‹ Théorie de la valeurChapitre 6 sur 61 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

cation qu'il donne du salaire, du profit du capitaliste, de l'intérêt et de la rente foncière, etc., nous paraissent, dès le premier coup d'œil, être devenues dans ses mains une théorie d'abstractions métaphysiques, clairement contredite ça et 1 par les rapports sociaux réels ; c'est si net qu'à la fin, dans le troisième volume de son Capital, Marx oppose lui-même à sa vieille théorie de la valeur de travail une théorie de l'échange, selon laquelle les denrées ne se vendent pas au marché moderne relativement au travail socialement indispensable à leur production ou reproduction, mais selon leurs priæ de production, consistant dans leurs frais de confection, plus une quote-part de profit moyenne et proportionnelle pour le fabricant.

Cependant, pour nous borner à la théorie de la valeur dont l'exposition remplit le premier tome de cet ouvrage, est-ce qu'il en est autrement de la théorie ulililare de nos jours, cette doctrine moderne de la science économique qui cherche dans des motifs subjectifs et psychologiques les lois des phénomènes économiques } Dans l'exposition de ces motifs psychologiques ses représentants sont tombés dans des abstractons menant nécessairement à des conclusions aussi fausses et aussi opposées à la vie réelle que les conclusions les plus abstraites de l’école de Ricardo-Marx. Aussi bien que l’école marxiste par exemple, ces autres économistes nous conduisent à un marché chimérique, où acheteurs et vendeurs viennent échanger leurs marchandises relativement à lutilite limilative (le « Grenznutzen » de M. Bôühm-Bawerk) qu'ils attribuent, chacun d’eux, à leurs denrées. Naturellement, ces denrées mêmes sont encore des denrées métaphysiques, montrant toutes, comme nous le verrons, les mêmes qualités intrinsèques : Pour ceux qui se présententen acheteurs à ce marché, tout cheval, par exemple, est « un cheval », une livre de tout bœuf est « une livre de bœuf » et rien de plus.

C'est bien naturel du reste. Comment serait-il possible autrement à nos économistes ulilitarisles de nous exposer leur

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