‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 119 sur 184 · CHAPITRE XIV. CONSllu'lKATlONS GÉXKRALKS :}2l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. CONSllu'lKATlONS GÉXKRALKS :}2l

d'une marchandise exprime le rapport de celle marchandise à la marchandise-monnaie, en même temps qu'un rapport de l'une et de l'autre à l'homme. Au commencemerit de ce chapitre, nous avons déjà traité du dernier de ces rapports en ce qui concerne lu valeur d'échange, dont le prix est l'expression en monnaie.

Par opposition à la valeur d'échange, le prix est l'élément réel qui se présente, dans l'échange, à la surface des phénomènes du marché. Quel qu'en soit l'aspect, la valeur reste toujours une notion abstraite; le jrrix, au contraire, [)rend une forme sensible et matérielle.

Lots de notre analyse de la valeur d'usage, nous avons reconiui, comme unique fait réel, l'expression de celte valeur dans une égalité et la comparaison faite par une personne quelconque entre une quantité :c d'un bien et une quantité /y d'un autre bien {:c francs et y litres de vin, oar exemple) estimées équivalentes. Cela devenait particulièrement manifeste, lorsque nous voulionsexaminer la différence entre les évaluations personnelles faites par plusieurs consommateurs et lorsque nous voyions une deuxième personne estimer par exemple x francs équivalents à 2?/ litres du même vin. Ce fait réel, cependant, supposait, pour être éclairci, une connaissance suffisante de îa nature de la valeur d'usage.

Maintenant, nous nous trouvons en présence d'un phénomène analogue : la fixation des prix est, au marché, le fait réel par lequel se manifeste à nous la valeur d'échange des marchandises, comme résultat final des comparaisons et évaluations des acheteurs et des vendeurs. Mais ce fait réel resterait inex|jlicable si nous ne tentions pas de pénétrer plus profondément dans la nature de la valeur d'échange.

Dans notre définition de la valeur d'échange, nous avons déjà distingué entre la valeur d'échange subjective ou personiielle qui est déterminée par les évaluations personnelles d'acheteurs et de vendeurs définis, et la valeur d'échange objective ou sociale, qui est déterminée par la valeur de production sociale d'une part et les besoins sociaux de l'autre.

Cornélissen 21

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Celte distinction est la conséquence logique de ce que nous avons dit précédemment de la nature des besoins humains et des Irais de production ; nous avons distingué également entre les besoins individuels et his besoins généraux, de même qu'entre les frais de production personnels et les frais de production sociaux,

Nos besoins et nos désirs peuvent être considérés d'un point de vue personnel ou bien d'un point de vue général. Les besoins et désirs de chaque consommateur en particulier se font valoir au marché, nous l'avons vu, dans la totalité des besoins et des désirs généraux de chaque marchandise. Les deux notions, pourtant, diffèrent. Il se peut qu'un consommateur déterminé éprouve, ne fût ce que momentanément, un besoin très sensible d''un article quelconque, tandis qu'au marché le besoin général du même article est relativement faible. Le cas contraire peut se présenter aoesi.

La même distinction s'impose au sujet des frais de production. Supposons qu'un producteur quelconque considère une quantité X de la marchandise-monnaie comme équivalente aux y hectolitres de blé qu'il porte au marché, en s'appuyaut sur le fait que la quantité :rde la marchandise-monnaie représente les frais de production personnels de ses y hectolitres de blé augmentés du profit moyen usuel dans sa branche de production. Il n'est pas certain que, dans ce cas, la quantité x de la marchandisemonnaie soit considérée au marché comme la valeur de production de y hectolitres de blé. Nous savons au contraire que les frais de production personnels des divers producteurs se nivellent généralement au marché en une valeur de production sociale et générale.

La différence que nous venons de signaler n'est pas négligeable ; mais il est certain que les évaluations personnelles du consommateur et du producteur peuvent toujours conserver au marché une certaine influence ; ce fait est d'autant plus évi dent que le nombre des acheteurs et des vendeurs est plus restreint. Du reste, la présence d'un nombre restreint d'acheteurs

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