‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 81 sur 184 · CHAPITRE X. LA VALEUR-DE-TRAVAIL SUBJECTIVE · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. LA VALEUR-DE-TRAVAIL SUBJECTIVE

de tout autres conditions. Si, dans les deux cas, le coùl de la production forme le premier élément déterminant de la valeur d'échange et des prix de marché, la loi du coiU de la production, pourtant, s'applique sous des formes différentes pour les articles neufs et pour les réparations.

Il ne faut pas perdre de vue que partout où règne la valeur-de- Iravail subjective comme base de la valeur d'échange et des prix. du marché, nous avons affaire à des évaluations simples, priiiiilives et quelque peu grossières fondées sur le travail dépensé, et nullement à une mesure tant soit peu exacte de quantités de travail bien distinguées. Pour la valeur-de-travail subjective,. moins encore que pour la valeur-de-travail objective ou sociale dont nous aurons à examiner la nature, le travail dépensé ne peut jamais être considéré comme une mesure sur laquelle s'exprime théoriquement la valeur. Nous aurons l'occasion de }'' démontrer amplement dans les chapitres suivants.

Lorsque deux articles de consommation, tombant tous les deux dans le domaine de la valeur-de-travail subjective, sont considérés comme équivalents pour la raison que deux producteurs onl dépensé la même quantité de travail à les produire (le même montant de journées, d'heures de travail, etc.), nous aurons à compter, en définitive, avec une évaluation à la mêvie hauteur de deux produits différents de travail humain, mais non pas avec une éyalilè absolue de deux quantités de travail. En faisant remarquer qu'à la même époque les mêmes biens ne sont pas nécessairement produits dans les mêmes circonstances de productivité, ilodbertus disait avec une précision extrême : «n travail pourrait comprendre à la même époque des quantités inégales d'un même bien ». D'après ce principe, dit-il, « le travail ne saurait. servir de mesure de remplacement (Â'/^rro^ra/maos^) pour la fixation de la valeur à une époque déterminée, pour la même raison qui empêche l'argent de jouer ce rôle à des époques différentes. » (1). 1! a parfaitement raison sur ce point ; mais le

(1) Voir RoDBERTOS, Zur Erk^nutniss unsrer staatswirthschaftlichen ^' Zustiinde, m, p. 49.

2()(i l'AllTIK IV. K.V VALEUR Dlî PRODUCTION

prélcxlu (|iril donne el tiorrièro lequel il se cache comme représentant de 1)1 doctrine de la valeur-de-lravail, ne saurait nullement nous satisfaire: «En ce qui concerne ïn travail, il faut donc supposer, dit-il, qu'à la même époque les choses de la même espace contiennent la même quantité de travail. » (1). On ne peut |)as partir en théorie d'une telle « supposition )>,pour la sim|)Ie raison qu'elle est inexacte, et que, en la faisant, nous mettons de C(Mé aussi bien l'action des forces naturelles que les progrès de la technique. Aussi, dans la prat/qxe de la vie sociale, la valeur d'usage d s bi'ins inlervienl-elle constamment pour corriger encore les évaluations faites d'après leur valeurde- travail.

Le fait qu'il s'agit ici toujours d'évaluations de la valeur, ja mais d'une mesure exacte, n'est pourtant pas un obstacle trop séritnix. La valeur, en dernière analyse, est une notion sociale et économique, et non pas une notion mathématique. La signification de ce que nous appelons ija/ewr, change ainsi avec la structure économique de la société et parfois, sous la même civilisation, avec le métier, d'après les changements que subissent les rapports de production.

(Ij Loc. cit., p. 50.

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