‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 109 sur 184 · CHAPITRE XIII. LA VALEIR DE PRODUCTION CAPITALISTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. LA VALEIR DE PRODUCTION CAPITALISTE

Tout aulre naturellemenl est la question de savoir si les frais dépensés par l'entrepreneur de transports et le commerçant dans lasphère de la circulalion pourront entièrement se réaliser au marché ; c'est à-dire si, dans la valeur d'échange et le prix de inarclié, entreront, en définitive, tous les frais en travail ou en (■ ipilal de ces intermédiaires. Celte question assurément exige un examen spécial. L'enlreprenenr de transports et le commerçant ne dépensent aux marchandises que leurs frais personnels en travail ou en capital, tandis qu'au marché capitaliste et sous le régime de la concurrence, ce sont les frais de production sociaux dans leur ensemble — y comitris les frais de circulation — qui se réalisent généralement dans les prix, N'oublions pas, cependant, que nous avons dû faire déjà la même réserve à propos des frais de la production au sens strict du mot, de sorte que, sur ce point encore, il n'y a pas de différence fondamentale entre le travail de producliun immédiat, d'une part, et le travail de transport et de commerce, de l'autre.

Dans toutes nos observations sur ce sujet, nous devons tenir compte de ceci : les frais de production sociaux dans leur ensemble — y compris les frais de transport et de commerce — ne sont soumis qu'à une évaluation grossière faite par la vie pratique au moment où il s'agit de leur réalisation dans les prix de marché des marchandises.

Nous devons reconnaître ensuite que, sous le mode de production et de distribution capitaliste, on compte nécessairement avec un montant considérable de frais, qui se réalisent au marché dans les prix de vente, mais qui disparaîtraient sans doute, jusqu'à un certain point, sous un mode de production et de distribution plus rationnel et plus développé, et qui seraient considérés alors comme des « faux frais». Le marché capitaliste laisse seulement irréalisés les frais de production, transport ou commerce qui, dans leur ensemble, feraient hausser le prix d'un produit au-dessus d'un certain coût auquel, au point de vue capitaliste, la satisfaction de la demande totale est possible. C'est là le principe général que nous

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iuirons à développer encore dans notre chapitre sur la valeur d'échange.

Itemarcjuons bien, cependant, que, sous n'importe quelle forme sociale, dans une société communiste éventuelle comme dans la société actuelle, reste toujours nécessaire un certain Irav.iil |)Our apporter les produits du lieu de leur origine au lieu de leur distribution ; il faut de mémo du travail pour livrer les produits à leurs consommateurs immédiats. Toute espèce de travail appartenant à ces deux catégories, ainsi que tout travail qui en ressort directement ou indirectement : emballage, assortiment, étalage, conservation dans les entrepôts et les magasins, comptabilité, etc., doit être considéré en principe comme du travail productif au même litre que le travail de la production proprement dite.

Le fait que le transport des marchandises du producteur au consommateur nécessite, dans notre société capitaliste, un gaspillage considérable de force humaine, ne caractérise donc pas en principe tout le travail qui est fait dans la sphère de la circulation comme un travail improductif.

Eclaircissons notre opinion par un exemple concret : Le progrès de la civilisation pourra successivement attirer dans la sphère de la production et de la consommation communistes plusieurs produits d'usage général que notre génération actuelle s'approprie encore d'après le système capitaliste. Si, dans l'avenir, par exemple, les communes, régions et nations règlent la production et la consommation de leur blé, de leur farine et de leur pain d'une manière communiste, comme cela a lieu de nosjours dans certaines communes pour la consommation de l'eau potable, il est sûr qu'une quantité énorme de travail humain pourra être économisée. Cette économie est même une des premières raisons — abstraction faite encore des motifs moraux — qui placent la production et la consommation communistes de semblables produits dans la ligne du développement de la civilisation. Le grand nombre de petites boulangeries que compte ordinairement chaque commune pourra faire place un

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