‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 122 sur 184 · CHAPITRE XIV. CONSIDKRATIONS GliNKRAr.ES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. CONSIDKRATIONS GliNKRAr.ES

champ plus fertile ou mieux situé que l'autre et si, par suitp, ses frais de production sont moins élevés.

Semblables au sac de blé qui ne garde pas trace des frais que sa production a coûtés, le fer et le cuivre ne portent pas en caractères apparents l'indication de la profondeur a laijuelle ils ont été extraits. Les caractères intrinsèques des marchandises ne nous disent pas si les frais nécessaires à leur production sont au-dessus ou au-dessous de la moyenne. C'est là précisément une des raisons pour lesquelles la valeur d'échange et la valeur de production ne sauraient otre identifiées purement et simptemeiit.

D'autre part, si les évaluations personnelles des consommateurs exercent une influence considérable sur l'échange, iJ est non moins manifeste que ces ditTérentes évaluations se nivellent au marché en une sorte d'utilité moyenne à laquelle les marchandises doivent répondre, tout comme les différentes valeurs de production personnelles attribuées par les divers producteurs à leurs articles, ^e nivellent dans la valeur de production sociale. En somniH, comme le producteur, le consommateur voit au marché se dresser devant ses yeux une valeur d'échange objective ; cette valeur d'échange objective, il doit la distinguer de ses propres évaluations réglées d'après son usage personnel.

Dans un chapitre antérieur, nous avons vu que l'arriére-pensée de la valeur d'échange objective des biens peut parfois influer directement sur leur valeur d'usage subjective. En ce qui concerne cette dernière forme de valeur, nous avons vu toute espèce d'articles, satisfaisant des besoins et des désirs humains très différents, tendre vers un niveau fixe, celui de leur valeur d'échange objective, ou bien — au cas spécial de la production personnelle — celui de leur coût de production.

Les deux phénomènes que nous avonsobservés successivement, mènent à la conclusion suivante : Si, da côté du consomraatenr, il y a encore lieu de distinguer nettement au marché la valeur d'échange subjeclive des produits et leur valeur cV échange ohjec-

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tive, cependant, pour lui, consommalciir, comme pour le produc' leur, c'est toujours la valeur (Véchange objective ou sociale des produits qui reste la forme générale de la valeur d'échange (.1).

Lorsque nous parlerons dans les pages suivantes de la valeur d'écliange des marchandises tout simplement, c'est donc la valeur d'e'change objective que nous entendrons désigner. Les bes)ins et désirs purement personnels des acheteurs ne s'expriment en elle qu'en tant que fraction des besoins et désirs généraux. C'est la totalité de ces besoins et désirs qui crée au marclié la demande totale et eiïective d'un article quelconque, ù laquelle fait face, comme offre, la quantité totaledu même article apportée par les producteurs.

Il ressort de notre analyse que tout ce qui a été dit plus haut sur le caractère subjectif ou objectif de la valeur d'échange est également applicable au prix des marchandises. Du reste, c'est ce qui résulte déjà immédiatement de notre définition même, le prix des marchandises n'étant autre chose, selon cette défi-

(1; M. B(:iHM-BAWERK a caractérisé \& valeur d'êchaiige subjective, comme il suit ; « La grandeur de la valeur d'échange subjective... coïncide évidemment avec la grandeur de la valeur d'usage des articles de consommation que l'on peut échanger contre le bien en question.» {Kapital uncl Kajiitalzins, tome II, livre III, ch. 1, v, p. 273 ) C'est là une conception très répandue dans le monde des économistes officiels. Mais il est évident que, généralement, la valeur d'écliange subjective possédée par un bien ce (un hectolitre de blé, par exemple) tendra pour son consommateur à coïncider avec la valeur d'usage de ce même bien x et non avec celle d'un autre bien y. En outre, la théorie de M. Bohm-Bawerk ne regarde ici que le consommateur apportant au marché sa marchandise-monnaie et ayant en vue sa consommation personnelle directe ou bien productive. Mais elle néglige le côté du producteur ; la valeur d'échange personnelle que celui-ci attribuera à son produit est déterminée, comme nous l'avons vu, par des facteurs tout autres que la valeur d'usage personnelle des dizaines ou centaines d'articles de consommation qu'il pourrait échanger contre son produit par l'intermédiaire de l'argent. Ce que la définition de M. Bôhm-Bawerk appelle valeur d'échange subjective est en réalité tout autre chose pour le producteur : c'est l'usage subjectif de la valeur d'échange objective. Tout bien considéré, la définition que nous discutons se rapporte donc seulement à la valeur d'échange personnelle que possède la marchandise-monnaie dans les mains de l'acheteur.

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