‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 40 sur 184 · CHAPITRE V. — LA VALEUR d'uSAGE SOCIALE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — LA VALEUR d'uSAGE SOCIALE

la science économique ; elle lui fournira continuellement les résultats de ses études tout comme diverses autres branches de science : ethnologie, histoire, science du droit, etc.

Dans le cadre de cet ouvrage, nos recherches seront donc restreintes au côté économique de la question de la valeur d'usage sociale.

Gomment, c'est-à-dire d'après quels principes, appréciera-ton cette valeur? Constatons de prime abord que, dans la valeur d'usage sociale, plus encore que dans la valeur d'usage personnelle, nous aurons à nous borner à tracer quelques /^rmci-pes généraux ; moins encore qu'auparavant nous ne saurions parler d'une estimation quelque peu exacte de la valeur d'usage. xNous devrons nous contenter d'examiner les caractères essentiels de la valeur d'usage sociale pour en connaître la nature.

Pour la valeur d'usage personnelle, nous pouvions toujours prendre comme base pratique de nos recherches les égalités établies entre des objets de différente nature ; pour la valeur d'usage sociale, cependant, ces expressions pratiques des jugements nous font absolument défaut. Pour la valeur d'usage personnelle, c'étaient 1. complexité et l'obscurité des motifs qui rendaient l'analyse particulièrement difficile ; les égalités établies manquant pour la valeur d'usage sociale, lesdimcultés de la recherche des motifs qui leur servent de base n'ont pas à nous préoccuper.

Pour la société, il est d'un intérêt essentiel de savoir à l'ai,le de quelles espèces de richesses les individus trouvent généralement la satisfaction de leurs besoins et de leurs désirs ; il est intéressant aussi de savoir si c'est une quote-part relativement grande ou minime du travail social qui est dépensée a la satisfaction des premières nécessités de la vie matérielle des hommes. Comme c'est une question de bien-être ou de malaise général que tous les membres de la société soient bien ou mal nourris, habillés, logés et mstruits, la communauté, c'esta-dire la société elle-même, doit intervenir, lorsque le travail Cornélissen

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80ci.ll qui pourrait procurer à la totalité de ses membres un bien-(Hre modeste, physiquement et intellectuellement, est dépensé, en grande partie, à de coûteuses constructions, à la production d'articles de luxe, dont jouira une faible minorité de gens riches, iandis qu'une grande partie de la population ne peut faire face aux premières nécessités de la vie.

Nous partons donc, pour la valeur d'usage sociale des richesses, de ce principe fondamental que c'est le bien-être {et le degré du bien-être) du plus grand nombre d'hommes pour la durée la plus longue, qui décide du quantum de la valeur.

11 résulte de ceci que la valeur d'usage sociale des richesses peut croître ou décroître généralement avec trois facteurs :

1° L'intensité du plaisir ou de l'avantage que les richesses peuvent procurer aux consommateurs {les deux autres facteurs restant invariables).

Si l'on découvre une application nouvelle d'un article de consommation rendant plus intense le besoin de cet article, sa valeur d'usage sociale augmentera. La valeur d'usage sociale du fer, par exemple, a augmenté par l'application du fer à la construclion de bateaux à vapeur et de machines et, plus récemment, au matériel et aux procédés du bâtiment (constructions en fer et verre, ciment armé).

S** La durée de la jouissance o\i de l'avantage que les richesses peuvent procurer à leurs consommateurs (les deux autres facteurs restant invariables) .

Des perfectionnements techniques, etc., peuvent faire que certains articles de consommation servent plus longtemps qu'auparavant et procurent, par suite, plus de plaisir ou d'avantage à leurs consommateurs.

On pense surtout ici aux machines de différentes espèces et aussi à d'autres articles. Le bois, dont on fait les traverses des voies ferrées, a beaucoup gagné en valeur d'usage sociale depuis l'invention du créosotage qui le préserve de l'effet destructeur de l'air atmosphérique.

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