‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 59 sur 184 · CHAPITRE Vil. THÉORIE DE LA VALEUR-DE-TRA VAIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vil. THÉORIE DE LA VALEUR-DE-TRA VAIL

ordre social dans lequel les sources nalurelles de son existence sont considérées autrement que comme une propriété commune, mise en expluitation au profil commun.

C'est là un problème social d'autant [)lus important, que, parmi ces sources d'existence, il n'y a pas seulement les matières premières que la nature a mii-es à la disposition des homme?, par exemple une « mine d'argent » nouvellement découverte sur la terre d'un propriétaire ; il faut compter encore les richesses qui sont rendues accessibles à la génération acluelle par le travail d'un long passé, œuvre de travailleurs eux-mêmes disparus, mais dont le plus faible et le plus misérable de notre génération peut encore se prétendre l'héritier.

Les mines en pleine exploitation, les moyens de transports, chemins, canaux, ponts, — moyens sans le service desquels la production serait rendue moins facile ou même impossible dans son développement acluei, — montrent, dans leur ensemble, comMen l'étroite théorie de la valeur-de-travail a tort de ne considérer que le travail prése?it comme créateur de nouvelles valeurs.

En ce qui concerne une partie de ces moyens de production : les matière? |iremières et secondaires et les moyens de travai (usines, constructions, machines, outil?, etc.), la théorie de la valeur-de-travail admet qu'il? donnent aux produits autant de valeur que l'usure leur en fait perdre. Mais ils ne transfèrent jamais plus de valeur aux nouveaux produits, à ce que prétend celte théorie, qu'ils n'en représentent eux-mêmes ; ils peuvent en somme leur transmettra, entièrement ou ')n partie, leur propre valeur, mais ils ne créent pas de valeur nouvelle. Il est important — et c'est là une question dont nous aurons à nous occuper de près dans un chapitre suivant — de démontrer combien peu la théorie de la valeur-de-travail a suivi encore, sur ce point particulier, la s'w réelle.

Nous ne sommes pas au bout : nous avons à considérer une autre catégorie de facteurs qui col'aborent à la création de la

Ifii PAIIT. III. VALEUR OIS.IKCnVIC. CONSIDKUA'nONS OKNKFiAF.KS

valeur, à savoir : certaines forces naturelles donl rii[»plication à la production des richesses représi nie des siècles entiers de civilisation croissante avec toutes leurs inventions et découvertes accaparées successivement par les entrepreneurs capitulistos dans leur intérêt particulier.

AJarx a recours à tous les subterfuges de la dialecliijue |)our admettre les fruits matériels de la collaboration de ces forces et de ces inventions et découvertes, tout en niant que les produits y gagnent en valeur. Ainsi il établit une différence entre la durée de la production {Produktiotiszeit) et le process(JS delà production [Produktionsprocess), d'une part et, de l'autre, la durée du travail {Arheitszeit) et le processus du lrav;ul {Arbeitsprocess) (1). Et avec une sophistique parfaite, Marx proclame que « les interruptions dans la durée du travail par lesquelles l'objet travaillé doit passer pendant le processus de la produetion, ne créent ni valeur ni plus-value (h/'lden iveder Werth noch Mehrwerlh) mais elles viennent en aide au produit {fordern dus Produkt) ; elles constituent une partie de sa vie, un processus qu'il doit parcourir. » (â).

La vie pratique ne lient naturellement aucun compte des distinctions métaphysiques que nouf venons de relever. Au marché, pour la réalisation de la valeur objective des marchandises un procédé appliqué pour « venir en aide » aux produits et en améliorer la qualité — qu'il consiste dans l'emploi de travail

(1) « Mais le processus de la production peut, à son tour, donner lieu à des interruptions dn processus du travail, interruptions durant lesquelles l'objet travaillé subit des transformations physiques sans l'aide du travail humain. Dans ce cas le processus de la production et, par conséquent, le fonctionnement des moyens de production, continue, bien que le processus du travail et, par conséquent, le fonctionnement des moyens de production en tant que moyens de travail, soit interrompu. Tel est le cas du grain qui est semé, du vin qui se trouve en fermentation dans la cave, de certains produits obtenus par des procédés chimiques (le cuir, par exemple). La durée de la production est ici plus grande que celle du travail. » (Karl Maux, Das Kapital, tome Ij, ctiap. v, p. 98; cf. trad. franc, p. 114.) .

(2) Loc. cil., p. "jy; cf. trad. franc., p. 115.

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