CHAPITKE XIV. — CONSIDÉRATIONS GENERALES
OU de vendeurs n'est pas un fait en désaccord avec les rapporis capitalistes les plus développés et avec les conditions du marché tel qu'il se présente dans les centres d'industrie et de commerce. Lorsque, à la fin de cet ouvrage, nous étudierons les cartels et les trusts, nous verrons qu'il y a des articles de consommation générale, pour lesquels toute concurrence a cesse' du côté des producteurs, représentés au marché, pour ainsi dire, par une seule personne. Les évaluations personnelles et même l'arbitraire personnel peuvent exercer ici une influence prédominante. En outre, n'oublions pas que toute rencontre entre acheteur et vendeur est considérée par nous, d'après notre définition, comme un marché.
Si nous tenons compte des considérations qui précèdent pour l'étude delà valeur d'échange, nous devons donc analyser, d'une part, les influences personnelles et, de l'autre, les influences générales (locales, nationales, etc.). En d'autres termes et pour nous en tenir à des formules antérieures, nous devons distinguer entre la valeur d'échange sichjeclive et la valeur df échange objective.
Le terme de valeur d'échange, cependant, exprime toujours une certaine notion objective, et ce que nous appelons la valeur d'échange des marchandises est toujours leur poids spécifique dans la balance de l'échange. Si la transformation des évaluations subjectives des acheteurs et des vendeurs en valeurs objectives ne se révèle pas toujours avec la même clarté, néanmoins la valeur d'échange résulte toujours d'une transaction entre deux parties, même au cas où deux personnes seulement se rencontrent au marché. Le pacte définitif peut être davantage influencé par l'une des parties que par l'autre, mais il conserve toujours son caractère de transaction, exprimant ainsi un nouveau rapport des richesses avec l'homme; par opposition au rapport subjectif de ces richesses avec le producteur et avec le consommateur, le nouveau rapport porte toujour- un caractère objectif par lequel il s'impose à chacun des acheieurs ou vendeurs pris individuellement.
321 i'ahtil; v. — l.v valeur d'échange
Nous pouvons donc considérer la valeur d'échange subjective comme une valeur objective jugée d'un point de vue personnel et la valeur d'échange objective comme une valeur objective jugée d'un point de vue général et social.
Nous ne consacrerons pas un chapitre spécial à l'examen de la valeur d'échange subjective et de sa nature ; cette valeur, ea eflet, Ee présente moins comme une forme spéciale de la valeur d'échange, que comme une déviation hors de la valeur d'échange objective, déviation effectiiée d'un côlé ou de l'autre sous desin- Ûuences subjeclives. Puisque nous pouvons parler de ces influences subjectives aussi bien par rapport au producteur que par rapport au consommateur, nous pouvons distinguer, si nous le voulons, une double valeur d'échange subjective des marchandises.
Paierie producleur, celle valeur créchange subjective tendra à coïncider avec la valeur de productio?i subjective (frais de production et de circulation subjectifs H- profil moyen) de sa marchandise. A travers toutes les fluctuations du marché, il ne perdra pas de vue la nécessité d'obtenir un équivalent du travail que la production de la marchanJise lui a coûté personnellement, ou bien des dépenses en capital qu'il a faites, augmentées du profit moyen qu'il espère obtenir. Nous ne prétendons pas par là qu'il négligera de connaître le niveau de la valeur de production sociale que représente son article. Lorsqu'il aura pu le fabriquer dans des conditions de production plus que moyennes, il cherchera à profiter du niveau plus élevé de la valeur de production générale et sociale ; mais si le rapport existant entre l'oflVe et la demande de l'article qu'il fabrique, lui est défavorable, il se contentera facilement d'un prix moins haut, pourvu que ce prix ne tombe pas au-dessous de la valeur de production personnelle. Lorsqu'il aura dû produire, au contraire, dans des^ conditions excessivement défavorables, il s'attendra de prime abord à devoir céder sa marchandise à un prix correspondant à la valeur de production sociale qu'elle représente ; cela ne l'empêchera pas non plus — le rapport entre l'offre et la demande