‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 10 sur 39 · DES RICHESSES · texte numérisé non relu

DES RICHESSES

Nous avons considéré jusiju’à présent la valeur des richesses sous sa forme subjective ; celle-ci n’est pas la seule, pourtant, qui puisse s’offrir à notre analyse.

En entrant dans un magasin ou dans un marché quelconque, nous y trouverons ordinairement les articles de consommation accompagnés d(^à de leurs prix. Ces prix ne sont pas arbitrairement attachés aux marchandises, mais ils se basent sur une forme de valeur spéciale de ces marchandises ; aussi nous paraissent-ils au premier coup d’œil avoir été fixés d’avance indépendamment de l’acheteur.

C’est du moins le caractère qu'ils prennent aux yeux de l’individu isolé. 11 est vrai que nous aurions tout de suite une autre conception de ce qui se passe en réalité dans les magasins et sur les marchés si nous pouvions nous présenter non pas en qualité de consommateur isolé, mais comme repré-

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THÉOUIF. DE FA VVLEUU

srntant la collccliviti* des consommateurs. Mais meme dans le cas, où Télément suljjcctif peut se laire valoir, du coté des consommateurs, avec le plus de force, il est e^ldent, pouitant, qu’il existe une valeur objective des denrees, objective lelati-

vement à nous, consommateurs.

Les besoins et les désirs de chacun de nous comme consommalours, Inlluonl sans doute sur cette dernière valeur et nous reclierclierons encore iustju a cpiel jioint celte inlluencc pourra se faire valoir, mais cette valeur, malgré les modifications qu’elle peut subir, reste pour nous une valeur objective des richesses.

Dans les magasins ouïes marchés ([ue nous venons de visiter les prix des dilTércnls articles y étaient attachés par d’autres individus, d’autres gens que nous, consommateurs.d’aprés des principes que nous étudierons plus tard. Bien (pie C(*s prix, <'t la valeur qui leur sert de base, prennent pour nous un caractère obji'clif, il est sur, neanmoins, que des rappoits subjectifs avec d’autres gens que nous n’y sont pas étrangers : des rapports avec des personnes qui étaient entrées avant nous en relation avec ces articles comme leurs producteurs ou leurs vendeurs. De ce cote-la 1 élément subjectil aura encore sa place, bien cju’en delimtive la valeur des iicbessi's, telle, qu’elle se manifeste au marché, montre toujours vis-a-vis des producteurs comme des consommateurs un caractère objectil fort prononcé.

En langage ])bilosopbi(pie, cela peut s exprimer ainsi : Toute valeur est un rapport subjectif entre un homme ou une ('ollectivité d’hommes et un article de consommation. Mais les richesses sont en rapport continuel non pas avec un seul sujet, mais avec des milliers ou meme des millions de sujets, soit dans la sphère de la production, soit dans c('lle de la consommation ; même dans chacune de ces sphères, le rapport subjectif entre chaque article spécial de consommation et chaque personne en particulier doit être inlluencé par tout rapport parallèle, et il s’établit ainsi entre ces deux relations un nouveau rapport, ayant un caractère objectif. Au point de vue des consommateurs, les rapports subjectifs avaient toujours deux termes : 1 individu, cl une

THÉOUIE UE LA VALECU

part, avec ses besoins et ses désirs; 1 objet <*value, d autie riart, avec ses propriétés. Au point de vue des producteurs, un rapport analogue s’établit entre le coût de leur production et l’objet produit. Sans décider encore de cpiollc espece seront les rapports en présence, nous pouvons dire des maintenant que le nouveau rapport objectif mettra en relation deux ou plusieurs de ces rapports subjectifs dont nous venons de

niarcjucr \e caractère.

Dès que la valeur des marchandises se présente a nous comme valeur objective, nous pouvons remarquer le phénomène suivant : c'est seulement à un moment donné cl en un lieu spécial que sont vérilablemciil constants les prix de tous les articles qui, au premier coup d’œil, nous paraissaient lixes d’avance. Les valeurs servant de base aux prix de marche, lorstpr’on y regarde de près, sont tout aussi sujettes a des cbangements continuels, quoique valeurs objectives, que les valeurs subjectives elles-mêmes. Nous avons 1 intention d examiner à la fois et la grandeur de la valeur objective et ses variations, en analysant pour cela la nature de la valeur objective des richesses. C’est le but cpie nous allons poursuivre jusqu’à la lin du premier tome de notre ouvrage.

Quant aux variations continuelles de la valeur objective, elle's ne pourront être intelligibles, en définitive, qu’apres ipie nous aurons examiné de près, dans les chapitres sur la valeur d’échange, les causes fondamentales des oscillations du inarcbé. Nous verrous clairement alors que les facteurs agissant ici sont en partie les mêmes que ceux dont nous avons déjà étudié l’inlluence sur la valeur subjective des richesses.

En premier lieu, nous aurons à examiner les bases de la valeur objective. Ces bases connues exprii[uent lacilement les variations que la valeur subit pour les richesses de dille-

roules espèces.

Pour élucider le sens que nous altacbons à notre examen

nous aurons recours à une comparaison :

La liauleur du baromètre et la série continuelle de ses élévations et abaissements, nous indiquent la pression de l’atmosphère ; de même les prix du inarclié nous indiquent la pression de la valeur objective des diverses denrées.

Les oscillations du mercure, cependant, ne nous expriment que les variations dans la pression atmosphérique, mais elles ne sauraient nous expliquer la nature de cette pression. Nous n’apprenons rien à ce sujet par le simple fait que le niveau du mercure tombe de 78 à 76 centimètres; ces oscillations ne sauraient donc nous apprendre pourquoi, à un moment donné, c’est-à-dire sous une pression déterminée de l’atmosphère, le niveau du mercure s arrête à cette hauteur de 7G centimètres et non pas au-dessus ou au-dessous. Pour apprendre la cause de ce dernier phénomène nous devons recourir a la théorie de l’équiHhre, ce qui nous permet de faii'e abstraction, pour un moment, des oscillations du mercure,

La théorie de l’équilibre nous renvoie à la recherche de la pesanteur spécifique du mercure que nous avons à comparer à celle de Pair ; c’est ainsi que nous aboutissons à comprendre comment, à un moment donné, une colonne de mercure d’une hauteur de 7(5 centimètres fait équilibre à une colonne d’air ayant la même base que le mercure du haromètre et dont la hauteur se perd avec l’atmosphère dans rUnivers.

Nous aurons à suivre une marche semblable en entreprenant la théorie de la valeur objective. En voyant au marché des denrées déclarées équivalentes, — un mètre de drap à wi kilogramme de beurre, à un décagramme d'argent, oie,, — nous avons à rechercher de même la pesanteur spècifuiue èconomitjue ou, pour mieux nous exprimer, la valeur sjtécijîgue des denrées, draps, beurre, argent, etc.

Par l’examen de la nature et des origines de cette valeur spécifique nous pourrons ensuite nous expliquer la nature et les causes des variations auxquelles elle est sujette.

Cette recherche, cependant, est tout autre que celle de la pesanteur spécifique des corps à laijuelle est renvoyé le physicien. Par tout ce que nous avons déjà appris de la valeur des richesses, nous savons que l’examen de sa nature est essentiellement difficile à cause de sa complexité. Cela tient à ce que, dans chaque expression de la valeur d’une chose par une autre chose, nous avons affaire non seulement à un rapport

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de deux choses entre elles, mais aussi à un rapport de toutes deux avec l’homme. Nous verrons même à propos de la valeur d’échange que, dans ce dernier rapport, 1 homme peut être pris et comme consommateur et comme producteur.

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