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de la valeur de production sociale que représente son article. Lorsqu'il a pu le fabriquer dans des conditions de production . plus que moyennes, il cherchera à profiter du niveau plus” élevé de la valeur de production générale et sociale: mais, si le rapport existant entre l'offre et la demande, relative-" ment à l’article qu'il fabrique, lui est défavorable, 1l se contentera facilement d’un prix moins haut, pourvu du moins que ce prix ne tombe pas au-dessous de la valeur de production personnelle. Lorsqu'il a dû produire, au contraire, dans des conditions excessivement défavorables 1l s’attendra de prime abord à devoir céder sa marchandise à un prix correspondant à la valeur de production sociale qu’elle représente ; : cela ne l’'empêchera pas davantage, — le rapport entre l'offre j et la demande et les fluctuations du marché lui étant favorables à un moment déterminé, — de remplacer au moment voulu dans ses calculs le niveau général par le niveau subjectif plus élevé ; 1l s'efforcera d'obtenir un prix aussi voisin que possible de ce dernier niveau ou même le dépassant.

Pour le consommateur la question qui se pose est un peu différente. Dans la période d'échange primitif il pouvait, assurément, exister pour celui-ci un semblable niveau posé par le coût de production personnel et on peut parler dans ce cas d’une valeur d'échange personnelle tendant à coïncider avec le coùt de production économisé au consommateur par l'acquisition d’un certain article. Antérieurement, nous avons eu l’occasion de faire observer en passant que les considérations subjectives qui pouvaient se faire valoir à ce sujet ont eu une influence réelle dans l’économie, lorsqu'elle commençait à se constituer en science sociale. Au temps de Smith, elles ont souvent égaré les économistes.

Avec les rapports compliqués de la société actuelle et l'échange régulier moderne, l’économie des frais que nous venons d'indiquer ne pourra plus longtemps exercer une influence réelle et le plus souvent mème elle est entièrement effacée de l'esprit des consommateurs.

Dans la vie sociale de nos jours, où chaque producteur travaille pour d’autrés, chacun s'attend, à son tour, à ce

que d’autres travailleront pour lui et personne ne tient compte sérieusement dans ses évaluations des marchandises, de l’économie des frais qu'il réalise personnellement par le fait qu'il n’a pas à produire lui-même les centaines d'articles d'usage journalier dont il se sert.

C'est pour la même raison que, généralement, le consommateur ne tient pas compte non plus des frais de production personnels qu'a dû dépenser un individu quelconque qui se présente à ui au marché comme producteur et possesseur d'un article de consommation. [l ne connaît pas la valeur de production personnelle qu’un producteur quelconque peut attacher à un article et ne saurait pas la contrôler, vu le caractère compliqué que montre à présent le travail social ; du reste, cette valeur, comme valeur de production personnelle, peut lui être indifférente. Si,en tant que consommateur, il doit préter attention au niveau de a valeur de production, — et les producteurs l’y obligent bien, — c'est d'ordinaire celui de la valeur de production objective ou sociale dans laquelle les frais de production subjectifs se sont nivelés.

À ce point de vue il n’y aurait donc pas lieu de parler d'une valeur d'échange subjective en ce qui concerne la pérsonne du consommateur. Mais nous savons que la valeur de production objective ou sociale ne se réalise pas directement et sans réserves dans la valeur d'échange et le prix de vente.

Les évaluations subjectives du consommateur trouvent une autre direction dans laquelle elles peuvent se faire valoir. Les marchandises, en définitive, sont achetées et vendues au marché parce qu'elles peuvent satisfaire dans la consommation certains besoins ou désirs humains. Ceuxci prennent pour le consommateur le caractère de besoins et désirs concrets et personnels. Certains articles qui présentent au marché la même valeur d'échange objective et qui lui sont également accessibles par leur prix, peuvent avoir pour Jui, consommateur, une valeur d'usage très diffé rente, Il peut ainsi donner la préférence à un de ces arüicles sur tous les autres, IL fait son choix.

C'est la seconde tendance distinguée par nous qui se manifeste ici du côté du consommateur, tendance à juger la valeur d'échange des produits d’après la valeur d'usage immédiate qu'ils possèdent pour lui. Valeur d'usage égale, valeur d'échange égale, voilà la direction de cette seconde tendance.

D'une part, ce n'est que rationnel, sans doute, du point de vue du consommateur. Lors de notre critique des théories de la valeur qui ont cours actuellement dans la science économique, nous avons vu qu'au marché deux hectolitres de blé, à qualités égales, ne valent pas plus au même moment l’un que l'autre pour le consommateur, même si l’un des deux est produit sur un champ plus fertile ou mieux situé que l’autre et que, par suite, les frais de sa production soient moins élevés.

Semblables au sac de blé qui ne garde pas trace des frais que sa production a coûtés, le fer ou le cuivre ne portent pas en caractères apparents l'indication de la profondeur à laquelle la terre les à fournis. Les caractères intrinsèques des marchandises ne nous disent pas si les frais nécessaires à leur production sont au-dessus ou audessous de la moyenne. C’est là précisément une des raisons pour lesquelles la valeur d'échange et la valeur de production ne sauraient être identifiées purement et simplement.

D'autre part, si les évaluations des consommateurs, exerçant une influence considérable sur l'échange, restent, pour chacun d'eux en particulier, une influence personnelle, il est non moins manileste que ces différentes influences se nivellent au marché, tout comme le font les différentes valeurs de production personnelles attribuées par les divers producteurs à leurs marchandises. Aussi bien que le producteur, le consommateur voit au marché se dresser devant ses yeux une valeur d'échange objective ; cette valeur d'échange objective, il doit la distinguer de ses propres évaluations réglées d’après son usage personnel.

Dans notre analyse de la valeur d'usage, nous avons vu que l’arrière-pensée de la valeur d'échange objective des

THÉORIE DE LA VALEUR RO Vs à

biens peut parfois influer directement mème sur leur valeur d'usage subjective. En ce qui concerne cette dernière forme de valeur, nous avons vu toute espèce d'articles, satisfaisant des besoins et des désirs humains très différents, tendre vers un niveau fixe, celui de leur valeur d'échange objective, ou bien, au cas spécial de la production personnelle, — celui de leur coùt de production.

Par les deux phénomènes que nous venons d'observer successivement, nous devons nous expliquer le fait que, du côté du consommateur, il y a encore lieu de distinguer nettement au marché la valeur d'échange subjective des produits et leur valeur d'échange objective. Cependant, pour le consommateur comme pour le pr oducteur c’est toujours la valeur d’ échange objective ou sociale des produits qui reste la forme générale de la valeur d'échange (x).

Lorsque nous parlerons dans les pages suivantes de la valeur d'échange des marchandises tout simplement, c'est donc la valeur d'échange objective que nous voudrons désigner. Les besoins et désirs purement personnels des vendeurs et acheteurs ne s'expriment en elle qu’en tant que fraction des besoins et désirs généraux. C'est la totalité de ces besoins et désirs qui crée au marché la demande totale et effective d’un

(1) M. Bôüau-Bawerk a caractérisé la valeur d'échange subjective comme il suit : &« La quantité de la valeur d'échange (subjective)... coïncide évidemment avec la quantité de la valeur d’usage des articles de consommation que l’on peut échanger contre le bien en question » (Xapital und Kapitalzins, tome IT, livre II, ch. 1, $ 4, p. 176.) C’est là une conception très répandue dans le monde des économistes officiels. Il est évident, cependant, que généralement la valeur d'échange subjective possédée par un bien x (un hectolitre de blé, par exemple) pour son consommateur lendra à coïneider avee la valeur d'usage de ce mème bien x et non avec celle d’un autre bien y. En outre, la théorie de M. Bühm ne regarde ici que le côté du consommateur apportant au marché sa marchandise-monnaie et ayant en vue sa consommation personnelle directe ou bien productive, Mais elle nég lige le côté du producteur ; la valeur d'échange personnelle que celui-ci attri buera à son produit est déterminée, comme nous l’avons vu, par des facteurs tout autres que la valeur d'usage personnelle des dizaines ou centaines d'articles de consommation qu'il pourrait échanger contre son produit par l’intermédiaire de largent. Ce que la deniton de M. Bôhm appelle ici valeurd'échange subjec live est en réalité tout autre chose pour le producteur : c’est l'usage subjectif de la valeur d'échange objective. Tout bien considéré, la définition que nous discutons se rapporte donc seulement à la valeur d'échange personnelle que possède la marchandise-monnaie dans les mains de l’acheteur.

article quelconque, à laquelle fait face, comme offre, la quantité totale du même article apportée par les producteurs. Pour la détermination quantitative de la valeur d'échange objective, dont nous traiterons dans un chapitre suivant, cette totalité des besoins et désirs généraux des consommateurs joue ainsi un rôle important.

IL ressort de notre analyse que tout ce qui a été dit plus haut sur le caractère subjectif ou objectif de la valeur d'échange est également applicable au prix des marchandises. Du reste, c’est ce qui résulte déjà immédiatement de notre définition même, le prix des marchandises n'étant autre chose, selon cette définition, que l'expression de leur valeur d'échange sous la forme monnaie.

De même que nous avons distingué la valeur d'échange subjective ou personnelle comme une inflexion à la valeur d'échange objective ou sociale, ainsi nous distinguerons de même le prix d'occasion comme une inflexion au prix de marché général.

On rencontre le prix d'occasion dans chaque commerce et dans chaque industrie. On propose, par exemple, des prix d'occasion dans nos bazars et grands magasins modernes pour certains Ç articles de réclame », destinés à attirer le public. Les propriétaires de ces établissements n'hésitent pas à les vendre au-dessous de leur prix de marché, parce que cette perte sera réparée par la vente des autres articles. Dans nos grandes entreprises commerciales où industrielles, l’important pour les entrepreneurs est de se débarrasser des grandes masses de leurs produits à un prix qui leur permette de réaliser un certain profit total ; l'essentiel est que ce profit total atteigne au-dessus du prix de revient total un chiffre propor tionné au capital, qu'il égale du moins le profit moyen usuel dans la branche d'industrie ou de commerce en question.

Il est, dans certaines circonstances, difficile de décider si un pric doit être considéré comme prix d'occasion, ou s'il ne fait que refléter exactement les oscillations que subit le prix de marché selon les variations de l'offre et de la demande et s’il est ainsi l'expression fidèle du prix de marché. Dans la réalité,

il nous est souvent impossible de désigner nettement le point où le prix de marché général cesse et où commence le prix d'occasion. Naturellement, les difficultés que nous rencontrons sur ce point augmentent encore avec la différence de caractère des marchés eux-mêmes.

Le prix de marché général d'une marchandise en un certain lieu est le prix de cette marchandise au centre de transactions dont ce lieu dépend en dernier ressort pour cette marchandise en particulier. Ce centre de transactions est, d'une façon générale, le point où les acheteurs se rencontrent directement avec les producteurs ou leurs représentants immédiats, de sorte que la marchandise est fournie sans l'intervention d'intermédiaires (de première main).

Le centre de transactions peut différer avec la marchandise et avec le lieu. Pour le lait, les œufs, les légumes, chaque bourg de France peut être considéré comme un centre de transactions de cet ordre. Pour le café, un centre comme le Havre fait sentir son influence sur tout un pays. Pour l'or, le monde entier dépend du marché de Londres. Pour des marchandises de même espèce un centre de transactions peut souvent influer sur un autre.

En ce qui concerne le prix de marché nous devons souvent distinguer le prix de marché spécial du prix de marché général el régulateur dans une sphère déterminée de production et de consommation : dans le premier cas les marchandises sont, comme on dit, de deuxième, de troisième main. Les deux prix que nous avons distingués dépendent au marché, sous le régime de la libre concurrence, des mêmes principes généraux que nous aurons à examiner de plus près dans le chapitre suivant.

Le commerçant qui fait ses provisions le matin aux Halles centrales de Paris reçoit, peut-on dire, ses marchandises de première main. Le prix qui s'impose à lui au marché pour les diverses denrées est le prix de marché général el régulaleur. La fixation de ce prix, comme nous le verrons, se fait sous la double action de la valeur de production et de la valeur d'usage de chaque marchandise, la dernière valeur

s'exprimant chaque fois dans le rapport de la demande totale et effective à l'offre totale (1).

Lorsque notre commerçant va ensuite avec sa provision à son petit marché, dans un quartier populaire de la capitale ou dans la banlieue, lorsqu'il étale ses denrées dans une boutique quelconque, ce prix de marché général el régulateur reste toujours la base des prix de marché spéciaux qui peuvent se constituer ici.

IHn’y a, semble-t-il à première vue, qu'à ajouter au prix de marché général et régulateur les frais dépensés pour le nouveau transport et le profit moyen du marchand de « demigros » ou de détail pour trouver le prix de marché spécial ; il peut, cependant, se présenter à ce dernier marché tout autres rapports de l'offre et de la demande qu’au premier ; en effet, il s’agit ici d’un cercle restreint par opposition à la zone plus vaste sur laquelle le centre de transactions exerce ses influences complexes.

IL est vrai que les vendeurs s'entendront d'ordinaire dans ce cercle restreint sur les prix qu'ils proposeront, — c'est aussi le cas, du reste, au premier marché, — mais cela laisse notre distinction intacte, Au marché central, comme au marché secondaire, peuvent ensuile se présenter des priæ d'occasion ; partout où ces prix d'occasion peuvent s'établir temporairement comme prix de marché, nous les traiterons dans notre étude spéciale comme prix de marché 6ecasionnels.

L'esquisse que nous venons de donner se rattache en général à la fixation des prix de tous les articles d'usage journalier en tant, du moins, qu'ils sont régis par la Hbre concurrence des vendeurs et des acheteurs. L’entrepreneur du : :\

(1) I est donc tout naturel que le prix régulateur général du marché soit pour nous fout autre chose que par exemple pour l’école marxiste, qui le confond avec le coût de production ; celui-ci est pour elle le coût du marché ou le prix moyen du marché. Cette notion concorde avec ce que nous avons appelé valeur de production sociale. (Voir Karz Manx, Das Kapital, tome IF, deuxième partie, ch. xxxvur, trad, franc., p. 222. Cf. le Lexte original : «Es ist überhaupt in der Gestalt des Marktpreises und weiler in der Gestalt des regulirenden Marktpreises oder Markt-Produktionspreises, dass sich die Natur des Werths der Waaren darstellt, u. s. w. »....… loc. cit., S. r86).

grand bazar d'articles de ménage, les marchands en gros de blés, combustibles, matériaux de construction, etc., s’'approvisionnenñt chez les producteurs innmédiats au marché national sinon international ; les petits commerçants et marchands en détail portent ensuite toutes ces marchandises, à des prix de marché spéciaux, jusqu'aux plus petits hameaux et dans les mains des consommateurs directs. Aux marchés des deux catégories peuvent se présenter, à côté des prix de marché, des prix d'occasion et ces derniers peuvent devenir, dans certaines conditions, des prix de marché occasionnels.

La valeur d'échange est la formé de valeur caractéristique d'une période de civilisation humaine dans laquelle la société se base sur la propriété privée et sur l'échange immédiat de produits et de services entre les membres de la société agissant personnellement. C'est donc une forme de valeur liée à une forme déterminée de société. Sous toute forme de société les richesses présentent nécessairement une certaine valeur d'usage, précisément puisque cette valeur s'exprime immédiatement dans la consommation de ces richesses par l'homme : elles présentent de même toujours une certainé valeur de production en tant que leur acquisition nécessite un coùt quelconque, amenant l’hommé à attribuer par suite aux richesses une « valeur » proportionnelle. La valeur d'échange, au contraire, s'attache seulement à une phase particulière de la civilisation pendant laquelle producteurs et consommateurs se rencontrent au marché comme vendeurs et acheteurs d'articles de consommation.

Les tribus vivant à l’état de communisme primitif ne connaissent pas cette dernière forme de valeur ; le monde antique, basé sur le travail d’esclaves, ne l’a pas connu davantage, en tant du moins qu'il produisait, lui aussi, pour le propre usage des membres de chaque cercle patriarcal. Lorsque, dans ces siècles de civilisation, les groupes productifs échangeaient accidentellement entre eux une certaine quantité de leurs produits, la valeur d'échange, néanmoins, ne prenait jamais cette forme nette et spéciale qu'elle a obtenue, avec la société

moderne, dans le prix de marché. Nous avons vu, au contraire, que dans la société ancienne etles tribus communistes les transactions éventuelles entre individus ou groupes d'individus devaient être comprises plutôt comme des échanges primitifs de valeurs d’usages immédiates.

Dans la société socialiste-communiste, telle que nous la fait entrevoir la critique de la société capitaliste moderne, on ne saurait parler davantage d’une valeur d'échange des richesses, si la production pour le propre usage des groupes, — villages, villes, nations, — devait y remplacer la production pour le marché. Avec l'échange même, la valeur d'échange aurait cessé d'exister. Dans une société communiste, x kilos de fonte de fer seraient considérés comme équivalents à y balles de coton ou z hectolitres de blés, lorsque la quantité æ du premier article de consommation pourrait être produite avec le même coût de capital (travail antérieur) et de travail immédiat que les quantités y ou z des autres articles. Naturellement, la valeur d'usage particulière des différents articles conserverait toujours son influence par rapport à l'appui spécial que certains agents naturels peuvent accorder à l’homme dans la production et par rapport aussi à la rareté momentanée ou durable des richesses, D'ordinaire, toutes ces influences se font sentir immédiatement sur le coût nécessaire à la production des richesses. Lorsqu’avec la même dépense en capital et en travail, on produirait, dans une société communiste, des quantités différentes de minerai de fer ou de blé, ou des vins de qualités différentes selon l’aide plus ou moins efficace des agents naturels et le plus ou moins de rareté des matériaux nécessaires, cette différence en quantité ou en qualité des richesses produites s’exprimerait par la possession d'une valeur d'usage plus ou moins grande. Mais l’action des valeurs de production et d'usage ne donnerait pas lieu, dans une société communiste, à la constitution d’une nouvelle et troisième forme de valeur bien séparée des autres. En ce qui concerne la très grande partie des produits d'usage journalier, la valeur de production représenterait la forme générale de la valeur.

Pour notre recherche sur la nature de la valeur d'échange, il y a intérêt à faire remarquer ici que la simple substitution

des groupes ou des communes aux acheteurs et vendeurs individuels n'entraine pas nécessairement la disparition de la valeur d'échange comme forme spéciale de valeur. Cette valeur, au contraire, continue à exister, tant que les richesses se présentent à nous avec leur caractère de marchandises.

Une commune qui entreprendrait l'achat et la consommalion communistes de son blé, de son pain et de sa farine prendrait assurément ne mesure comparable, jusqu'à un certain point, à la construction, au compte commun, d’une conduite d’eau fournissant de l’eau potable ; ou à la fondation, à frais communs, d’un jardin public, d'un musée ; ou enfin au pavage des rues et à la construction des ponts et d'égouts, — travaux qui présentent tous un caractère plus ou moins COM-— muniste. Mais nous devons reconnaitre qu'il y a, à ce sujet, une différence carastéristique due à la circonstance que la consommation du blé, du pain, de la farine n'est pas enfermée, par la nature de ces articles, dans un cercle local bien déterminé. L'eau potable qu'une conduite d’eau fournit à quelques milliers d'habitants à la fois, possède pour ces consommateurs, à côté de sa haute valeur d'usage, une certaine valeur de production que nous connaissons par notre étude antérieure ; l'eau, pourtant, ne possède pas généralement de valeur d'échange. Tel n'est pas le cas pour le blé, le pain et la farine, achetés et consommés en commun par la population d’une commune. Le système communiste, comme nous l'avons montré plus haut, pourrait introduire à ce sujet des économies essentielles ; il pourrait de même prévenir la falsification de ces denrées de première nécessité ; mais, en définitive, la commune, tout comme le consommateur particulier de notre époque, aurait à acheter le blé au marché ; dans le cas où la commune serait producteur de blé, elle aurait de même à vendre au marchéle surplus de sa production. Evidemment, il en serait ainsi jusqu'à l’époque où un nombre suffisant d’autres communes auraient réglé, selon le mode communiste, la production et la consommation de leur blé, nationalement ou même internationalement. La production ou la consommation en commun du blé, du ‘pain et de la farine, introduites dans une seule commune ou dans quelques communes

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seulement, n'empêcheraient donc pas les articles en question de conserver, à côté des valeurs de production et d'usage, leur : & propre valeur d'échange et, par suite, leur prix de marché parti-2 culier.Le blé, le pain et la farine ne seraient pas soustraits, par une telle mesure, à la sphère des rapports d'échange et aux 4 spéculations capitalistes. 1: avantage matériel immédiat dont À jouiratent les groupes qui auraient pris cette mesure, consiste rait dans l’économie du travail des intermédiaires, c'est-àdire dans la dispari ition de la différence entre le prix de marehé ÿ général et le prix de marché spécial et local.

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