‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 135 sur 184 · CHAPITRE XV. — VALEUR d'ÉCHANGE ET PRIX DU MARCHE · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — VALEUR d'ÉCHANGE ET PRIX DU MARCHE

vons noter encore les quantités propoilionnelles des marchandises produites et apportées au marché dans des circonslances différentes.

Dans certains cas, d'après le principe général de l'échange, les marchandises produites et apportées dans les circonslances les plus défavorables devraient, à première vue, déterminer la valeur d'échange et le prix de marché général pour la totalité de ces marchandises. Mais il peut arriver que les marchandises de cette catégorie ne représentent qu'une fraction relativement insignifiante de la totalité, les très grandes masses delà marchandise étant produites et apportées au marché dans des circonstances moyennes ou très favorables.

Dans le cas supposé, les vendeurs de ces dernières fractions de la marchandise se laisseront induire par leur propre intérêt à rester au-dessous du prix qui devrait être le prix de marché général et régu'ateur ?>Q\on notre principe. Ce dernier se fixera donc, en réalité, dans ce cas, au-dessous du niveau indiqué par la valeur de production subjective (prufit inclus) que possèdent pour leurs producteurs éventuels les marchandises produites et apportées au marché dans les circonstances les plus défavorables.

Le prix correspondant à ce niveau, au contraire, pourra tout au plus obtenir le caractère d'un jjria; d'occasion, n'ayant force au marché que momentanément. Ordinairement, dans ce cas, le prix de marché général s'élèvera encore tant soit peu au-dessus du niveau de la production personnelle des autres quantités de la marchandise. Moindre sera proportionnellement la quantité des marchandises produites et livrées dans les circonstances les plus défavorables, et plus éloigné sera le prix de marché du niveau théorique indiqué par le principe général que nous avons exposé ; le prix s'approchera de plus en plus de la valeur de production personnelle (profit inclus) que représentent pour leurs producteurs éventuels les catégories de marchandises composant au marché les grandes masses de la provision entière.

Le même phénomène, eu sens inverse, peut se présenter natu-

3()8 l'AUTlIC V. — LA VAI.EUIl D'i'XflANOE

rellemenl lorsque ce sont les marchandises produites et livrées dans les circonstances les plus ('avorables qui devraient déternniner la valeur d'échange et le prix de toute la provision. Si celle calésrorie ne représente qu'une fraction relativement minime de toute la j)rovision, le prix de marché gê7iéral sera plusJimit, en réalité, qu'il ne devrait l'être d'après le principe général développé par nous. Dans ce ca'jle [irix s'élèvera au-dessus du niveau indiqué d'après ce principe, à mesure que les marchandises produites el livrées dans les circonstances moyennes ou très défavorables surpasseront davantage en quantité celles qui arrivent au marché dans les circonstances les plus favorables. Cependant, le prix de marché restera généralement, dans ce cas, audessous de la valeur de production personnelle que représentent pour leurs producteurs éventuels les grandes masses de marchandises portées au marché.

Il est tout naturel que ce second principe, agissant accessoirement, à côté du principe général, dans la constitution de la valeur d'échange et du prix de marché, exerce uneintluence essentielle pour toutes les marchandises dont les très grandes quantités viennent au marché dans des conditions plus ou moins égales de production et de transport. C'est précisément à l'aide de ce phénomène que nous devons nous expliquer, pour plusieurs articles d'usage journalier, la tendance que montrent leur valeur d'échange et leur prix de marché à coïncider avec leur valeur de production sociale. Cette coïncidence, naturellement, ne se présente pas tous les jours et pour chaque quantité de ces marchandises en particulier. Cest une tnndance qui paraît plus manifeste et plus forte, à mesure que l'on compare le prix de marché et la valeur de production pociale pendant des périodes plus longues ; plus forte aussi à mesure que l'on étudie la consommation d'une même citégorie de marchandise dans une zone de débit plus large. Toute notre analyse, cependant, nous a montré combien nous aurions tort de vouloir identifier tout simplement le prix de inarché général et régulateur des marchandises avec leur valeur de production sociale.

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