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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA VALEUR D'USAGE COMME VALEUR SUBJECTIVE

Tous les biens peuvent être comparés les uns aux autres relativement à leurs quantités et qualités; aussi peut-on partir, pour faire cette comparaison, de différents points de vue selon les propriétés ou qualités des biens qu'on envisage et qui servent de base à la comparaison. Un de ces points de vue est leur aptitude à satisfaire certains besoins ou désirs humains, — c’est-à-dire leur « utilité » ou du moins les propriétés et qualités qui les rendent propres à notre usage (1).

(1) « Quand je parle de besoins, c’est là le titre sous lequel se rangent les choses les plus différentes et, à ce point de vue, leur caractère commun les rend mesurables. » (Hecer, Philosophie du Droit, $ 63. Addition.)

Sur l'idée d’une « mesure » pour la valeur des choses, voir plus haut ’ .

l'analyse de la notion de valeur.

Tous les biens, économiques ou non-économiques,— sont

plus ou moins aptes à « servir » l’homme et à lui être

«utiles ». Nous avons vu que dès que les choses perdent ce pouvoir, elles cessent d'être rangées parmi les richesses humaines et sont rayées du nombre des biens. Une mine d'or épuisée ou un soulier usé n'ont plus de valeur et cela dans tous les sens du mot. S'ils ont encore quelque valeur par rapport à une autre destination que celle de mine ou de vêtement, — le soulier par exemple comme « guenille » servant encore de matière première pour une industrie quelconque, — cela dépendra de nouveau de leur utilisation possible à cette nouvelle destination.

La seule aptitude des choses à satisfaire des besoins ou des désirs humains ne suffit pas pour leur accorder de la valeur d'usage. La notion de valeur d'usage est en définitive,

économique et, — selon cè qui a été dit {plus haut! dans nos considérations générales sur la valeur, — il «st évident

qu’elle suppose l'existence d’un rapport économique entre

la chose évaluée et un homme ou bien une collectivité

d'hommes.

Tañdis que, par la qualification « d'utile » ou par la supposilion que les biens peuvent servir à notre usage, nous n'exprimons pas autre chose que l'aptitude générale des biens à satisfaire nos besoins ou nos désirs, nous ne

pouvons parler au contraire de la valeur d'usage d'une

chose que lorsqu'un sujet, — homime seul ou collectivité d'hommes, — s’est mis où pourra se meltre en rapport avec

elle en qualité de consommateur.

La définition générale de la valeur d'usage se formule donc comme il suit : c'est l'intérêt qu'une chose peut avoir dans la consommalion pour un homme quelconque où une collectivité d'hommes par son aptitude à salisfaire cerlains besoins ou désirs humains.

Il résulte de cette définition que, lorsque le rapport social et économique. dont nous venons de parler n'existe pas pour des raisons extérieures, on ne parle pas, communément, de la valeur d'usage d’une chose, bien que son aptitude à servir

l'homme dans la consommation soit incontestable, Il en est

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