exemples pratique*, que la valeur des biens productif» dépend de celle des articles prêts à la consommation directe et jamais de l'inverse. {Kapital und Kapîta/zins, tome II, 2^ partie, Exkurs, VIII, pages 251 et suiv. Voir surtout la déclaration catégorique, à la p. 255.)
Comme toujours, l'économiste autrichien ne regarde qu'un seul côté de la médaille, et il oublie notamment toutes les exigences de la grande industrie capitaliste moderne. Il cherche des exemples très particuliers à l'appui de sa thèse, e. a. tels où l'intervention de l'Etat influe sur les prix des articles prêts à la consommation et où cette influence réagit sur la valeur des biens productifs : terres, fabriques, etc. (Voir lac. cit., pages 260-261.) Cependant, M. Bôhm-Bawerk persiste à ne pas voir d'autres phénomènes, pourtant de caractère général, qui se trouvent immédiatement devant lui. Il ne voit pas, par exemple, que dans de vastes industries de transformation, les prix sont directement basés, par les fabricants coalisés, sur ceux des matières premières, avec une marge suffisante, entre les deux séries de prix, pour leur garantir un profit.