LA VALEUR D'USAGE PERSONNELLE
Après les considérations générales précédentes sur la nature de la valeur d'usage, la valeur d'usage personnelle se définit d'elle-même. C’est la signification qu'un bien peut avoir pour le consommateur d'après les besoins et les désirs individuels de celui ci el l'aptitude que possède le bien en queslion à les satisfaire.
Nous avons donc à compter ici avec deux catégories de facteurs : d'une part avec les besoins et désirs personnels du consommateur, de l'autre avec toutes les propriétés et qualités des richesses ainsi qu'avec les quantités de ces richesses qui peuvent être à la disposition du consommateur et les conditions spéciales sous lesquelles celui-ci peut les obtenir.
La valeur d'usage personnelle des biens augmente ou diminue donc en premier lieu avec les besoins et désirs personnels du consommateur, c’est-à-dire avec certaines dispositions physiques, intellectuelles et morales de la personne même, qui, comme possesseur et consommateur, se met en rapport avec ces biens.
Envisagé de ce point de vue, un bien peut être considéré comme possédant autant de valeurs d’usage personnelles qu'il y a des personnes pouvant être en rapport avec lui en tant que possesseurset consommateurs. Le développement physique, intellectuel et moral des hommes variant infiniment, on ne saurait indiquer d'une manière absolue la quantité de valeur
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personnelle des biens ; d'autant moins qu'il intervient ici des manifestations de l'âme différant infiniment selon les individus et, chez le même individu, selon les moments et les circonstances. Lorsque nous parlons donc, dans le présent chapitre, de la valeur d'usage d’un objet quelconque ou d'une certaine
uantité d'un bien, il s'agit toujours d'une manifestation de
Ja valeur particulière que cet objet ou cette quantité d’un
bien peuvent posséder pour le consommateur lui-même et
dans les circonstances où celui-ci se trouve au moment donné.
Cette manifestation se présentera sous la forme d’une équation
du bien en question avec une certaine quantité d'un autre bien.
Si deux personnes, — ou une seule personne à deux moments différents, — estiment que la même quantité d’un bien quelconque est équivalente à des ;quantités différentes d’un autre bien, de sorte qu'ils soient prèts dans les deux cas à A lonnes l'une pour l'autre, — nous nous trouvons en présence de deux équations différentes ; c'est là le fait réel, que nous aurons à examiner.
À estimant æ francs, dans des conditions déterminées, 6 équivalents à y litres de vin, B à 2 y litres du même vin, lesdeux équations expriment le différent intérêt qu'à un moment
déterminé, À et B portent aux biens en question: la mon-
naie et le vin. La différence peut provenir de l'évaluation différente de la monnaie seule, ou bien du vin seul, ou encore de tous les deux.
Ayant donc à compter, en matière de valeur d'usage personnelle, avec une grandeur instable et inconstante, comme les
‘impressions de line humaine dont elle dépend, nous ne
pouvons nullement nous ranger du côté de ces économistes qui se sont appliqués à construire des schèmes fixes et des formules minutieuses pour les évaluations personnelles sur lesquelles se base la valeur d'usage des richesses. Ces schèmes et ces formules ne peuvent pas nous donner une expression quelque peu juste du jeu compliqué de la nature dans un domaine aussi imprécis que celui des évaluations personnelles des valeurs d'usage.
C'est particulièrement l’ école autrichienne de Menger et Bühm-Bawerk, ayant atteint son plein dévelobpetient dans