‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 30 sur 184 · CHAPITRE IV. LA VALEUR d'uSAGE PERSONNELLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. LA VALEUR d'uSAGE PERSONNELLE

de l'intérêt qu'ont pour lui les biens qui satisfont entièrement ou partiellement ses besoins ou ses désirs.

En critiquant, à ce dernier point de vue, les évaluations personnelles, nous quitterions le domaine de l'économie pour aborder celui de la psychologie ou de la morale.

Tout ce qui précède met surtout en lumière l'instabilité des évaluations personnelles. Lorsqu'un consommateur veut exprimer la valeur d'usage de son bien sous la forme d'une égalité de celui-ci avec une certaine quantité d'autres biens, cette quantité peut varier suivant qu'il aura une notion plus ou moins exacte du plaisir ou de l'avantage que les divers biens peuvent lui procurer. Cela nous éloigne d'autant plus de chercher, dans les évaluations personnelles, la base d'une théorie générale de la valeur et, ensuite, de toute la science économique.

En continuant notre analyse nous sommes parvenus aux principes fondamentaux suivants :

La valeur d'usage personnelle d'un bien se détermine par le plaisir ou l'avantage que le consomtnateur peut obtenir par l'usage de ce bien, ou dont il serait privé par sa perte.

Différentes quantités égales cVun bieîi se trouvant à la fois à la disposition d'un même consommateur ont géyièralement pour lui des valeurs d'usage différentes.

La valeur d' usage personnelle de différentes quantités définies d'un bien se détermine, pour chacune d'elles en particulier , par le plaisir ou l'avantage que le consoymnateur en peut tirer personnellement ; cette valeur variera communément, jusqu'à l'infini, avec la grandeur des quantités en questioti, et avec les propriétés et qualités particulières du bien.

La nature d'un bien, ainsi que les circonstances dans lesquelles il est à la disposition du consommateur, décident si la valeur d'usage personnelle d'une quantité déterminée aug7ne?ite (dans la même proportion ou non) en même temps que la quan' tité, ou bien si la valeur diminue, au contraire, au fur et à ynesure que la quantité avg?nente, de sorte qu'elle puisse se transformer, à un 7noment donné, en valeur yiégative.

7l! l'AItTIE il. KA VALKDH SUIJJECUVE

Il est évident que la totalité de la valnur d'usage personnelle d'un bien peut augmenter encore avec sa quantité, tandis qu'un exemplaire séparé, ou de même un mètre, litre ou kilogramme, etc., du bien, peut déjà avoir commencé à diminuer peu à peu en valeur. Ce phénomène se produit lorsque la valeur d'usage personnelle d'un bien augmente dans une autre proportion, et une proportion moindre, que la quautilé disponible. Il est clair que ce pliénomène ne se produit pas constamment et en toute occasion ; la valeur d'usage d'un bien peut, dans certains cas, augmenter longtemps encore en même proportion que sa quantité avant que commence la diminution successive de la valeur d'un seul exemplaire (\). Que l'on apporte aux colons d'une contrée isolée du drap pour confectionner des habits ou des pierres pour leurs constructions ; l'on verra aisément que la diminution de la valeur d'usage d'un mètre de drap ou d'une pierre commence seulement après que les besoins les plus pressants d'habillement ou de construction ont été satisfaits ; cette quantité nécessaire change avec chacun de ces biens et pour chaque cas spécial. 11 se peut même qu'une quanlitédéterminée du bien importé soit une condition formelle et indispensable pour qu'un exemplaire de ce bien ait une valeur d'usage. Une seule pierre de con>^truction ou deux, trois, dix pierres seront peut-être jetées de côté par le colon qui désire bâtir une maison. Supposons que quelques pierres soient

(i) Cf. la tlièse suivante telle qu'elle est iormulée par les meilleurs représentants de la théorie utilitaire moderne : « Plus grande sera la quantité des biens disponibles d'une certaine espèce, plus petite deviendra, toutes les autres circonstances restant invariables, la valeur de chaque pièce en particulier et inversement. » iBôum-Bawerk, loc. cit., p. 251.) t Nous pouvons formuler cette loi générale que le degré d'utilité varie avec la quantité d'une marchandise et diminue, en définitive, lorsque cette quantité augmente. » (Jevons. loc. cit., p. 53; cf. trad. fr., p. 114.) « C'est d'ailleurs une grandeur qui décroît à mesure que la quantité consommée croît. » (Walras, loc. cit., p. 30.) L'auteur parle ici de « l'intensité du dernier besoin satisfait par une quantité de marcliandise consommée ». Et ainsi de suite.

Comme règle générale cela est évidemment faux.

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