‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 12 sur 39 · Le niveau des chitlres d’évalualion du côté des aspi · texte numérisé non relu

Le niveau des chitlres d’évalualion du côté des aspi

raiits-vcndevirs » ^i( Intensité de lOIlre ») (1).

H est vrai, cjue les « cliifTresd évaluation» mentionnes aux 2 et 4 (Intensité 'de la Demande et de l’OITre) nous sont encore présentés comme des « nombres proportionnels n (^\ erliàllniszahlen), obtenus par la comparaison des évaluations respectives de la (( marchandise » et de la « marcbandisc numéraire » : mais ni roIlVe ni la demande ne sont examinées plus profondément sur ce point. La distinction introduite ici n’amène pas, comme elle l’aurait dû, à l’analyse de la double action exercée dans ce cas par la valeur de production et la valeur d’usage. Kn définitive, les évaluations personnelles

sont encore en l’air. •

Les représentants delà doctrine utilitaire ne nient point, il est vrai, qu’il existe quelque chose comme nue loi du coût de prndaclion. M. Holim reconnaît, par exemple, « que le prix de marché des marchandises que l’on peut reproduire arbitrairement tend à égaler à la longue le coût de leur production » (3'. Cette loi, cependant, ne les occupe que fort peu dans leurs recherches sur la valeur objective, et ils n’attribuent qu’une action secondaire au coût de production des biens (:i). « La première condition, pense M. Bôhin,est quc les biens produits soient utiles, et la seconde cpi’ils soient rares et restent rares relativement aux besoins. » Voila iiour lui comme pour les économistes uldiinristes en général les c< motifs réellement décisifs n (die warhrhaft reçjierenden ISeslimnujriinde) de la valeur. Que ces conditions aient en réalité cette Importance, — quoique « modestement » jilacéesen arrière de la loi du coût de la production et que ce coût même ne décide pas en premier lieu, — M. Bôlmi croit pouvoir le démontrer par la a preuve contraire » suivante ;

Tant que l’on fait des frais, dit-il, pour la production de

fi'i Voir ItoiiM-lî.^wERK, /oc. cit , ctinp. H, §

(21 HôiiM-BwvERk, loc. cit., clmp. II. S l'b^p 335.

^3 Voir la polominue avec le |)rofesseiir Schavlinf; clans BoHM-ÜAnEBk, /oc. cil., noie ‘.ox 333-23/,. Cf. encor.-, tome I. e .«pitre xn 3 B.,

.leuxûîme édition du livre, p. 528. — oé. 1 .loUon du ccjut c e trav.il est i onsidt'Tét' comme « une cause incidente et particulière » {parUctdure /wtschen-

ursache).

TIIEOUIE DE LA VALEUU

choses proportionnellement utiles et rares, tant que le coût est ainsi en harmonie avec rutilite et la rareté des biens, il se trouve de meme en harmonie avec la valeur et paraît gouverner celle-ci. Dés que, cependant, Ton fait des irais pour des choses qui ne sont pas assez utiles ou assez rares, par exemple pour produire des horloges qui ne marchent pas, ou du bois dans nne contrée naturellement très boisée, ou encore pour fabriquer en nombre excessif de bonnes montres, la valeur ne couvre plus les frais et on voit disparaître jusqu’à l’apparence d’une liaison causale entre les circonstances de la production des biens et ta valeur de ceux-ci (r).

Il est facile de comprendre, apres une pareille exposition, pourquoi M. Bobm, tout comme les autres représentants de la théorie utilitaire, néglige l’analjsc scientifique du coût de production ; aussi oxiste-t-il la plus grande confusion à cet égard parmi ces économistes.

Dans l’école autrichienne de Mcnger-Bôbin on examine, tout au plus, si la loi du coiit de production doit être considérée comme contraire à celle de rutilité limitative. On a lâché de mettre d’accord, aussi bien que possible, les deux théories* Celte tentative — bien qu’elle n’ait pas toujours abouti, comme chez Stanley Jevons, aux contradictions les plus formelles — (3) devait nécessaii'cmcnt échouer après qu’on eût opposé catégoriquement une théorie à l’autre.

(1) Voir Kapital und Kapilal:ins^ tome I, chap. vu, 2. p. lüi. I-i « preuve ronlraire » (pie M. Hohiii nous donne ici est compiirahle, au point de vue logique, au raisonneiiienl suivant : X est connu conmic chanteur. Ce talent parait dépi'ndn* de sa belle voi\, de son instruction musicale, etc. Détrompezvous : Ces qualités lui appartiennent sous une seule condition, modesl(‘ment placée, il est vrai, à l'arrière-plan, niais qui détermine néanmoins d’une façon décisive les capacités de chanteur de X. En efiel, il faut d’aliord que monsieur \ soit un homme vivani. Cela se démontre jusqu’à Tévidence jmr la preuve contraire suivante : supjiosons que ce monsieur X ne soit pas vivant ; en ce cas plus de hou chanteur, et l'on voit disparaître jusqu a Tappurence d’une ILiison causale entre le talent de \ d’une [larl et, de l’autre, sa belle voix et son instruction musicale. Le fait d’etre un homme vivant est en effet une condition nécessaire à tout liomme pour qu’il fasse entendre sa voix. L’on voudra bien m’accorder, cependant, qu’il y a des c.'iuses plus directes de sa renommée comme ténor ou comiiic harvlon.

ta) W. Stanley Jevo.ns eonimcnce l’inlroiluclion a sa Theory of Poïiiival Economy par cette assertion ; « De longues réllexions et des recherches assi*

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Lorsqu’on regarde de plus près la théorie utilitaire, — aussi bien dans l’école autrichienne ([ue dans les écoles française et L anglaise, — on aboutit, en définitive, à la théorie surannée de

, l’onVe et de la demande. Dans l’œuvre de M. Bôhin-Bawerk,

• par exemple, nous lisons après l’exposition entière de la

théorie du Grenzniiizen : u Le prix du marche se fixe dans la ^ meme zone on l'ojfre et ta demande s éqidiibrenl en quantité. »

■ C’est bien, dit l’auteur, la théorie de l’olîre et la demande, mais

[ lorsqu’on <( évite les erreurs et les mi'prises », qui satta—

: client à cette formule, on peut très hien tomber d accord

I avec elle. Il y a môme « un cas très spécial )>, ajoute encore

J. réconomislc autrichien, pour lequel « la deuxieme lormulc

f ’ de notre loi des prix est la plus exacte ». Bien que presque

I toujours la zone dans laquelle Bollre et la demande s égalent

^ et la zone enfermcc entre les évaluations des paires-limites,

à coïncident entièrement, il peut arriver cependant, dans cer-

â taincs circonstances, que l’équilibre de relire et la demande

^ ne SC fasse pas dans la dernière zone tout entière, mais seule-

1^^ ment dans une partie restreinte de celle-ci. Ür, dans ce cas,

le prix se fixe toujours dans cette zone plus étroite.

Et nous voila renvovés ainsi, par l’œuvre qui représente le

ducs m’ont aiiieiic à l’opinion quelque pou noiiTellc (juo la valeur dépend e/itièremenl de Vniililè ». — « Les opinions courantes, dit-il, l'ont du travail plutôt que de l’utilité l’origine de la valeur », mais M. Jevons s’oppose de prime abord à ees théories.

Le lecteur pourtant qui a eu la patience et la persé\éranee de lire tout ce livre, abondant en formules et en calculs sur la lolal ulilily. le Jtnal derjree of ulilitv et la ratio of exchanje qui en est déduit, se trotivera a la page i0/| (troisième édition) subitement placé devant la phrase suivante bien propre a l’étonner au premier abitrd : « Cependant, bien que le travail ne soit |)as la cause de la valeur, dans nombre de cas, il en est la cireonstîmcc déterminante. » Il sera frappé encore d’une stupéfaction complète en lisant à la page i86, le commencement du chapitre inliUilé : Relation of the Théories of Labour and Exchange ; le passage est conçu comme il suit : Ceci pourra

servir à donner au lecteur de la confiance dans les théories précédentes lorsqu’il trouvera qu’elles mènent directement à la loi hien connue et tormulée dans le langage ordinaire des économistes, à savoir : que la valeur est proportionnelle aux. frais de production. »

Cela sonne comme une condamnation en forme prononcée par I auteur sur ses propres théories! Dans son œuvre, en elTet. Jevons oscille toujours entre « l’utilité », jxufois remplacée [ku* la « rareté » {scarciiy)^ et le coût de la production, sans pouvoir formuler definitivement et catégoriquement ce qui détermine au marché la valeur et les [)rix.

plus haut développement de la doctrine utilitaire, a la théorie primitive do l’offre etde la demande si vague et si Incertaine. Et cependant, après tout un siècle de développement delà science éconotnique, on pouvait être éclairé sur le potivoir de cette théorie ; elle ne nous cxpli([ue c|u un phénomène : la valeur d’échange des denrées subit rinflucnco de leur valeur d usage, lorsque celle-ci augmente ou diminue avec le rapport existant au marc hé entre la quantité olfcrte et la qnantilée demandée de CCS denrées. Mais l’ollrc et la demande sont incapables de nous fournir toutes les causes qui chdermiuonl le ni>eau alleliit au marché par la valeur objective et le prix.

Le manque de fondemonls, d’une hase réelle, pour la valeur oljjective des biens, est ainsi le délaul essentiel de la théorie utilitaire, qui se caractérise ensuite par un renversement bizarre et naïf des rapports d’éeltange réels (1).

Le marché aux marchandises moderne, — vodà le phénomène auquel les économistes uldilaristes n ont pas donne assez d’attention dans la théorie de la valeur. — est le Heu ou les évaluations subjectives d’acheteurs et de vendeurs se retournent en rapports objectifs et coercitifs de production et (féchange.

Le caractère essentiel décos rapports objectifs ne consiste pas. comme le suppose ]>ar exemple M. Bohm, dans le simple phénomène qu’au lieu de répondre Immédiatement aux besoins subjectifs, ils répondent, a / arqeni, comme intermediaire ; au contraire, ce caractère consiste en ceci <|u’à la place des besoins cl désirs personnels de cluujuc consommateur en particulier, entreut en jeu les besoins et désirs généranx et sociaux qui correspondent à la collectivité de tous les consommateurs d’un article dans une contrée (pielconque. Ces besoins cl désirs e\|)rimenl la demande elleclivc cl totale en face de laquelle s’élève rollrc totale.

Les évalualions personnelles comme certaines pratiques du commerce : la ruse, la force de persuasion, la spéculation, etc..

(1) Très caractéristique il ce pi»int de \ue est l’exposition que M. Bohm BAwerk nous a donnée du marché au fer, compris d’après sa théorie, Bomm-Bawkhk, tome II, ch. II, S III. pp. 3Üfi-248.

TIIÈOUIE üi: LA VALEUU

n’v tiennent place que dans les limites résultant des rapports objectifs que nous présenté le marché.

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