‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 147 sur 184 · CHAPITRE XVI. LA VALEUR POTENTIELLE 3'Jl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI. LA VALEUR POTENTIELLE 3'Jl

tive et définitive au moment même où cette dernière se réalise dans l'échange effectif.

•Une partie spéciale de la catégorie de biens que nous étudions ici comprend les richesses qui possèdent de l'uUhtè et de la valeur d'umge potentielles sans posséder pourtant de la valeur rfeprooJt^cf ion, puisqu'elles ne sont pas produites parle travail humain. C'est relativement à ces dernières espèces de richesse! que règne le plus de diversité d'opinions dans la science économique.

Evidemment on ne pourrait pas attribuer à ces richesses la possession d'une valeur d'échange potentielle, si la valeur d'échange supposait nécessairement dans son origine l'existence d'une certaine valeur de production. Nous avons vu, cependant, que l'existence de la valeur d'échange d'un bien ne dépend pas simplement du travail ou des frais en capital dépensés à sa production et que le fait de posséder de la valeurde production n'est pas une condition sme qua non pour qu'un bien possède de la valeur d'échange.

Dans des circonstances de production égales, un champ fertile par nature dont la mise en culture n'a pas exigé de travail humain, a la même valeur d'échange qu'un champ moins fertile qui, par les engrais, le drainage, etc., est en état de produire autant de blé que le premier. C'est parce que les deux champs sont considérés comme possédant la même valeur d'usage qu'ils ont aussi la même valeur d'échange. Lorsque les deux champs se trouvent en jachères et ne doivent être cultivés que dans un avenir plus ou moins rapproché, ils peuvent posséder la même utilité et la même valeur d'usage potentielles et, par suite, la même valeur d'échange potentielle.

Pour la doctrine de la valeur-de-travail et pour ses représentants^ ces champs de blé, comme tous les biens en général, possèdent seulement delà valeur d'échange proportionnellement à leur valeur de production. S'ils ne représentent pas une certaine valeur de production, n'étant pas créés par le travail humain, ils ne peuvent pas davantage posséder de valeur d'échange,

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tout en obtenant peut-être un certain prix au marclié. On sait que l'école marxiste moderne, par suite de la conception inexacte qu'elle a de la valeur d'échange, reproche précisément à ses adversaires de confondre sur ce point la valeur et le prix.

Pour nous, les champs que nous venons de désigner possèdent tous deux, et de la valeur d'échange et un prix de marché, et ils obtiennent à la fois la même valeur d'échange et le même prix, lorsqu'ils sont considérés comme représentant la même valeur d'usage.

Dès lors il est possible, selon nous, qu'un champ inculte situé dans une contrée à population rapidement croissante — des terres, par exemple, situées autour d'une ville en voie d'extension — peuvent obtenir peu à peu de la valeur d'échange potentielle ; celie-ci peut augmenter de plus en plus, quoique les terres continuent invariablement à ne posséder aucune valeur de production. Et cela parce que de telles terres ont obtenu de l'utilité et de la valeur d'usage poteutielles, — par exemple, comme terrains à bâtir, — ce qui leur permet d'obtenir également une valeur d'échange potentielle propre à se réaliser à un moment donné en une valeur d'échange réelle et en un prix de marché effectif.

Ce sont ces mêmes motifs qui expliquent l'augmentation rapide en valeur d'échange et en prix de marché de certains terrains incultes où l'on a découvert l'existence de charbon, fer, or, cuivre, ou diamant. Dans ce cas, comme dans le précédent, il n'y a pas assurément de personnes qui puissent se présenter pour l'échange en qualité de producteurs. On ne tardera guère à en trouver qui, en qualité de « propriétaires », se présenteront pour récolter sans avoir semé.

" La dernière espèce de biens que nous venons de nommer est particulièrement propre à nous faire entrevoir la différence entre ce que nous avons appelé l'utilité (ou la valeur d'usage) potentielle et l'Htilité (ou la valeur d'usage) réelle et présente. On pourra, dans l'avenir, s'apercevoir que les terrains contenant du eharbon, des métaux ou du diamant, possèdent beaucoup plus

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OU, au contraire, beaucoup moins de valeur d'usage et. par suite, de valeur d'échange réelles qu'on ne l'avait «upposé d'abord ; les minéraux obtenus peuvent dépasser considérablement les espérances par leur quantité ou leur qualité ; ils peuvent aussi causer des déceptions.

Ces derniers biens possédant de l'utilité et delà valeur d'usage potentielles et, par suite, de la valeur d'échange potentielle, montrent jusqu'à l'évidence que l'estimation de cette valeur d'échange difiere par sa nature de l'estimation de la valeur d échange de tous les biens qui sont absolument prêts à la consommation. Précisément parce fait que nous ne pouvons déterminer exactement la valeur d'échange que posséderont le charbon, le fer ou le diamant fourni?, la ré.duction de la valeur d'échange potentielle des terrains contenant ces minéraux en valeur d'échange réelle et leur expression dans un prix actuel, reste toujours un acte de spéci'lation. Il s'agit ici d'un calcul de probabilités reposant d'une part sur l'estimation des frais qu'on peut calculer approximativement, mais, d'autre part, sur une évaluation des résultats du travail, dont le juste degré est des plus problématiques.

En tous cas, nous n'avons pas à nous engager dans des évaluations de cette sorte. La spéculation qui peut être l'objet d'études spéciales sort des limites que nous nous sommes tr.icées. C'est parce que nous avons voulu nous limiter à l'élude de la valeur des richesses réelles que nous ne sommes pas entrés davantage dans la voie suivie par plusieurs économistes qui ont étendu leurs recherches, comme l'a fait Bastiat, aux services rendus ou promis et, en général, à tout ce qui peut être acheté ou vendu dans le présent ou dans l'avenir, c'est-à-dire à tout ce qu'on peut considérer comme « chose de valeur «.

Nous ne nieions pas que l'avis d'un ami ou d'un parent, un mot bien placé, ne puisse égaler dans notre vie quelque richesse réelle et matérielle. Mais pour établir les bases d'une théorie de la valeur, point de dépari de toute la science économique, il est prudent, à notre sens, d'user de beaucoup de ré-

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serves et de choisir un terrain où la valeur conserve quelque constance et quelque précision.

En ce qui concerne la valeur d'échange potentielle de certaines richesses, nous nous sommes préoccupés seulement de rechercher et d'établir le principe ijénéral de son existence. Ce principe est le suivant : une certaine valeur de production lateiite à côté d'une certaine utilité et d\ine certaine valeur d'usage potentielles, ou même Vulilité et la valeur d\isage potentielles seules, peuvent accorder à un bien une valeur d^échange potentielle. Un doit reconnaître que cette valeur d'échange potentielle pourra, dans certaines conditions, se manifester sans délai en une valeur d'échange réelle et un prix effectif ; mais il faut démontrer aussi que cette dernière valeur et ce dernier prix doivent être distingués de la valeur d'échange potentielle que possède la marchandise en question. Les rapports existant entre cette valeur d'échange potentielle et la valeur d'échange réelle qn'on lui substitue restent indéterminés.

SIXIIvUE P VHHE

La valeur d'échange sous le régime du monopole.

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