‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 86 sur 184 · CHAPITRE XI. LA VALIÎLR-DK-TKAVAIL SUGIALK · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. LA VALIÎLR-DK-TKAVAIL SUGIALK

humain abstrait » (absd'akt vitnschliche Arbeil) de l'école marxiste est une notion qui n'a pas de sens réel, une entité métaphysique.

En réalité, il n'existe que du travail concret: il n'y a que de» quantités Je travail d'une intensité déterminée, exécuté pendant une période déterminée et dans des conditions techniques déterminées ; ensuite les difTérentes quantités de travail, comparées entre elles d'après les produits qu'elles procurent, sont estimées égales suivant les principes généraux que nous avons développés dans ce cha[)itre.

- La vnleur-(le-lravail sociale dans des brandies différentes de tnélier. Influence de la valeur d'usage du travail.

Même dans les limites d'un seul métier, nous avons dû envisager la valeur-de-lravail des produits comme impossible à mesurer avec e.vactitude, — soit directement, par l'évaluation de la grandeur des facteurs décisifs, soit indirectement, au moyen de la statistique, par la réduction de tout travail à du travail humain moijen.

Nous avons été condamnés à une grossière évaluation empirique, telle qu'elle se fait daus la vie journalière par la comparaison non de dilTéreutes quantités de travail, mais de leurs produits.

D'autre fiar', nous avons pu remarquer que c'étaient généralement des produits parfaitement pareils ou, du moins, des produits de même espèce qui, dans un même métier, étaient ainsi soumis à notre jugement. L'évaluation empirique des produits y avait du moins une base fixe sur laquelle elle pouvait encore s'appuyer avec quelque sécurité. Aussi avons-nous pu remarquer que parfois — lorsqu'il était question de certaines espèces

Jli i- l'AiniK IV. LA VALliUK Dli l'HODUCTlON

do travail manuel ■ — l'inlensité el, avec elle, la quanliU- du travail e't.iiL mesurable avec une exactitude relaliveuieiit jurande, t^i nous voulions com[)arer les quantités visibles et palpables d'un produit, fabriquées dans une unité déterminée de temps.

Evidemment, ce critérium n'est pas toujours applicable, même si nous voulons nous borner à comparer différentes quantités de travail de la miMne es[ièce, < xercé dans le même métier.

Le chapeau de dame confectionné en quelques minutes par une modiste habile et paré avec un goût exquis d'un simple ruban peut posséder non seulement plus de valeur d'échange (voir plus haut, p. 179), mais aussi plus de valeur de production que le chapeau qui a coûté plusieurs heures de travail à une modiste moins habile ou à une apprentie.

Le travail de l'excellente modiste el celui de l'apprentie sont tous deux du travail de modes ; il est impossible néanmoins d'évaluer la quantité de travail de l'une par rapport à celui de l'autre. Il ne s'agit plus ici d'un travail musculaire analogue à ceux qui nous ont servi d'exemples tout à l'heure ; nous n'avons plus devant nous des quantités différentes de produits absolument pareils, comme des tas de pavés ou des piles de bois. Et cependant nous déclarons sans hésitation, que le travail de la modiste habile est supérieur à celui de l'apprentie. L'observation de semblables phénomènes a déjà amené les économistes de l'école classique à formuler cette idée juste, qu'en considérant le travail comme la source de toute valeur, on ne saurait fermer les yeux sur les difterences qualihcatives du travail. C'est déjà l'opinion de Smith (1). Ricarde de

(1) « II peut y avoir plus de travail dans une heure d'ouvrage pénible que dans deux heures de besogne aisée, ou dans une heure d'application à un métier qui a coûté dix années de travail à apprendre, que dans un mois d'application d'un genre ordinaire et à laquelle tout le monde est propre. » Adam Smith, Wealth of Nalio7is, livre I, chap. v, p. 39; trad. franc, tome I, p. 36.

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