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mue LE £S
Que l'on pense ici surtout aux machines de différentes espèces et aussi à d’autres articles de consommation, Le bois, dont on fait les traverses des voies ferrées, a beaucoup gagné en valeur d'usage sociale depuis l'invention du créosotage qui le préserve de l'effet destructeur de l'air atmosphérique.
3° Le nombre de personnes aux besoins et désirs desquelles pourvoi une richesse (les deux autres facteurs restant invariables).
IL s'ensuit que les richesses et surtout les articles de première nécessité: le blé, le bois, ie charbon, la laine, le coton, etc., peuvent continuellement augmenter en valeur d'usage sociale, tant que tous les hommes ne sont pas encore suffisamment habillés, nourris, logés, etc., pour pouvoir considérer comme satisfaites les premières exigences de leur vie matérielle.
Il s'ensuitencore qu'à certaines espèces d’articles nécessaires
| A tous nous devons attribuer une valeur d'usage sociale bien plus élevée que par exemple aux articles de luxe ne servant qu’à une petite minorité de gens, — abstraction faite encore de ce que les besoins et désirs auxquels ces derniers articles pourvoient sont d'une nature moins pressante pour l’'existence de la race humaine. Si nous tenons compte de ces divers facteurs, 1l est évident que de deux articles de consommation de nature différente, pourvoyant l’un aux premières exigences de la vie humaine, l’autre, au contraire, à des besoins de luxe, la valeur d'usage sociale du premier article sera généralement beaucoup plus 8 grande que celle du dernier et il en sera ainsi tant que les principes fondamentaux exposés ici seront valables, c'est-à-dire tant que les besoins de milliers et ide millions de nos semblables ne seront pas suffisamment satisfaits. On n'a pas à se demander ici si pour un consommateur particulier quelconque la valeur d'usage momentanément attribuée par lui à la deuxième catégorie d'articles (articles de luxe) est plus élevée que celle qu'il attribue à la première. Ici, la valeur d'usage sociale s’oppose à la valeur d'usage personnelle qu'attache à une richesse un consommateur particulier.
Dans une civilisation plus élevée que la nôtre on pourra
considérer qu'un individu fait un faux pas social en dépensant son propre travail ou le travail d'autrui à la production d'articles deluxe, tant que d’autres membres de la société manquent encore de nourriture, d'habits ou de logement. Le
fait que la civilisation moderne prète si peu d'attention à de “
semblables méprises tandis que, d'autre part, elle considère le vol comme un crime social sérieux, témoigne d’un manque de connaissance profonde de la vie sociale même chez les
esprits les mieux doués de notre génération, ainsi que de
sentiments moraux encore peu développés chez la plus grande majorité des hommes.
Nous venons de remarquer que l'intensité des besoins et
des désirs humains est un facteur essentiel de la valeur d'usage sociale des richesses. Arrétons-nous un moment «
encore sur ce point.
Etant donnée la quantité d’une richesse quelconque, == "10
durée du plaisir ou de l'avantage qu'elle procure restant invariable, — nous savons que la valeur d'usage sociale
croit ou décroit avec l'intensité des besoins ou des désirs
que cette richesse satisfait.
Cette intensité des besoins, naturellement, dépend, en pre-
mier lieu, des qualités particulières des richesses et de cem
que nous en Savons ; mais des influences extérieures entrent
aussi en Jeu. Les besoins humains peuvent être influencés par.
le climat ou la saison. Certaines espèces de fruits ou de boissons rafraichissantes peuvent, dans les pays chauds, répondre à des besoins plus intenses et représenter, par suite, une valeur d’usage sociale plus importante que dans les zones tempérées.
Dans la même contrée, la valeur d'usage sociale des combus-“
tibles comme le bois et le charbon varie avec la saison.
Cette intensité peut dépendre aussi de certaines mœurs et coutumes nationales, créées par plusieurs générations de con-«
sommateurs, c'est-à-dire de la civilisation générale. Nous venons de constater que parmi les peuples primitifs les bijoux, pierres précieuses, etc., constituent une partie relativement
plus importante de la richesse sociale que dans nos nations”
de civilisation moderne. Cela prouve seulement que dans ces
milieux primitifs les articles de consommation de cette espèce
répondent à des besoins et des désirs plus profondément res sentis que dans notre monde moderne ; aussi quiconque étudiera sérieusement sur ce point le développement de notre civilisation moderne constatera une baisse continuelle de la valeur d'usage sociale de ces biens, par rapport aux siècles passés et à l'état primitif de notre civilisation ; 1ls ne sont plus ou fort peu demandés par le sexe masculin et la demande de la part du sexe féminin a en mème temps beaucoup diminué. Les besoins et les désirs satisfaits par ces richesses disparaissent lentement, et sont remplacés par d'autres besoins, tels que le développement intellectuel, la lecture des journaux et des livres, les plaisirs du voyage, etc. ; ces derniers besoins, au contraire, dans les siècles antérieurs et parmi les peuples
primitifs de nos jours, sont moins vivement ressentis qu'à
notre époque et dans nos pays modernes,
Nous avons à examiner de plus près encore l'intensité des besoins : Dans une forme de civilisation donnée et tous les autres facteurs mentionnés ici restant invariables, on ne saurait pourtant considérer comme une grandeur déterminée l'intensité des besoins que satisfait un article quelconque. Il y a encore un facteur important qui influe essentiellement sur les besoins et les désirs de tous les consommateurs et, par suite, sur la valeur d'usage sociale des richesses : c’est la surabondance ou, d'autre part, la rareté de ces dernières. Par ces mots nous entendons la quantité disponible des richesses, ou, — dans notre société capitaliste, — les quantités apportées au marché par rapport à la masse totale des besoins et des désirs qui entrent en jeu.
Notons bien que nous ne parlons plus ici du troisième
facteur analysé plus haut. Il ne s’agit nullement de la ques-
tion de savoir si certains membres de la société, où même la plus grande partie de la population, sont pourvus ou dépourvus des richesses en question. Tout bien considéré, il n’est même plus question de la valeur d'usage sociale au sens large du mot, mais de cette valeur dans un sens capitaliste. Il s’agit de la valeur d'usage sociale telle qu'elle se manifeste sous l'influence d’une forme déterminée de la société et de l'Etat et de toute la force coercitive que ceux-ci peuvent exercer.
Par exemple : dans notre société capitaliste, au commen- F: cement du xx° siècle, des milliers et même des millions “
d'hommes laissent voir assez clairement qu'ils ont besoin et même grand besoin de linge et qu'ils sont dans limpossibilité de s’en procurer. Le nombre d'hommes qui, dans l’état actuel des rapports sociaux, possèdent le linge de première nécessité est même limité ; parmi ceux qui ne sont pas absoiument indigents, le plus grand nombre ne dépense qu'une partie très modeste de son revenu à l'achat du linge, parce que nombre d’autres besoins et d’autres désirs plus où moins intenses demandent aussi des sacrifices.
La question qui se pose maintenant est celle-ci : Quelle influence exerce la surabondance ou la rareté du linge apporté
au marché sur l'intensité des besoins généraux de linge et, par
suite, sur la valeur d'usage sociale de cet article de consommation ? Nous ne tenons plus compte ici du fait précédemment démontré, qu'une partie seulement des besoins et des désirs de linge non-satisfaits entrent en jeu. Nous n’examinons que la demande totale el effective de cet article (x).
La même question se pose évidemment pour tout autre arüicle de consommation quelle qu'en soit la nature, mais on doit toujours remarquer que la hausse et la baisse accidentelle de la valeur d'échange et des prix de marché réagissent en quelque mesure sur la grandeur définitive de la demande totale et effective. Nous développerons ce point dans notre chapitre sur les principes de la fixation des prix de marché.
Dans le chapitre précédent il a été démontré que le plus ou moins de rareté des richesses en peut augmenter cessenüellement la valeur d'usage personnelle et que, d'autre part,
cette valeur diminue par la surabondance des richesses en.
question jusqu’à être parfois entièrement anéantie ou même transformée en valeur d'usage négative.
Pour la valeur d'usage sociale la surabondance ou la rareté relatives de la quantité des richesses offertes exerce une influence non moins décisive.
(1) Cf. la différence déjà établie par Anam Swirt entre ce qu’il appelle absolule demand et effeclual demand, (Richesse des Nations; livre 1, chap. vu, trad. franç., t. Î, p. 69.) :
Le principe général suivant se pose pour nous : L’intensilé des besoins s'attachant aux articles de consommation de différentes espèces, ainsi que la valeur d'usage sociale de ces articles diminuent au fur el à mesure que la quantité offer te s'élève audessus de la demande totale et effeclive, tandis que, d'autre part, elle augmente à mesure que la quantité offerte lombe au-dessous de cette demande.
Offre et demande totale ne doivent pas être considérées dans ce cas comme des invariables, mais comme variables et élastiques. Un ballot de laine, un hectolitre de froment, un quintal de charbon n'ont pas la même valeur d'usage sociale suivant que l'offre est relativement grande, — par exemple pour le froment dans une année de surabondance, — ou qu'elle est, au contraire, relativement insuffisante et que, par suite, les besoins des consommateurs se font valoir plus vivement.
En 1900, année de surabondance de fruits, les maraichers ét fruitiers dans les environs de Paris laissaient çà et là leurs fruits, — cerises et groseilles, — se dessécher sur les arbres, parce que les prix du marché ne payaient pas même le travail de la récolte et les frais de transport. Comme, dans l'été de l'année suivante, la vendange s’annonçait fort belle, plusieurs viticulteurs coalisés du Gard résolurent de laisser leurs ceps à l'abandon et leurs raisins sécher sur pied, pour faire hausser les prix du vin. Cela les dispensait d'embaucher des ouvriers et leur permettait même de congédier leurs vigne- ‘rons.
Dans de pareilles conditions il est arrivé, dans le Far-West de l'Amérique du Nord, que le maïs, au lieu de servir de
nourriture pour les hommes ou les bestiaux, pourrissait aux champs en grandes quantités ou était employé comme combustible pour les machines. Il va sans dire, que dans l’un et
l'autre continents, il y aura eu des milliers d'hommes dont les besoins ou les désirs de fruits, de vin et de maïs n’ont pas
'été ou ont été mal satisfaits. Tous ces articles de consommation a avaient, assurément, de la valeur d'usage sociale, dans Je sens large du mot. Mais nous traitons de la production et de la consommation sous le régime capitaliste de la société et c’est dans le cadre de son organisation que les quantités né-
el THÉORIE DE LA VALEUR
gligées de fruits et de maïs ont été traitées comme né posé. dant pas une valeur d'usage sociale (1). Î
La valeur d'usage sociale, au sens étroit du mot, influaits ici sur la valeur d'échange des articles en question, fruits ct mais, influence dont nous aurons encore à nous occuper amplement. Tout ce que nous avons remarqué ici est d’une 1m portance essentielle pour le problème de la répartition du travail social total entre les différentes sphères de la produc-x tion, problème dont nous aurons à nous occuper spécialement dans le deuxième tome de cet ouvrage en exposant la théoriem du capital et du salaire. Le nombre des besoins humains élant presque illimité et chaque besoin, comme nous venons« de le remarquer, n'étant actuellement satisfait, pour la plupart des consommateurs, qu'autant que d’autres besoins: plus ou moins pressants le permettent, la surabondance ou» la rareté relatives de la quantité totale d’une richesse dépend étroitement de la répartition du travail social total entrem les diverses catégories principales des besoins et des désirss
(1) G. Knies dans son livre: Le Numéraire a très bien caractérisé, par quelques phrases, l’influence exercée sur cette valeur d’usage sociale au sens étroit du mot par la surabondance ou la rareté des richesses : « On dit en-« core maintenant comme autrefois : un quintal de blé est un quintal de blé.M Sa valeur d'usage aujourd’hui et demain, ici et là, reste exactement las même ; sa valeur d'échange, au contraire, est inconstante et varie toujours, ete Mais on ne peut parler ainsi qu'en oubliant la valeur d'usage telle qu'elle est socialement réglée pour les biens dans leurs quantités déter-« minées. La société a un besoin total et général de blé. Celui-ci doit êtres satisfait par la quantilé lotale qui est disponible. Si donc par exemple, cetle quantité totale avait diminué en face du besoin total resté inva-m riable, la valeur d'usage sociale du simple quintal de blé croitrait. Una
2 À B B A quintal de blé — OUT selon que la quantité totale 1,000,000 2,000,000
disponible s'élève à 1 million ou à 2 millions de quintaux, et ainsi de suite. Lorsqu'on fait l’objection que le fer est bien plus utile aux hommes que l'or, tandis que, néanmoins, la valeur d'échange d’une livre d’or — 25,000 livres de fer, on néglige absolument le fait décisif que pour un besoin total de fer, dont un peuple estimera la satisfaction ro fois plus importante que celle dem son besoin d’or, il se trouvera peut-être deux millions et demi de quintaux de fer et seulement 10 quintaux d’or. » (Kmes, Das Geld, p. 161= 162). L'honneur d’avoir le premier éclairé ce point en dissipant l’erreur qui voyait ici un contraste entre la valeur d'usage et la valeur d’échange est attribué par Knies à Hirpesraxn (Nationalükonomie der Gegenwart und
Zukunft, p. 316).
humains, ou, pour parler autrement, entre les différentes sphères de la production,
Cette répartition ne peut pas être considérée comme rigOUreusement délimitée, parce que, dans presque toutes ces catégories, — surtout dans celles de l'alimentation, de l'habillement, du logement, etc., — des produits d’une certaine sphère peuvent remplacer ceux d’une autre et pourvoir à des besoins et à des désirs de la même espèce. La production du café, par exemple, est étroitement liée à celle d’autres boissons comme le thé, le cacao, le lait, etc.
Les exemples donnés plus haut pour illustrer l'influence
exercée sur la valeur d'usage sociale des richesses par leur su-
rabondance ou leur rareté relatives, regardent tous deux le travail agricole, c'est-à-dire une sphère de production où la décision sur la quantité disponible des richesses n'appartient qu'en partie à l’homme qui les produit.
Tout en considérant la demande sociale et totale de fruits, de vin ou de maïs comme une grandeur connue, du moins approximativement, nous avons pourtant à compter avec la nature comme deuxième facteur puissant, pouvant toujours donner une récolte beaucoup plus ou beaucoup moins féconde que les calculs des hommes n’ont pu le prévoir.
Mieux que l'offre totale, l'homme peut prévoir en général, pour les produits en question, la demande totale ; ses calculs s'appuient ici avec plus d'à propos sur l'expérience en se réglant sur la demande totale et eflective des années précédentes.
Dans les différentes branches de l’industrie, au contraire, aussi bien des industries extractives que de celles qui rendent utilisables les matières premières et mème en partie dans les industries agricoles telles que l'élevage des bestiaux, la production peut ètre déterminée à ee et soumise aux calculs humains. La faveur ou la défaveur de la nature et de la saison perdent ici leur influence prépondérante. De plus, la demande totale est également connue, avec une certaine approximation ; on la DS ici avec une exactitude, sinon supérieure, au moins égale à celle que nous avions dans la sphère de l’agriculture et du jardinage.
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Laissons de côté certaines influences, qu'on ne saurait pré- | voir ni calculer ; que l’on pense, par exemple, à la crise du papier dans ces dernières années. On peut dire, en général, que notre grande industrie capitaliste connaît avec assez d’exactitude la quantité totale d’un article de consommation quelconque, qui sera demandée au marché. Elle peut prévoir d'aussi près la consommation sociale des matières premières pendant une année que celle des objets manufacturés. Il est parfaitement évident que sous un régime communiste, après quelques essais et un court tàätonnement, il n’y aurait pas plus de difficulté à connaître la totalité de tous les besoins et désirs humains par rapport aux produits dont nous parlons, qu'il n’y en a maintenant à prévoir la demande totale et effeclive qui se présentera au marché, Mais la grande industrie moderne n’a à compter qu'avec cette dernière demande et nous ne devons pas oublier qu’il est question ici de la valeur d'usage sociale des richesses non pas au sens large, mais au sens étroit et capitaliste de ce mot.
Il faut donc admettre qu'il y a des cas où les calculs humains ont la même prise sur la demande totale et effective que sur la provision disponible et l'offre totale des richesses, — les deux facteurs décidant de la surabondance ou de la rareté relatives, de toutes sortes d'articles. ILen est ainsi, avonsnous dit, pour les produits de la grande industrie moderne en particulier comme dans toutes les sphères de production n'appartenant pas à l’agriculture où au jardinage.
Cependant, la demande totale ct l'offre totale ne sont sou: mises aux Calculs humains que considérées en grand et en sénéral et non pas pour chaque producteur en particulier, La régularisation de la production obéit, dans notre société capi- M taliste, aux sentiments empiriques et aux tàtonnements des producteurs particuliers, qui n’apprennent bien souvent l'état . du marché international qu’à leurs dépens, ou encore, pour: quelques branches spéciales de la production, aux décisions despotiques de quelques grands capitalistes-monopoleurs.
Dans le premier cas le producteur particulier peut se M méprendre soit en ce qui concerne l'offre et la demande sur le marché national et international, soit en ce qui concerne
Ô be 7 gré hiéaile { "a L'ASIE Le l'A À Y
certaines conditions exceptionnelles momentanées ou locales, Même en dehors de l’agriculture ou du jardinage il peut se laisser amener à produire des marchandises pour lesquelles il n'ya pas de demande au sens étroit du mot. Si cela lui arrive comme entrepreneur industriel, 1l sera dans le mème cas que nos producteurs agricoles effrayés par une récolte trop abondante.
Les marchandises qu'il a produites sont des non-valeurs, en tant qu'elles sont produites et parce qu’elles sont produites au-dessus de la demande totale et effective dans la sphère particulière de la production à laquelle elles appartiennent.
- Parmi tous les producteurs dans cette sphère particulière,
sera-ce justement notre ami ou bien son voisin qui paiera pour les autres, voilà une question qui n'a pas à nous occuper pour le moment.
Ce qui importe à l'analyse de la valeur d'usage sociale, cest que les articles de consommation produits au-dessus des besoins totaux qui peuvent entrer en jeu, perdent leur valeur. Pour l'entrepreneur particulier qui supportera les consé quences de ce phénomène, cela n'aura pas d’autre eflet que s'il avait apporté au marché, au lieu de fer, de pétrole ou de
L laine, des sauterelles ou des chardons. L'industriel qui à eu
le malheur de produire ainsi des articles superflus sera enclin, poussé par son égoïsme d’entrepreneur capitaliste, à les détruire ou à les laisser détériorer par le temps, tout comme les maraîchers, dont nous avons parlé, qui laissaient les fruits se dessécher sur les arbres ; pas plus que ceux- -c1, 1l n'aura l’idée ide produire au profit de ceux parmi les hommes dont les be- Soins ou les désirs non-satisfaits n’ont pas pu se faire valoir. Cest par l'organisation défectueuse de la société que ces richesses sont traitées comme des non-valeurs, bien qu’elles ne he soient pas par nature et qu'ellés soient à même, bien souvent, de satisfaire encore des besoins ou désirs humains excessivement pressants et qui restent actuellement non satisfaits.
Lorsque, dans des branches particulières d'industrie, la production est entre les mains de quelques grands capitalistesmonopoleurs, 1l se présente un autre phénomène.
Grâce aux combinaisons modernes des grands capitalistes,
« cartels » et « trusts », la production est organisée de façon que l'offre totale d’un article par les entrepreneurs coalisés est réglée d'avance dans tout le territoire où la combinaison exerce son influence, c'est-à-dire pour quelques articles de consommation dans une grande partie du monde ou même dans le monde entier. En même temps, cependant, leur monopole peut ici également influer, dans certaines limites, sur la demande fHtale et effective. Les rapports SOCIaux basés sur l'appropriation privée mettent déjà les grands capitalistes alliés à même de ne tolérer que la satisfaction des besoins de certains consommateurs : ceux qui paient des prix de marché capables de procurer aux monopoleurs les divi-
dendes voulus. Et cependant, parmi les industries natio= « nales ou internationales dominées ainsi par des coalitions de :
grands capitalistes, 11 y en a plusieurs qui pourvoient aux premières nécessités de la vie humaine.
Nous aurons encore à examiner de près ces coalitions de grands capitalistes à la fin de ce tome et dans le suivant lorsque nous exposerons la théorie générale du capital et du profit. En ce qui concerne la valeur d’usage sociale des richesses, nous nous contentons ici de faire remarquer que partout où ces coalitions dominent entièrement la production d’un article quelconque, pouvant régler ainsi complètement l'offre totale de cet article et influer sur la demande par la hausse des prix de marché, les richesses humaines peuvent obtenir une valeur d'usage sociale tvranniquement accrue, correspondant à des prix de monopole tyranniquement haussés.
On sait que, — grâce à des opérations de ce genre et aux® spéculations Eee es qui se fondent RAR — Îa marchandise en laquelle s'exprime la valeur d'échange de toutes
les autres denrées, l'or, possède déjà en Ale une valeur > ficlive, — valeur d'usage et valeur d'échange fictives. Cettem
valeur, dépendant du rapport entre la provision d'or que les” ] nn mettent à la disposition du monde et la demandem à
totale d’or (demandes du métal comme moyen d'échange
et comme UE première de certaines industries), est unes valeur ficüve et artificielle en tant que la rareté du métal est
maintenue artificiellement à un niveau déterminé par la
haute finance et les grands propriétaires des mines d'or.
Sous l'influence de ces coalitions de grands entrepreneurs, propriétaires de mines, rois des chemins de fer et monopoleurs de matières premières, un pareil résultat s’est accompli déjà ou est en train de s'accomplir dans diverses branches de production nationales ou internationales.
Ces coalitions existent pour les articles de consommation les plus différents : pour les métaux et les matières premières et secondaires de la plupart des industries, acier, nickel, cuivre, cuir, charbon, pétrole, etc. ; ensuite pour certains aliments et certaines boissons, viande, sucre, whiskey, bière, fruits, qui ont donné naissance en Amérique à des trusts en continuel développement, Nous ne mentionnons qu'en passant certains produits dont la nature facilitait a concentration entre les mains de quelques grands syndicats de capitalistes, par exemple le diamant, les engrais chimiques, dont on a pu restreindre à volonté la production et l'échange.
Nos sociétés modernes qui ont vu la suppression des dimes et des droits féodaux, corvées royales ou seigneuriales du Moyen Age, ces sociétés qui ont aboli le droit de propriété privée sur les ponts et sur les routes, ont livré à quelques parculiers les sources d’où les hommes tirent leurs premiers moyens d'existence.