‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 80 sur 184 · CHAPITRE X. LA VALEUR-DE-TRAVAIL SURJECTIVE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. LA VALEUR-DE-TRAVAIL SURJECTIVE

par suite des monopoles corporatifs et des règlements des autorités communales ; mais ils se fondaient déjà sur une valeur-de-travail plus générale, correspondant plus ou moins à la productivité sociale du travail et posant des limites déterminées aux prétentions personnelles des producteurs particu iers.

En maintes occasions dans nos temps modernes, la valeur-detravail, et même la valeur-de-travail individuelle, reste encore la base réelle de la voleur d'échange et des prix de marché. Cela arrive dans certains métiers, soit localement (dans les contrées isolées d'un pays\ soit généralement (pour des branches spéciales de métier), quand des conditions précapitalistes ont continué à se maintenir dans la production.

Même de nos jours, le forgeron, le savetier, le tailleur, le charron ou le peintre du village coqjptent encore le produit de leur travail d'après l'entière valeur-de-travail personnelle que celui-ci leur représente. Normalement, c'est cette même valeur personnelle qui se réalisera dans les prix. En raison des conditions de vie modestes et des communications primitives de la campagne (où les conditions sociales rappellent souvent l'ancienne production des articles pour l'usage domestique d'un cercle restreint de familles), ces prix resteront communément beaucoup au-de?sous de ceux des articles pareils fabriqués ou réparés dans les villes ; aussi ces derniers prix n'auront-ils que très exceptionnellement à modérer les premiers. D'autre part, il est très exceptionnel aussi que les prix de marché des articles d'industrie fabriqués dans les villes puissent élever à un niveau urbain les prix d'articles similaires confectionnés en pleine campagne.

On aurait tort de se figurer le domaine où règne cette production précapitaliste comme très restreint ; la valeur-de-travail personnelle attribuée à leurs articles par les producteurs particuliers éventuels gouverne plus de métiers et dans chacun d'eux une étendue plus grande que ne peuvent le soupçonner peutêtre ceux qui vivent dans quelque centre d'industrie et sont habitués à des communications faciles.

204 l'AKllE IV. I,.V VALKUR DE rKOOUCTlON

(îenéralemcnt, dans une ville de province, le petit patron, muîlre dans son métier particulier et travaillant avec un nonnbre restreint d'ouvriers, évalue encore le travail que lui ou ses ouvriers ont dépensé à un article quelconque comme la valeur réelle conférée, par eux, à l'article en question. Communément, c'est cette valeur qui se réalisera encore dans les prix qu'il fixe. Que, sous forme de salaire, il ne rembourse, lui-même, à ses ouvriers, qiCune partie du prodxiit de leur travail, cela ne l'empêchera pas, ordinairement, de désirer réaliser dans les prix chaque heure de travail que ses ouvriers ont dépensée à la production.

Même dans les centres de production capitaliste et de commerce moderne, il reste toujours des métiers entiers tapis, pour ainsi dire, derrière les grandes industiies modernes et pour lesquels la valeur-de-travail — voire même la valeur de travail individuelle — est resiée le. base des prix. II en est ainsi, par exemple, dans certains métiers s'appliquant à la réparation et dans divers arts mécaniques.

L'horloger qui répare votre pendule, le jardinier qui entretient votre petit carré de terre devant la maison, ou bien le plombier qui met un tuyau neuf dans votre appartement, compteront le travail entier qu'ils ont dépensé personnellement. Si les prix que vous fixe ici l'ouvrier en î-e basant sur ce travail personnel ne vous satisfont pas, vous aurez la liberté, assurément, de chercher un ouvrier dépensant moins de travail ; mais cela n'empêche pas que, pour la réparation des pendules et des montres, comme pour l'entretien des jardins ou pour la pose d'un tuyau de plomb dans un appartement quelconque, il ne peut pas s'établir des prix fixes, des prix « normaux » aussi facilement que pour les produits de lagraiide industrie moderne.

C'est par ce phénomène particulier qu'on doit s'expliquer pourquoi, dans les centres d'industrie et de communication, les prix de réparation de toutes sortes de vêtements, de meubles et d'articles de ménage, sont presque égaux à ceux que l'on paye pour les articles neufs pareils. Ces derniers se produisent dans

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