CHAPITRE H
CUITIQUE DES TUÉOHIES MODEUXES SUR DES lUSES DE IA VALEUR OlUECTIVE
La Théorie ( iiliiaire.
La science économique moderne, comme nous Pavons exposé dans un chapitre précédent, connaît deux solutions du problème de la valeur ; nous les avons dislini>;uées sous le nom de solutions ohjectlvisle et subjecliviste. La critique de ces deux théories nous permollra de réunir les matériaux les plus précieux pour découvrir les bases réelles de la valeur objective des richesses, et nous mettra à même d’abréger nos propres conclusions.
Nous choisirons pour notre criticpie les meilleurs représentants des deux doctrines : pour la ihéorie uliliiaire auteurs des écoles anglaise et autrichienne; pour la théorie du travail, Rodhertns et karl Marx et nous lerons remarquer, pour cette deuxième théorie, que c’est spécialement dans les œuvres de Marx que la théorie de la valeur-de-travail de Pécole classique de Smilh-Ricardo a atteint son plein développement.
La Ihéorie utilitaire moderne considère,'^ nous Pavons vu, la valeur objective des biens comme se réalisant par un] jeu compliqué d’évaluations suhj(»ctives.
Elle ne prête pas assez d’attention a cette marque essentiellement caraclérisPique pourtant de la production et de la
dislrihuliou dans noire société capitaliste, a sa^oi^ que les denrées y sont généralement proihnles pour le marche et que les biens n’ont pas ordinairement une valeur d’usage pour leurs producteurs. C’est pourquoi, aussi bien dans l’école autriebiennede Menger-Bobm que clans l’école anglaise de Stanley .levons on l’école française de Léon alras, tous les iitililarisles font de la production et de récbange dans la société actuelle un tableau en grande partie imaginmre et faux, en contradiction formelle avec la vie réelle. Ces économistes veulent nous faire croire qu’au marebé moderne il se rQiiconlre une légion d’bommes cpii tous ont arreté dans leur esprit une iililité Uinilatire ( le Grenznutzen de M. Bobin- Hawerk) relative aux marchandises qu’ils portent eux-mèmes au mârclié, et à celles qu’ils désirent se procurer en échange.
L’échange même, supposent-ils, sera rendu éconcimiqucment possible, quand deux personnes dillérentes évaluent leurs marchandises autrement et dans un sens inverse, comme ils disent (i).
Dans l’échange isolé, comme nous l’explique M. Bohm- Bawerk (que nous suivrons ici de préférence) le prix se fixe dans un espace dont les limites sont indi([uées eu haut par l’évaluation subjective de la marchandise du cote de 1 acheteur, en dessous par son évaluation du côte du vendeur.
Lors([uc plusieurs aspirants acquéreurs se trouvent au marebé en face d’un seul vendeur, le lauschfàhujsle Bewei bei ,
(i) « 11 rt-sulle de ccei une règle iniporl.inle : lëch.ingo n’est éeononiiquDincnl |x»ssible f|u’cnlre des jHU’sonnes qui évaluent la inareliamiise et la marelïaiulise numéraire aulrcment et incine en sens opposé. » (Boiim-IVvu khk, Kapiial und Kapilatzins^ tome 11, livre III, eliap. ii, S i, p. 20^1).
« Comment déterminerons-nous à quel point I éehauf^e cessera dt.tre piolllalile ? Celle question doit comprendre néressairement et le tau\ de 1 ecliangc et les degrés d’ulililc. Supposons, iioiir un moment, que le taïix d’échange soit approximativement dix livres de ble |K>ur une livre de Ixeuf . si pour le corps des conunerçanls possédant tlu ble, dix livres de blé sont moins utiles qti’une livre de bieuf, ce corps désirera |H)ui-uivre I écliangc. Lor.'^que l’autre eorps ptmsédanl du Uvut juge une livre de viande moins utile que dix livres de blé. ce corps désirera de même eontiimm* l’echanga' Celuici continuera donc jusqu’à ce que chaque partie ait obtenu tout le benence possible, et qu'une perte d’utilité résulterait d’une prolongation des oix-rations. » (\V. Sr.vNLEï Jevons, The Theorv of Political heonomy, cbap. iv,
p. tj5-96.)
c’csl-:i-dire le concurrent qui fait les ollres les plus avantageuses, évaluant au plus haut prix la marchandise désirée par rapport à la marchandise numéraire, restera aciieteur ; et le prix oscillera entre 1 evalualion de racheteur comme maximum et celle de la personne qui, après lui, avait lait les ollres les plus avantageuses, comme minimum, — abstraction faite encore d’une autre limite minima qui resuite constamment de l’évaluation de la marchandise de la part du vendeur.
Va\ cas de concurrence unilatérale des vendeurs, là où dill’érenls aspirants-vendeurs ne rencontrent au marché qu’un seul acheteur, le phénomème contraire se présente, landis que tout à l’heure les limites étaient restreintes vers le haut, elles se restreignent ici vers le bas.
En cas de concuj rence bilatérale de vendeurs et d acheteurs, enfin, le prix courant des marchandises est limité et déterminé par les évaluations subjectives des deux paires-luniies (^Grenzpaare) qui se forment avec la réserve que la limite la plus étroite est toujours de rigueur (i).
(1) Voir HoiiM-BwVEnk, loe. cil,, p. 307-218. Quant au dernier cas ik)Sc‘, la délerminalion du prix courant on cas de concurrence hilalérale des ac lieleurs et des vendeurs, M. Rohm nous met sous les yeux le schème suivant ; 11 sup|M)sc (juhine dizaine d’aspirants-acheleurs, évaluant « un ehewil » a une valeur variant eiilrc 3oo Üorins et loo llorins, rencontrent au marche aux chevaux une huitaine d’aspirants-vendeurs, évaluant de même leurs animaux à différentes valeurs variant de 100 à 2O0 llorîns.
Pour la commodité du lecteur nous indiquons dans ce schème la paire-limite dont les évaluations forment les limites intérieures par le signe <le — , celle dont les évaluations indiquent les limites extérieures par celui de +.
Personnes disposées d Vachai
ilorins
A| évalue un cheval.,.. = 3oo
Afi
— 1 So
Ai,
IJIUA
THÉORIE DE LA VALEUR 9Q
Enirc les limites que donne l’analyse précéficnte, le prix réel se fixe en raison do l’habilelé personnelle, de la Icnacité et de la force persuasive des vendeurs et des acheteurs.
Du commencement jusqu’à la fin, toute cette exposition des transactions d’échange entre les hommes rappelle les conditions précapîtalistes de production, alors que les hommes produisaient pour leur propre usage en n’apportant au marché que les seules denrées qu’ils avaient en plus de leurs propres hesoliis et auxquelles ils attribuaient donc une moindre iiiilite Uinilaiioe qu’aux quantités consommées par euxmémos (i). Toute cette conception de la production et de la disfrihniion des biens contraste essentiellement avec les principes fondamentaux de la vie sociale moderne. L’ouvrier salarié de nos jours, travaillant au métier à tapisserie, polissant des diamants, ou servant le marteau-pilon à vapeur, ne saurait être considéré comme possédant une surabondance des marchandises qu’il produit et y attachant par conséquent une moindre utilité limitative.
Cette théorie., qui n’a pas d’application possible pour les producteurs immédiats dans notre vie sociale, j)our les ouvriers salariés modernes, est également fausse par rapport aux modernes entrepreneurs capitalistes.
Personnes disposées d la vente
alue son
cheval .
Ilorins
Bt
IA
Bg
(i) « Chaque producteur, ne produisant que quelques articles peu nom* hrenx mais surpassant fortement, en quantité, scs hesoitls personnels, a donc surabondance de ses propres produits, tandis qu’il inanqne de tous les autres; il attribuera donc une moindre valeur subjective à ses propres produits et une valeur relativement haute aux protluits étrangers,,. » elc.f BuiiM-BAWtHK, /oc. a'LjJp. 2o5.)
L'idée même que l’actionnaire d’une compagnie de chemins de fer, les propriétaires d’un alelier de diamantaires, d’un atelier de lissage ou d’une fond(*ric sont des personnes qui, eventuellement, produisent plus de marchandises que ne l’exigent leurs propres besoins, — de sorte que ViUilité litnilaiive de leurs produits se trouvant diminuée, ils désirent les porter au marché, — cette idée est bien naïve.
L’entrepreneur moderne peut, avec autant d exactitude que possible, tenir les livres de ses recettes et dépenses, mais Tu/iliié Umiiative que pourraient avoir, pour sa personne et relativement à ses propres besoins, les articles qu’il produit est une chose qui, communément, lui est parfaitement indilTérentc. 11 pourrait être un moderne roi des porcs américains et cependant ne pas bien porter son jambon, comme on Ta dit de M. John Jones à Chicago ; il pourrait être abolitionniste et ce que les Anglais appellent ieeiolaler tout en s’occtipant d’empoisonner scs concitoyens avec l’absinthe et le genièvre. La tempérance du grand dislillateur, M. Lucas Bols, à Amsterdam, est, par exemple, proverbiale.
Ce n’est que par une méconnaissance des bases de notre vie sociale actuelle (pie les représentants de la lliéorie utilitaire ont pu être amenés a nous exposer les transactions entre consommateurs et producteurs de la manière qu’ils l’ont lait.
Le producteur tenant (‘ompte dé rutilité des juarchandises qu’il porte au niarcbé ne s’occupe généralement, dans la société actuelle, ([ue de rutilité qu’elles auront pour d’autres {|ue lui, pour les consommateurs (ju’il espère trouver. Il doit bien compter avec rutilité ])uis(pril y osi obligé par les consommateurs eux-mêmes. Mais il ne connaît cette utilité ([u’en grand et en général et pas, ordinairement, ])Our chaque consommateur en particulier ; aussi la juge-l-il d’après les résultats finaux, le débit qu’ont ses marchandises, plulotipic d’après des calculs et évaluations préétabli(*s. Kn tout cas, il est évident (pie cette utilité dans la consommation ne saurait lui servir de base pour déterminer la valeur (pi’il attache à ses marchandises en tant (pic producteur, bien qu’elle puisse influer sur la grandeur de cette valeur.
THEORIE DE LA VALEUR lOT
Etant convaincu de l’utililé générale qu’auront ses marchandises pour Tusage humain, le producteur n’a plus à sc préoccuper de ce ([ue les acheteurs-consommateurs voudront en faire. Le marchand de chevaux, par exemple, s’occupe fort peu de savoir si le client emploiera un cheval nouvellement acheté pour le lourd travail agricole ou industriel, ou bien si l’animal, en qualité de « cheval de ri'giment », végétera dans l’inaction derrière un rêtelicr de caserne.
Du C(jté du producteur la théorie de YiitUité Umiiative manque donc en général son cITct ; elle n’atteint pas le but pour leipicl on Ta dcWeloppée. Lorsque, malgré toute sa théorie utilitaire, M. Bohm prête enfin attention à cette « particularité reinanpiable » (pie la phq^art des ventes sc font de nos jours par des u producteurs de métier et des commerçants », il doit naturellement reconnaître (jue pour ces pcrsonnes-là la valeur d’usage subjective sc fixe (( le plus souvent tout près de zéro ».
Par cette découverte. M. B()hm sc distingue cssontiolleinent de la plupart des lUiliiarisies, vraiment aveugles sur ce point. Au lieu ('('pendant d’être entraîné par la à revoir sérieusement toute sa théorie de la valeur objective, comme basée sur un jeu de pures évaluations personnelles, il n’en tire que cette cons(kpience singulière ; dans les cas admis plus haut, <( les prix sont limités et fixés réellement par les seules évaluations du cillé des acheteurs (i)». Ce seraient donc ici les acheteurs (pii font tout seuls les prix, les producteurs-vendeurs n’auraient ([u’à se taire et à attendre.
En outre, regardons un peu la description purement abstraite et fausse que cette tlu'orie de l’échange nous donne des rapports de marché et de la nature des marchandises. Nous en avons déjà parlé en passant ; maintenant, nous examinerons d’un peu plus près celte exposition en commençant parce (pii concerne le vendeur.
Pour que le train des affaires soit régulier au marché, M. B<)hm pose les restrictions suivantes :
(( Comme complément nécessaire de notre exposé de la
(i) Bohm-IL\werk, /oc. c/L, cliap. II, S H# p- sSa.
102 THÉOUTE DE EA VALEUR
situation, il faut ajouter que tous les eoneurrents doivent paraître simultanément au même marché, (jue tous les chevaux soient de la même qualité et que, enfin, ceux cjui viennent au marché pour faire des échanges, ne se trompent pas sur la situation reelle du marche, ce cpii pounait les empêcher de suivre essentiellement leurs intérêts égoïstes (i).n Ce marché philosophviue nous montrant des chevaux purement métaphvsic[ues ne saurait nous donner une représentation exacte de ce qui se passe au marche aux chevaux réel.
11 serait par trop absurde, assurément, de supposer que deux marchands de chevaux, — B, et B„, — évalueront leurs chevaux successivement. B, le sien a loo florins, B,, le sien à 2G0 Ilorins, si les deux chevaux sont de la même fjmlilé et si les marchands ont à faire abstraction de toutes les particularités individuelles qui distinguent chacun des deux animaux, — comme cela doit se produire au marché de M. Bühm. La supposition faite ici parait encore plus irrationnelle quand on ajoute qu'il s’agit de marchands modernes achetant et vendant leurs animaux sans que l’on puisse parler pour cela de la satisfaction de leurs propres besoins, ni des services cpie pourraient leur rendre les chevaux.
En outre, que faut-il entendre par les mots même <pialUê (pi’emploie railleur P C’est une expression qui semble vide de sens dans son exposé ; d’ailleurs tout ici est irréel ; les éva-
(0 Voir Bôbm-Bvwebk, loc. cil., chap. II, S L P- 211-21Î. Cf. également notre chapitre sur la valeur d’us;>ge, note à la page .Vj. Nous faisons remarquer en passant que la série îles restrictions ne se borne pas ici a celles quoM. Bohin nous a indiquées lui-mème. En effet, pour que le marché aux chevaux nus en scène par M. Bühm suive son cours régulier, il faut admettre encore tacitement bien d’alitres conditions. Pour que les deux parties, — A, A,-, d’un côté B. B; de l’autre, — échangent docilement dans les limites que leur pose la théorie de M. Bôhm, il faut encore supposer, par exemple: 1“ que B|-, B- ou Bj ne soient pas contraints par manque d’argent de vendre 1 eurs chevaux' à tout prix ou du moins très mi-dessous du prix nu ils leur attribuent eux-mônies, comme cela arrive parfois parmi les vendeurs dans notre société actuelle: a" que, d’autre part, certaines des personnes venues pour vendre leur cheval, ne croient ps, par hasaril, .avoir la imssibilite de faire la vente, dans une époque peu éloignée, au-dessus du prix jiose par eux-mêmes, circonstance dans laquelle ils n’auraient qu a compter leur journée perdue aux frais de vente. Et ainsi de suite.
-471-Sv- ,1 f-». .-
TnEORlE DE LA VALEUR
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luations que font tous ces inarcliands sont on l’air. U semble cependant que ce qu’il y a d’essentiel dans une théorie de la valeur objective des richesses est la connaissance des particularités cpii sont ici tellement arbitraires.
lîfj évalue son cheval 360 Ilorins, soit. Mais poimpioi pas à sfio kreutzer, ou bien h 360 centimes, pourrail*on demander ? Ou, d’autre part, pourquoi pas à sfio tonnes d’or? Au marché aux chevaux réel et non métaphysique le marchand ne tardera pas a vous répondre; en vous amenant un cheval de 360 Ilorins, il vous calculera, par exemple, ce qu’un jeune cheval fort et sans défanls coule à l’éleveur de chevaux, et c’est précisément ce coùi de production qui, dans son esprit d’éleveur de bestiaux ou de maquignon, lui servira de base pour ses propres évaluations, celles-ci pouvant être inlluencées et modifiées, il est vrai, par des circonstances accessoires et particulières. Elles peuvent l’otre en premier lieu, naturellement, par les (pialités spéciales de l’animal en question, ensuite par les rapports de rofTre et de la demande clTectives, ainsi ipie par de pures spéculations de marclié,
Hegardons maintenant l’échange du côté de l’acheteur. Il est évident qu’ici nous pourrions reproduire les memes objections que nous venons d’apporter de l’autre côté, relativement à l’exposition abstraite et si peu réelle des rapports de marché et de la nature des marchandises. Le paysan disposé a acheter un cheval au marché, n’y évaluera pas un cheval en soi à 3oo Ilorins ou à i5o florins ; au contraire, il fait ses évaluations par rapport aux chevaux détennin(\^ qu’on lui amène sous les yeux et dont il pourra d’avance juger les qualités et vertus particulières, choses dont, il est vrai, M. Holim a fait abstraction, mais qui néanmoins sont la vraie hase sur lacpielle notre paysan fonde toutes scs évaluations personnelles.
D’autre part, il faut avouer que la théorie de raiililé Umilalive se montre, moins évidemment et moins directement en contradiction avec la vio pratûpie, (piand on examine réchange du côté de l’acheteur, (|ue cela n’avait lieu tout ù l’heure, lorsque nous l’avons envisagé du côté du vendeur.
Le paysan, acheteur d’un cheval, tient assurément
TUKOME OK VAIÆUn
coinnlo de rnlililé (ju’il pourra tirer personneUemmt de son cheval. Si l’on veut, c’est sa première préoccupation de, savoir quels services l'ulurs lui pourra rendre 1 amnial qu il cherche à acheter. Nous nous trouvons même ici en lace de l’hvpothèse fondamentale que prétend introduire la doctrine utilitaire dans la science économique : Que la valeur d un bien dépend de rutiUlé finale qu'il peut avoir, c'est-a-dire de son application future et non pas de son coût de production ( i ).
Cependant, avec un peu de perspicacité et d attention nous verrons aisément .pi’ll ne s’agit pas ici de la valeur ohjec ive des hieus ( valeur d'écliaïuje) mais de t'ulilité ou de / avanUuje (|ue ces biens pement procurer au consommateur.
On pourrait prétendre, avec les mêmes représentants de la théorie utilitaire dans la science économique, que la valeur d’une mine d’or dépend de celle de la quantité de minerai d’or quelle donne, — celte dernière, à son tour, de la valeur de l’or pur qui a passé à travers tous les procédés nécessaires ; broyage, lavage. Tonte, etc., jusqu’à la valeur des articles d’ail en or, — tandis que la valeur du pm/«d /ni«( {Sülilus„ prôdnki) serait déLermiiiée par son utilité limitative. Mais, d est évident ipie celte utilité limitative qui décide en dehnitive n’a d’autre signification cpie la valeur drusage que les objets d’art en question ont pour les personnes des consommateurs, et (jue c'est tout autre chose que la valeur ob-
ieclive (valeur d’échange' de ces objets.
l,ors(pie nous nous rendons chez un orlèvrc quelconque
pour vendre un ornement en or, nous voyons que cet homme évalue notre bijou comme du « vieux », qu il le taxe d apres la valeur du métal, sans s’occuper un moment de 1 utilité personnelle que l’objet pourrait avoir eue, ou pourrait avoir
encore pour nous, comme article d usage.
De la même manière, U nous Tant distinguer entre la
valeur obiective (valeur d’échange) qu’un cheval représente au marché et les services personnels que rachcleur pourra
(A Cf RôHM-liAW.uR. toc. cil., dm,,. 1, s VI. p. .89 Voir aussi 1, 200 ;« En dernière instance ils (les frais <le priKluclum) ne donnenl ,,as valeur à leurs produits, mais la reçoivenl deux. »
TIIEOIUE DE LA. V.lLEUn
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tirer plus lard de cet animal ; ce sont deux conceptions bien dilïérentes que l’on doit séparer l’une de 1 autre. D une layon générale, si l’acheteur avait dans 1 esprit quehpie évaluation personnelle de la marchandise qu il désire acc[uerir, c’est par hasard '.seulement que, dans la vie sociale compliquée de nos jours, la valeur objective coïnciderait au marché avec celle évaluation. L’analyse ne nous montre (jue le résultat suivant : les évaluations personnelles de l’acheteur peuvent intluencer la valeur objective et leur influence sera plus grande, en général, à mesure que le nombre des acheteurs sera plus limité ou qu un mdi\idu-consommaleur exercera plus catégoriquement une puissance spéciale et monopolisalrice sur les transactions du marché. Voilà tout !
De ce côté, comme de celui du vendeur, manque donc la base pour la valeur objective des biens, tant que nous voulons la considérer comme le produit d’un simple jeu des évaluations personnelles dépendant des besoins accidentels de l’individu. Celle base manque au marché aux chevaux de M. Hohm-lîavvcrlv aussi bien <pje dans l’échange de blé et de bœuTchez M. Stanley .levons.
Ne croyons pas que les hases de ces évaluations ^personnelles aient été bien et dûment examinées par les représentants de la doctrine utilitaire ; on eût pu s’y attendre du moins de la part de ceux qui se sont demandés, comme M. Bohm, — et c’est un des rares exemples que l’on puis.se citer, — si par hasard les évaluations personnelles n’auraient pas besoin de (juelque analyse spéciale.
M. Bohm recherche quelles circonstances décident « si le niveau d’évaluation des paires limites est lui-même plus ou moins élevé ». Il répond qu’il s’agit ici des <( motifs » {BestimuKjründe) suhants relatifs au prix :
1 . « Le nombre des demandes concernant les marchandises » (« (jrandeur de la Demande »).
2. « Le niveau des ch ilVres d’évaluation du côté des aspirants acheteurs » (« Intensité de la Demande »).
3. « Le nombre des marchandises à vendre » ( a Grandeur de l’ofl’re »).
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TUÉOIUE DE L.V \ A LEUR