CHAPITRE XV. VALEUR D ECHANGE ET PRIX DL MARCHÉ '6V
Supposons mainlenant qu'à un momeni déterminé de la période de production dont nous parlons, la demandti de rails d'acier à un endroit quelconque des Etats-Unis ail été telle que les produits d'entreprises comme notre établissement u° :i, soient déjà [larlieUement su[)erflus, la demande totale n'exigeant guère l'arrivée d'articles fabriqués à ses frais particuliers ; il se peut alors que rétablissement n» 2, et tous ceux qui ont eu les mêmes frais de fabrication, doivent céder leurs articles au prix de re~ vietit sa7is faire aucun profit. Dans ce cas, ce serait là le prix de marché des rails d'acier dans la zone de vente en question, aussi longtemps que l'état du marché resterait le même. Et, remarquons-le bien, ce serait là le pri:c de marché général des rails d'acier, ayant force pour tous les établissements qui ont voulu vendre des rails d'acier dans cette même zone de débit (1).
Un entrepreneur industriel qui, tout en augmentant ses frais de production du prolit moyen de son industrie particulière, serait a même d'offrir des rails d'acier à 27.687 dollars la tonne, franco en fabrique, aurait travaillé, dans l'état donné du marché, à des conditions moyennes. La valeur de produclion personnelle (profit moyen inclus) de cet entrepreneur coïnciderait ici avec le prix de marché général.
Si, dans l'état donné du marché, il y avait eu des entrepreneurs de rails d'acier pouvant seulement oflrir leurs articles avec des frais de production [dus élevés que ceux de l'établissement
(1) Voici une opinion émise par un expert (le conseiller des mines Gothein, de Breslau) lors de l'enquête allemande sur le cartel des aciers demi-ouvrés [Halbzeug) et qui exprime nettement la conclusion à laquelle nous arrivons ici pour les articles industriels en général : « Le prix, quand il peut s'établir librement, se réglera toujours sur les frais de production de l'établissement labriquant dans les conditions les plus onéreuses qui soient corapatioles avec son existence même ; car, en fin de compte, aucun établissement ne fabriquera à un prix inférieur à ses frais de produclion, mais il disparaîtra, et ce n'est donc pas celui qui labrique au meilleur marché, mais celui qui, parmi les établissements viables. labrique avec les plus grands irais, qui fixera le prix... » [Kontiadihtorische Verhandlunfjeti uber Deutsche Kartelle, Heft ô — Halbieug-Verband — Berlin, 1904, p. 409.)
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n" 2 indiqué plus haut, — il est certain quo ceux-ci n'auraient pas pu réaliser le total de leurs frais di' production. Non seulement ils n'auraient pu réaliser de profil, mais encore ils auraient dû vendre louis articles avec perte. En disant cela, nous ne tenons pas compte de ce que ces entrepreneurs auraient pu retirer leurs articles du marché, — la possibilité de le faire variant avec chaque article et la durée de sa conservation, — jusqu'à ce que les conditions du marché fussent devenues plus favorables à la fabrication des rails d'acier (1). Cette dernière issue se présente souvent aux entrepreneurs menacés de travailler à perte.
D'autre part, pour la période de production que nous avons choisie à litre d'exemple et dans les conditions données du marché, tous les entrepreneurs de rails d'acier qui auraient pu les porter au marché avec des frais de production moindres que ceux de l'établissement n° 2, auraient pu réaliser un profit et ce profit aurait été égal à la diflTérence entre le pynx de marché général et leur propre prix de revient. Les entrepreneurs dont le profit surpasserait le profit moyen fait dans cette branche d'industrie, obtiendraient ainsi ce qu'on appelle un surplus de profit. En somme, il n'y aurait qu'un seul cas où coïncideraient entièrement le prix de marché général et la valeur de production personnelle et c'est le cas, déjà relevé, où un entrepreneur, tout en ajoutant à ses frais de production le profit moyen de sa sphère d'industrie, pourrait encore porter au marché des rails d'acier au prix de 27.687 dollars par tonne.
Le principe général s'imposant à la constitution de la valeur d'échange et du prix de marché se formule donc comme il suit :
La valeur d'échange et le priv de marché d'une marchandise tendent à coïncider, sous le régime de la libre concurreîice capitaliste, avec la valeur de production subjective de la quantité
(1) Le rapport, du Cammissioner of Labor dit: « Les produits sont souvent vendus au prix de revient, et cela s'applique spécialement aux rails d'acier en Grande-Bretagne, lorsque la demande est faible et l'offre abandante. Il en est de même du froment et d'autres articles qui s'échangent entre ce pays et la Grande-Bretagne. » {Si.cth Annual Report, p. 171.)