‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 128 sur 184 · CHAPITRE XV. VALEUR d'ÉCHANGE ET PRIX ItU MARCHÉ 3i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. VALEUR d'ÉCHANGE ET PRIX ItU MARCHÉ 3i

raclère capitaliste dans les pays de civilisation les plus modernes. Ce vieux système de commerce a duré des siècles entiers d'une civilisation précapitaliste et, parmi les mœurs et coutumes aptes à influer ici sur la concurrence et le commerce entre les hommes, nous citons au premier rang les usages magicoreligieux (1). Le marchandage qui se pratique pendant toute cette période de la civilisation doit être considéré comme un système de tentatives de la part des acheteurs et des vendeurs pour comprendre la valeur d'usage attribuée par chacun d'eux aux articles mis en vente ; l'aspirant acheteur tâchera, par ce système de marchandage, de masquer et de diminuer aux yeux du vendeur la valeur d'usage qu'il attribue à l'objet désiré par lui ; le vendeur, de son côté, s'appliquera à deviner cette valeur d'usage et à la faire augmenter encore par sa faconde « faire l'article ». Il est tout naturel que le minimum indiqué par le coût propre de production ou le prix de revient continue d'ordinaire à s'imposer au vendeur.

La doctrine utilitaire nous met de préférence en présence des marchés de cette espèce quenous ne connaissons guère plus, dans l'Europe occidentale, les Etals-Unis ou l'Australie, que pour certaines catégories de marchandises au sujet desquelles la valeur d'usage joue un rôle essentiel ; ces marchés ont disparu, à notre époque, pour une très grande partie des articles d'usage journalier (:2). Nous n'avons pas à nous étonner — ce fait est

(1) Voir la page 191 de cet ouvrage.

2' Aux Etats-Unis, surtout dans les Etats du Sud, où la situation générale présente souvent une mosaïque des formes sociales les plus dilîérentes, depuis les plus primitives jusqu'aux plus modernes, on trouve encore des marelles communaux qui rappellent étonnamment les vieux systèmes de commerce auxquels nous avons fait allusion. Voir, par exemple, ce qu'on lit, dans un rapport américain, sur le marché de la ville d'Atlanta (Georgia), ville de 120,000 habitants au moment de l'enquête (IfOO) :

« Les prix de ferme sont presqu'entièrement dominés par l'oflre et la demande et, comme celles-ci sont irrcgulières, les fluctuations sont violentes et extrêmes. Par exemple, des fraises font un jour abondantes à 6-8 cents [américains] par quart [un quart d'un gallon lequel mesure 3.785 litres] ; un autre jour, elles atteigneront probablement 10-12 1/2

3ii r-ARTlK V. LA VALEUR r)'fc;CllAN(JK

simplement intéressant — que ce soit dans l'école autriclilenne que la doctrine ulilitaire ait atteint de nos jours son plein développement, el nous ne pouvons nous étonner non plus de cet autre fait que le marché-type auquel nous renvoie un économiste comme M. Bohm-Bawerk soit... un marché de chevaux.

Dans le prix des marchandises exprimant leur valeur d'échange en monnaie, nous ne rencontrons que le résultat final de toutes les influences qui se produisent au marché et ce résultat final, naturellement, ne nous révèle pas quelle partie de la valeur d'échange est due à l'influence exercée par la valeur de production, quelle autre à l'action de la valeur d'usage. En tous cas, l'action exercée par la valeur d'usage au marché capitaliste est mal éclaircie par la formule suivante, si fréquemment employée: les variations dans le rapport de l'ofl^re et de la demande, en quoi 86 reflètent les influences diiïérentes de la valeur d'usage, font seulement osciller la valeur des marchandises au-dessus et audessous du niveau fixe tracé par la valeur de production. A condition de tenir compte des variations subies par la valeur de production elle-même, celte formule pourrait servir sansgrand inconvénient pour certaines catégories de marchandises dont la valeur d'échange montre au marché la plus forte tendance à coïncider avec la valeur de production ; elle ne peut s'appliquer à ces autres catégories, étudiées dans notre chapitre sur les bases de la valeur objective et pour lesquelles c'est plutôt la valeur d'usage qui se présente comme élément essentiel et prédominant dans la constitution de la valeur d'échange et la fixation du prix de marché.

Plutôt que de nous servir de la formule indiquée, nous pouvons dire que la valeur d'échange des marchandises doit être confi-

cents par quart. Pour presque tout article, il y a un prix minimum auquel les envois cesseraient et, annulant l'offre, rétabliraient les prix... La ville a grand besoin d'un marché général pour porter remède aux conditions chaotiques du commerce des produits de ferme. » {Report of the Industrial Commission, vol. VI, Part X,§ 8, Atlanta, a lypical Southern marhet, p. 363. J

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