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XII PRÉFACE

Du marché des marchandises Marx exclut la concurrence et toutes les conditions qui précisément font le marché (1) ; il nous pose une valeur abstraite à la place de la valeur d'échange que les denrées montrent posséder en réalité. Il juge que la valeur d'échange des denrées consiste dans le travail « socialement nécessaire » à leur production (ou reproduction) et qu'elle est mesurée par la durée de celui-ci (2). C'est d'après cette valeur de travail que les marchandises s’'échangent comme « équivalentes » au marché métaphysique inventé par Marx. Il est vrai que des marchandises peuvent être vendues à des prix qui s’écartent de cette valeur, mais, dit Marx, « cet écart apparaît comme une infraction de la loi de l'échange » {3). Dans la détermination de cette valeur, du reste, Marx n'agit pas autrement que son maitre Ricardo ; celui-ci, en effet, ne s'occupe jamais de l'étude de la valeur d'échange réellement existante et continuellement variable des denrées, valeur qu'il désigne par le nom de « prix courant », mais de la détermination de ce qu'il appelle, par opposition à la première, « le prix naturel » des denrées (4).

La théorie de la valeur exposée et élaborée par Karl Marx d'après l’école classique de Smith-Ricardo, comme toute la théorie de la plus-value qui repose sur elle, et comme l'expli-

(x) « Si nous en avons agi ainsi, c’est parce que le mouvement effectif de la concurrence ne rentre pas dans le cadre de notre étude, qui n’a pour but que d'analyser l’organisation interne de la production capitaliste, pour ainsi dire dans sa moyenne idéale. » (Karr Manx, Das Kapital, tome II, deuxième partie, ch. xzvur, trad, fr., Paris 1902, p. 432).

(2) Voir Karr Manx, Das Kapilal, tome 1, ch. 1, trad. fr. de M. J. RO p.419 ,:COLiar:

(3) Karr Manx, loc. cil., trad. franç., p. 67, col. 2.

(k) Ricardo finit par aboutir à la conséquence suivante : « En parlant donc de la valeur échangeable des choses, ou du pouvoir qu’elles ont d’en acheter d’autres, j'entends toujours parler de cette faculté qui constitue leur prix naturel, toutes les fois qu’elle n'est point dérangée par quelque cause momentanée ou accidentelle. » Davin Ricarnno, Principles of Political Economy and Taæalion, chap. 1v, trad, franç., de MM, Constancio et Ale, Fonteyraud, éd. Paris, 1882, p. 58,

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