‹ Théorie de la valeur, avec une réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 97 sur 184 · CHAPITRE XII. OnSERVATIONS COMPLKMENTA IR I S 2 i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. OnSERVATIONS COMPLKMENTA IR I S 2 i

même ses oulils durent plus longtemps que chaque processus particulier de production. Mais immeuble et outils subissent des altérations. Tous ces moj'cns de travail s'usent plus ou moins vite. Aussi faut-il réparer de temps en temps l'immeuble et maintenir en bon état les instruments de travail.

Happelons-nous maintenant que notre ouvrage de tabletterie représentait une valeur-de-travail sociale de 30 heures. Il faut tenir compte, ensuite de la quantité de travail dépensée à la fabrication des matières premières et secondaires. Admettons qu'elle soit de 13 heures. Supposons enfin que l'usage des moyens de travail représente 30 jours de travail par an : 23 jours nécessaires, par exemple, pour compenser l'usure matérielle des moyens de travail mis à la longue hors d'usage, et 23 autres jours représentant le temps nécessité par les réparations continuelles et l'entretien des outils, le nettoyage de l'atelier, etc. A ce titre, la valeur de production sociale de l'objet en question devra être augmentée d'une fraction de ces 30 jours de travail correspondant à la durée de sa fabrication.

Aussi longtemps que le métier continue à être exercé par l'artisan et que la valeur de production se présente encore à nos yeux comme simple valeur-de-travail, l'ouvrier traitera souvent l'usure de son outillage en quantité négligeable ; tout au plus la comptera-t-il approximativement dans les prix qu'il demande. Il en fera tout autrement dès que nous verrons se transformer peu à peu la petite manufacture en petite industrie, industrie moyenne et grande industrie. Là, les moyens de travail, bâtiments, machines, outils, etc., commencent à jouer un rôle toujours plus important ; l'entrepreneur y est naturellement porté à compter sérieusement avec la valeur de production transmise au produit par chacun de ces moyens de travail, et il la spécifie soigneusement dans ses prix de revient.

L'entrepreneur moderne enregistre dans ses livres une somme annuelle pour la détérioration de ses machines ; il met de mémo au compte des dépenses une somme afférente à l'usage — sinon au loyer — de ses locaux. Même dans ce stade de développe-

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menl de rincluslrie, on ne tiendra pas un ccmple exact, pour la délérioration des inslrnncents de travail, de la durée de leur emploi, depuis le iour de leur mise en service jusqu'au moment où ils se trouvent hors d'usage. Pourtant, du côté des entrepreneurs, les calculs ont beaucoup gagné en précision avec les années. C'est précisément celte possibilité de com[)ter plus facilement et plus exactement l'usure, les frais d'entretien, etc. des moyens de production (]ue nous avons déjà envisagée comme essentiellement favorable à la transformation de la valeur-detravail primitive en valeur de production capitaliste (1).

Tout compte fait, l'ouvrage de tabletterie pourrait représenter ainsi une valeur-de-travail sociale non de 50 heures, mais de 65 heures ; par exemple, 50 heures pour le travail direct de la fabrication, 18 heures représentant la valeur de production des matières premières et secondaires, et enfin 2 heures pour l'entretien des moyens de travail, l'usure des outils, etc.

Ainsi, nous voyons que les moyens de travail n'entrent pas entièrement dans chaque exemplaire du produit à la fabrication duquel ils ont servi, à l'inverse des matières premières et généralement aussi des matières secondaires. Us s'absorbent dans le produit total d'une période entière de production, — une année par exemple, — de sorte que le coût qui correspond à leur u^age

(1) Les autorités des villes au Moyen Age, dans leui's règl-eraents des métiers, ne teaaient pas seulement compte des matières premières et de Ja maiû-d'œavre, mais encore des instruments de travail. Pour en donner la preuve, nous nous référerons encore une fois au métier des drapiers dans la ville de Leyde. Il était exjiressément défendu, dans cette ville, de carder la laine ; on la peij^nait pour ne pas trop casser le poil du drap. Les outils au moyen desquels se faisait cette opération secoadaire étaient scrupuleusement déterminés (Voir le D'' P. J. Block, loc. cit.f p. 197). « La disposition et la grandeur des métiers, le nombre des fils, sont fixés d'une manière précise. » (F. Funck-Brentano, Philippe le Bel en Flandre, p. 53.)

Ici enscore c'est plus particulièrement à la bonne fabrication du produit que les autorités médiévales voulaient veiller. 11 est évident, d'autre part, que leurs prescriptions sur les outils étaient un obstacle important au développeuMnt teclinique.

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