I IL
DPC parla lliéorie moderne do la valeur-dc-lravail pour jusilfRM- riiypothèse du travail créateur unique de la \aleur, est évideunuent défectueuse.
Rodbertus, eu alléguant que là où le travail est exceptionnelleinenl soutenu j)ar la nature, il est « plus productil » sans que, au point de vue écouoinique, ou puisse mettre une partie de son produit sur le compte des forces naturelles, s est basé sur le raisonnement suivant;
« Meme au degré de la moindre productivilé des forces de la nature dit-il,... les forces naturelles donnent dé jà leur collaboration. Et comment donc discernerait-on combien, aux divers degrés, il faudrait mettre sur le compte des forces naturelles et combien sur celui du travail ? » (i).
Ce])cndant, peut-on se fonder raisonnablement sur de tels motifs pour iuslificr l’hypothèse que nous discutons ici ? Avec autant de raison nous pourrions observer que pour l’acipiisition de tout bien, économique ou noii-éconoinique, meme pour celle de l’air que nous respirons ou de l'eau ([ue nous puisons à la source, nous avons besoin d’un certain travail.
« La sueur humaine et le travail Iminain procurent à riiomme les moyens de l’existence », dit Hegel. Même l’acquisition des biens non-économiques, qui n’obtiennent pas communément une valeur d’écliange puisqu'ils sont abondants et librement accessibles, exigent encore un certain jravail. On n’ira pas en conclure que le travail est sans importance pour la détermination de la valeur, comme Rodbertus a conclu, de ce que les forces naturelles sont parfois considérées comme négligeables dans certaines exploitations, à riiypothèsc générale qu’elles sont indill'érentes à la détermination de la valeur. En dépit de notre observation sur le travail dépensé pour acquérir des biens sans valeur échangeable, nous reconnaissons que pour les biens économiques, qui ne sont pas librement accessibles, le travail peut se présenter comme
(i) <t Denn auch auf der weni{ist prodiiktiven Stufe der in udrlhschnfllirher Action hefindtichen .\atürkrrtfte^ von der nujwnrts sick nho nberhanpi die « nalürlirhe Produktivimt » differentiirt, wirken ja schon die naUirlichen h'nlfte mil. Und wia soU auch nur nnterschieden iverden, was anf diesen verschiedenen Stufen auf die natiirlichen Krâfle and was auf die Arbeit A'ommt ? » * Bodher- Tus, Creditnotkj toc. ct(.)
iwruij»
I lt>
THEORIE DE TA YALEER
créateur de la valeur d’échanj*;e ; si faible soif le travail dans certains cas, nous reconnaissons qu’il existe une tendance qui conduit les hommes à évaluer la valeur objective (valeur d’échange) de grandes catégories de marchandises d’après leur coût de production.
La deuxième objection de Ilodbertus ne prouve rien contre le fait que la collaboration exceptionnelle des agents naturels peut en elTet se présenter et se réaliser dans une plus haute valeur d’échange. I^à où les facteurs des deux catégories collaborent il la création de la valeur objective, il sera difficile de discerner, comme le fait remarquer l’auteur, « combien il faudrait mettre sur le compte des forces naturelles et combien sur celui du travail », mais il est évidtmt qu’il serait inexact, dans le cas supposé, de mettre toute la valeur objective au compte d’une seule catégorie de facteurs,
karl Marx traite la question a la légère. Chez lui, il n’est pas question, à proprement parler, d’arguments pour justifier fliypothèse. 11 faite abstraction », tout simplement, delà valeur d’usage des richesses, en abordant la([uestion de l’analyse de leur valeur d’échange, au commencement de son livre sur le Capital. 11 le fait sous le prétexte suivant, dont la légitimité était précisément à prouver: « Mais d’un autre coté, dit-il, il est évident que l’on fait abstraction de la valeur d’usage des marchandises quand on les échange et que tout rapport d’échange est meme caractéiisé par cette abstraction » (i). Il fait suivre cette phrase de la justification suivante: « Dans l’échange, dit-il, une valeur d’utilité vaut précisément autant ([ue toute autre, pourvu qu’elle se trouve en proportion convenable. » Cotte idée, qui devient, grâce à la restriction, d’une évidence un peu naïve, ne saurait guère être acceptée comme une preuve de sa thèse etpourraitmémc mieux servir à nous démontrer que, dans l’échange, on ne fait nullement « abstraction » de la valeur d’usage particulière des marchandises, — du moins pas de la a proportion » dans la- (juelle elle se présentent au marché.
Avant fait abstraction de celte valeur, Marx nous donne une
exposition de l’échange qui en dérive naturellement et que (i) Voir IvARL Marx, Dus Kapital^ tome I, Irid. franç., p. col. 2.
THÉOIUE DE LA VALEUR I 17
nous jugeons assez caractéristique et assez intéressante pour être tenus de la suivre de près. jNous l’estimons d’autant plus importante qu’elle est la base de toute la science économique du représentant le plus autorisé de la moderne théorie de la valeur-de-travail.
Marx met deux marchandises (froment et fer), en certaines (juantltés, l’une en face de l’autre et dit : « Quel que soit leur rapport d’échange, il peut toujours être représenté par une équation dans laquelle une quantité donnée de froment est réputée égale à une (juantité quelconque de fer, par exemple :
I quarteron de froment = a kilogramme de fer. »
(( Que signifie cette équation ? » continue-t-il. « C’est que, dans deux objets dliférents, dans i quarteron de froment et dans a kilogramme de fer, il existe quelque chose de corn-
mun »...
« Ce quelque chose de commun ne peut être une propriété naturelle quelconque, géométrique, physique, chimique, etc., des marchandises. Leurs qualités naturelles n entrent en considération qu’autant qu’elles leur donnent une utilité qui en fait des valeurs d’usage. » Vient ici l’abstraction de la valeur d’usage des richesses et la phrase que nous a\ons citée plus haut ; et, par cette exposition dialectique, Marx aboutit maintenant aisément à la conclusion suivante ;
« La valeur d’usage des marchandises une fois mise de côté, il ne leur reste plus qu’une qualité, celle d’être des produits du travail (1). »
En premier lieu, nous faisons remarquer que la conclusion tirée par Marx, savoir : que l’équation de i quarteron de froment = a kilogrammes de fer signilieralt qu’il existe dans ces deux biens « quelque chose de commun » ou, comme Marx l’exprime dans le texte allemand original, « quelque chose de commun de la même grandeur » {ein Gemeinsaines von derselben Grosse), que cette conclusion, disons-nous, n’est pas du tout certaine. Le signe =, dont Marx se sert ici, peut exprimer une réciprocité quelconque sans qu’on puisse parler d’une égaillé dans ce sens que les deux objets comparés contiennent
(i) Karl Maux, loc. cit.^ p. i4, i tît a*
Ni»
TIIÉOIUE DE LA. VALEUR
([UcU[nc i^raudciir commune. Cola arrive en réalité au marché. Lors(|ue i (luarteron de Iromonl y est réputé égal aujourd’hui à a kilogrammes de for, demain peut-être a b kilogrammes, on peut seulement en conclure un simple lait, que les deux marchandises se nminliennenl conwie érjiiimlenles à des quonlilés (mires un jour de l’autre et non [>as <pi il y aurait eu un cliangement dans le « quel([ue chose de commun » (pie contiennent les deux marchandises, notamment dans le lra^ad socialement luVessaire à leur production ou leur reproduction, (pie vise Marx. Sa conclusion est arbitraire, parce que, au marché, il pourrait être question aussi d’un changement des rapports entre l’olVre totale et la demande totale et ellective des marchandises. En tout cas il est ésideut ipie de réipiation (pie Marx nous a mise sous les yeux, il ne s’ensuit pas nécessairement ri'xistence de (piehpie chose de commun de la même grandi'ur dans les deux marchandises compaiées.
Il faut ensuite observer ipie ce n’est pas sur le marché que Marx aurait pu trouver les éléments lui permettant d inteipréler son éipiation cl de découvrir ce qui se cache derrière l’échange. 11 aurait dii nous transporter à l’usine, à la mine, aux clmmps de froment, non pas au lieu où s échamjent les richesses, mais à celui oii elles sont produites, t^ar, Marx cheiche le (( (piehpie chose de conunun )). ([ui exisleiait dans les deux marchandises, le quarteron de froment et les a kilogrammes de fer, dans le travail humain qui est accumulé en elles : mais, c’est là leur valeur de production et non pas leur
valeur (Véchange ! , . ,
Il est vrai, que la valeur de production ou bien la (piantité
de travail humain appli(jué aux marchandises, ne se réalise (|u’au marché, puisipic c’est là que se feront \gs prix courants ; cependant, Marx n’est pas autorise, pour cela, a ne compter au marché qu’ax'ec le travail humain dépensé. En faisant cela, il fait « abstraction », non seulement delà valeur d’usage particulière des richesses, mais egalement de tout le marché. 11 invente une « valeur d’échange » dos biens, séparée de « l’échange» même. C’est là une chose inintelligible et la vraie raison pour laquelle ni la théorie de la valeur de Marx , non plus que celle de Rodbertus qui la précédait
thÉ(jrik de la. yaleuu
ou l’économie classique de RIcardo, n’ont pu nous riWéler le myshue entier qui se passe au marché relativement à la détenninatlon de la valeur et à la lixation du prix des denrées.
Marx désirant examiner particulièrement et séparément le travail humain qui est « matérialisé» dans dilférentes richesses, pouvait se dispenser de les jeter d’abord dans le processus de l’échange ; il aurait dû analyser leur valeur de produelion et non pas \mir valeur d'échange. Ce n’est pas, connue Marx le suppose, à des biens jetés déjà dans le processus de l’échange, mais exclusivement à ceux (pii se trouvent encore dans la sphère de la production, et dont on examine la valeur de production , ipie s appliquent ses paroles : « Ce n’est plus, par exemple, une table, ou une maison, ou du lil, ou un objet utile quelconque; ce n’est pas non plus le produit du travail du tourneur, du maçon, de n’importe cpicl travail productif déterminé. .\vec les caractères utiles particuliers des produits du travail disparaissent en même temps, et le caractère utile des travaux qui y sont contenus, et les formes concrètes diverses qui distinguent une espèce de travail d’une autre espèce (1). »
Au moment où les marchandises sont portées au marche, leurs « caractères utiles parücullers » commencent à se rétablir et à exercer une inlluence essentielle sur l’écbange
môme. .
Tout le raisonnement relevé Ici et par lequel Marx parxient
à l’abstractiou des caractères utiles des biens dans le jirocessus de ri'change. nous parait donc un grand sophisme et témoigne en ellet de ce qu’un critique de Marx. M. Rühm-Bawerk. a appelé : « de la mauvaise logique et de la légèreté dans les
conclusions » (21.
M KapiUihins, lome I, clwp x, i" é<lU altem
„ \,33 Yous faisons remarquer qu apres, el a côte de O. Kmes. c e l L'.rloul M Hôlmi-Hawerk qui a clairemeni ex|K>sê 1 abraradal.ra dialectique de
A cause de luu,K.rtance des argu-
méiits UTiportés et par Kiiies cl par Bolim, j en reproduis ici les phrases pr\nSpXs. D’abord ceux de Boliiu pour lesquels je cite la deuxieme e.h-
,î r,:r.xw, .'..au r,,.,™. .0. .U,
THÉORIE DE L.\ VALEUR
Il m’a toujours paru que Marx s’etait trouvé ici sous 1 acioa néfaste d<‘ son maître Hegel, dont la dialectique a eu.
dons de la nature avant une valeur d’écliange, alors il aurait été évident que le travail ne peut jws être celte chose coumuine...
« Cependant, regardons un peu les choses de près. Avec le tour d adresse que nous venons de décrire. Marx n avait euct^rc obtenu que ceci, que le travail était admis siiupleiueut à jouer un rôle. Par la restriction arliticiclle du cercle, le travail n était devenu qu’une seule des a propriétés coiiiiiiuues » dans ce cercle étroit. Mais a côté de lui, il pouvait encore exister d’autres propriétés que les denrées pussent avoir eu eoniiuun. Comment sont -elles mises de côté, ces autres causes coopérantes ? Cela sesi fait par deux autres moments dans le raisonnement, moments dont chacun ne contient que quelques mots, mais avec eux une faute logique des plus giaves.
« Dans le premier moment. Marx exclut toutes les « propriétés naturelles quelconques, géométriques, physiques, clûmiques, etc. » (suit ici la citation que le lecteur connaît, relative à « 1 abstraction » de la valeur dusagei.^
(( Ou se demande ce que Marx aurait dit, lui-meme, de 1 argumeulation suivante : Dans un théâtre d’opéra trois ehanleurs excellents, — un ténor, une liasse et un harvlou, — ont chacun un salaire do ao.ooo llorlns, on deiuamle quelle est" la circonstance commune, |Kir laquelle ces liouoraires s’idt-nlitieul ? El je réjionds ; Dans la question des honoraires une Ijonue voix vaut autant qu’une autre, une Ixmne voix do ténor vaut aiiLanl qu’une bonne voix de basse ou de Urylori, pourvu seulement qu’elles se trouvent en proportion convenable ; l>ar conséquent, il est évident que l’on fait Jibs- Iraclion, dans la question des honoraires, de la lx>nne voix et que lelle-ti ne peut donc [)as être la cause commune des hauts honoraires. 11 est clair que celle argumentation est fausse, mais il est non moins clair que la conclusion de Marx, sur laquelle la nôtre est copiée exactement, ne pèse jkis un grain de plus, 'l'outes deux ont le même défaut. Elles confondent l'îdistraction d'une particularité en (jénéral avec labstraclion des modalités spéciales sous lesquelles cette prticularité se présente. Ce qui, dans notre exemple, est indifférent pour la question des honoraires, n est, évidemment, que la modalité spéciale sous laquelle se présente la bonne voix: soit comme ténor, basse, ou iKirvfon ; mais nullement la bonne voix en général. De même fait-on ahslracliou, pour les rapports d’échange des marcliandises, de la modalité spéciale sous laquelle peut se présenter la valeur d’usage des marchandises, mais nullement delà valeur d’usage en général. ()ue Ion no fasse pis abstraction de la dernière, Marx aurait pu le déduire du simple fait qu'il ne peut exister une valeur d’échange quand il n’y a [>as de valeur d’usage, — fait que Marx lui même, à maintes reprises, est obligé de
reconnailre. .
« Le second moment du raisonnement est encore plus condamnable : <i La « valeur d’usage des marchandises une fois mise de côté, dit Marx lexUielle- « meut, il ne leur reste plus qu’une ijualité, celle d’élre des produits du Ira- « vail. » Vraiment? Pas plus d’une seule qualité? Esl-cc que les biens, possédant une valeur d échangé, n’ont pas aussi en commun cette autre </uo/i/(% d’èlre rares relativement aux liesoins? Ou l>icn d’étre I objet do 1 offre et de la demande? Ou bien cette autre dV-tre appropriés? Ou encore celte autre d etra des produits de la nature? Et nul ne nous l’a dit mieux que Marx lui-même que les richesses sont aussi bien les produits de la nature que dû
travail... . . , .
« Pourquoi, demandé-je. le principe de la valeur ne iKuirrail-il pas aussi
théorie de l.x valeur
en general, une si mauvaise influence sur le travail scienli fique de Marx.
Hegel, lui-mème, n’a jamais pu parvenir a distinguer les diirércnlcs formes de la valeur. Déduisant d abord la valeur des besoins haniains^ il a commence a voir ensuite autre chose encore au fond de la valeur : le travail qui a produit les biens. Mais il n’a pas vu qu il avait allairc dansées deux cas à des formes de valeur dillérentes.
bien se trouver dans une de cc.ç qualités communes, que dans la qualité <1 être des produits de travail? Notons bien que Marx na pas apporté le moindre argument positif en faveur de 1 exclusivité à accorder a cette dernièie qualité ; son seul argument t(ui est négatü, se réduit a ceci, que la valeur d’usage, si heureusement mise de côté par la voie île l'abstraction, n est pas le principe de la valeur d échangé. Pourtant, est-ce que cet argument négatif ne serait pas également probant f>our toutes les autres qualités communes que Marx n'a pas vues ? » (Hôhm-Bawerk, loc, cil , tome I, a" édit,
allem., pp. 5i7-5ao). ,
En ce qui concerne Knies, qui a le premier mis en évidence la lausse logique de Marx sur ce point jiarticulier, nous nous contentons de donner deux courtes citations :
« Celui qui. comme le fait Marx, a reconnu expressément qu’il ne peut exister une valeur d’échange sans « valeur d’usage ». que, pour protluire des valeurs d’échange, il faut produire des valeurs d usage pour d antres, des valeurs d’usage sociales, doit bien formuler naturellement la différence entre la valeur d'usage et la valeur d’échange, — mais il se conlreclit luimème en prétendant que la substance de la valeur d échangé est indépendante de l'existenco des marchandises comme valeurs d'usage.
« Celui qui, comme Marx, reconnaît que la valeur d’usage du bois sauvage, de l’herbe dans les piairies naturelles, du sol vierge existe, sans la coUa'horalion du travail humain, n’a plus la liberté de prétendre <pie le travail humain est la hase décisive et exclusive de la valeur d'échan;fc. Dans le cadre de la démonstration de Marx, on ne saurait trouver une raison pour laquelle, — aussi bien que réquation ; i quartiTon de froment = a quintaux de bois produits par le travail humain. — on ne pourrait pas poser cette équation : i quarteron île froment = a quintaux de bois poussant naturellement dans la forêt = b arpents de terres vierges = c arpents do prairies naturelles... Nous arriverons cependant en tout cas a tirer de ces équations cette conclusion qu'il est impossible que ilcux quantités de travail servent de base pour l’égalité dans rechange. Ce n est donc pas davantage un quantum de travail qui est mesuré par ces équations. » (^0. Kniks, Das Geldy 2* édit., pp. i5G-t.>7).
« l^our interjiréter les équations de la valeur d échangé, on ne saurait dire, comme le fait Nlarx, que I on fait « abstraction de la xaleui dusage », mais seulement que l’on fait abstraction des différences qui existent dans les déterminations particulières de la valeur d’usage ; on ne leur substitue pas une qualité étrangère, mais on les ramène à leur qualité commune » (loc, cit., p. i6o).
TUÉOUÏE DE LA. VALEl U
Pour se convaincre de cette vérité on n a qu a comparer les §§ 63 et 196 de sa Philosophie du Droif,
En exposant (pie la valeur d une chose d(*pend des besoins qu’elle satislait, — Hegel nous dit c[U on lait k abstraction » ici des qualités spéciales en n envisageant que la quantité générale. Le besoin particulier que salislail une chose, est en même temps besoin en général et c’est en raison de cette généralité qu’il trouve son expression dans la valeur. (( Celte généralité, ainsi s explique-t-il, dont la simple détermination ressort de la particularité de la chose, de sorte fait abstraction en même temps de cette qualité spécifique, est la valeur de la chose, dans laquelle sa vraie substantialité est déterminée et devenue objet de notre connaissance (1). a
Notons bien, pourtant, que Hegel parle toujours de la valeur d'usage des choses et ne traite (jue beaucoup plus tard du travail humain. Marx, au contraire, tâche de notis convaincre, avec la meme méthode dialectique et presque dans les mêmes termes que son maître, qu il est lait abstraction, dans le processus de réchange, non seulement de 1 iiliHte spécilifjue des marchandises, mais encore de^ \eur valeur d* usage en général. Marx nous donne ici une théorie dont la
fausseté saute aux yeux.
C’est là un défaut fondamental dans la théorie de la valeur marxiste. Marx, avons-nous dit, n’a jamais compris la nature de la valeur d’usage. 11 a reconnu, il est vrai, que les valcms d’usage forment la (t matière de la Richesse », mais il les a toujours traitées comme de simples « soutiens matériels de 1*1 valeur d’échange » (2), à peu près comme s il avait traite 1 individu Marx comme le simple « soutien materiel d un système économique ». Il n’a pas suffisamment prêté son attention à rinllucnce que les soutiens matériels de la valeur d échange exercent sur elle. Ce n’est que par cette voie qu il a pu créer sa théorie de la valeur-de-fravail, prétendant que des quantités égales de travail humain ont la même valeur déchange, lorscpi’elles sont simplement reconnues en générale par la société, comme travail « utile ».
(1) Ue('æl, Philosophie du Droite S 63.
(2) Kvrl Marx, Das Kapilul, tome I, trad. fr., p. col. i.
tA. A
Dans le troisième tome du Capital dont, h pl.isieurs égards, la connaissance nous est nécessaire pour juger le spleme economiciue de Marx, il n’est encore question qu en passant de la valeur d’usage des richesses. Marx la traite encore comme lacondition rormelle et Indispensahle pour 1 CMsIence de la valeur mais une condition formelle a laquelle il
n’est plus prêté atlcnllon après la constatation de la necessi e de son existence. Nulle part dans l’œuvre de Marx on ne rencontre une analyse consciencieuse delà valeur d usage et des
principes par lestpiels elle se détermine (i).
En définitive, la moderne théorie de la valeur-dc-travail a omis entièrement de nous donner la moindre preuve de son hvpothèse fondamenUile d’après laquelle le travail humain seul est créateur de la valeur d’échange ; — Marx na pas cherché à la justifier ; llodhertus l’a essayé ; imais celle tentative doit être considérée comme ayant échoué.
Il n’en pouvait guère être autrement, puisque la vie sociale réelle nous démontre à chaque instant, par des laits iiicoutestables, ipie les richesses produites par des <iuanlites inégalés de travail cl des frais de production inégaux (et cpii ne sauraient l’être autrement), peuvent atteindre néanmoins une même valeur d’échange en tant qu’elles présentent les mêmes qualités
utiles.
(,) « Car, con.lifum indispensable reste la valeur d’usii-e « (Das Kapilal,
« Mais c’est là siinplenienl la même loi qui se numtre dejii dans la mai rhaudise isolée, à savoir ; que sa valeur d’uKige est la condilioii de sa >.i-
leur d’éilianee et par siiile de sa valeur » (Ibidem, p.
« Ainsi "a valeur d’usage est généralement le soul.en de la valeur
d’échange, mais non piis sa cause. » (Loc.jil., ch. P-
Dans les deux premiers passages (p. 17a et P' •• pô-
Icur d’usage de puissance s<«iale » ((.ebraucliswerlh
ou « le hesoi.i social » à la o valeur d’usage dans la marchandise isolée » ■ il nous fait aussi remarquer, il est vrai, que la première di p» 11 de ce que la marchandise « est adéquate aux besoins sociaux, -
vemeul déterminés pour chaque espèce spéciale de produi s .. “ 7’
observation a le seul but de nous apprendre qu autrement le s u plus dans une branche quelconque d’industrie devient entièrement « mutile eonimc !.rmarehandis'e isolée cesse de posséder une valeur ne salislail pas un besoin cpielcom|ue. \oila lou ce qu il > a sui ^ de la valeur d’usage i individuelle et sociale; dans le Iroisieme luinc du
Capital.
T3jrr:^is:2
THÉORIE DE L\ VA.LEÜK
Rodbci'tusa encore formulé son hypothèse dans les termes suivants ; « Tous les autres biens (hors ceux qui ont coûté une certaine quantité do travail) si nécessaires, ou si utiles soient-ils à rhomme. sont des biem naturels qui ne regardent nullement réconomic »...
... « L’homme peut être reconnaissant de ce que la nature a créé d’avance des biens économiques, parce que cela lui a épargné beaucoup de travail en plus; seulement réconoinistc ne s’occupe d’eux que pour autant que le travail a complote l’œuvre de la nature (i). »
C'est sous cette forme, fort accentuée du reste, que la moderne théorie de la valcur-de-travail nous paraît être le ])lus évi deinmcnl en conlradirtion avec les rapports réels.
A bon droit, M. Bolim-Bawork a fait remarquer, on discutant ce passage de Bodbortus, qu’un « morceau d’or massif », trouvé par un propriétaire dans son cbamp ou bien « une mine d’argent qu'il a découverte par hasard dans sa terre », exemples dont on pourrait aisément augmenter le nombre, regardent assurément l’économie (2).
ÎS’ovis avons à ajouter quelque chose à cette critique, chose que nous mettrons tout à l’heure en rapport avec notre jugement sur la moderne théorie de la valeur-de-travail. Précisément parce ([ue l’aide que la nature donne au travail humain regarde particulièrement la science économique et nous tous en tant que producteurs et consommateurs, — l’humanité ne tolérera pas indéfiniment un ordre social, dans lequel les sources naturelles de l’existeuce de la race humaine sont considérées autrement que comme la propriété commune de rhumanité.
C’est là un problème social d’autant plus important, que parmi ces sources d’existence il n’y a pas seulement les matières premières ([ue la nature a mises à la disposition des hommes, par exemple une « mine d’argent » nouvellement découverte sur la terre du propriétaire de M. Bohm-Bawerk ; il làut compter encore les richesses qui sont rendues accessibles
(i) Rodhkbtus, Xar Beleaehtang der Sncialen Frage, tome I, p. fif).
(2t Bühm-Bawerb, Kapilal and Kapitalzins, tome 1, ctiap. xii, 2* édit, allciii., p. 456.
à la génération actuelle par le travail d un long passé, œuvre de travailleurs eux-mèmes disparus, mais dont le plus faible et le plus misérable de notre génération peut encore se prétendre l’héritier.
Les mines en pleine exploitation, les moxens de tiansports, chemins, canaux, ponts, — moyens sans le ser\ice desquels le travail présent ne saurait être si productil qu il 1 est aujourd’hui, ou serait même rendu impossible dans son développement actuel, — nous montrent, dans leur ensemble, combien l’étroite théorie de la valcur-de-travail a tort de ne considérer que le travail présent comme créateur de nouvelle valeur.
En ce qui concerne une partie de ces moyens nécessaires de production : les matières premières et secondaires et les instruments de travail (usines, constructions, machines, outils, etc.), la théorie de la valeur-de-travail admet qu’ils transmeltent de la valeur aux produits en tant qu’ils s’usent dans le processus de la production. Mais ils ne transièrent jamais plus de valeur aux produits, à ce que prétend cette théorie, qu’ils n’en représentent eux-mèmes. Il est important, — et c’est là une question dont nous aurons à nous occuper de près dans un chapitre suivant, — de démontrer combien peu la théorie de la valeur-de-travail a suivi encore, sur ce point particulier, la vie réelle.
Nous ne sommes pas au bout ; nous avons a considérer une autre catégorie de facteurs qui collaborent à la création de la valeur, à savoir : certalnes/orces naturelles dont l’apjilication à la production des richesses représente des siècles entiers d’une civilisation en progrès avec toutes leurs inventions et découvertes accaparées successivement par les entrepreneurs capitalistes dans leur intérêt Individuel.
Ce n’est que dans l’analyse spéciale de la valeur d’échange que nous pourrons attentivement examiner l’inlluenee (pi’cxercent ces forces naturelles sur la valeur objective. Mais nous pouvons poser déjà le principe fondamental de notre échange moderne comme il suit ;
Supposons qu’un article de consommation puisse être produit des quatre manières suivantes :
a) par la maîn-trœmre avec des outils primitifs;
?>) par la petite industrie avec application de vapeur, ou d’un moteur a pétrole, gaz, benzine, etc. ;
c': par la grande Industrie avec vapeur ou électricité comme force motrice ;
d) occasionnellement avec application immédiate et simple d’une force naturelle, comme 1 eau tombant d une cascade ;
Si — Fusure d’outils, de machines, etc., prise en considération — le coût de la production s’élève par unité (mètre, liectolitre, etc.) de l’article en question à des taux que l’on pourra désigner successivement par 4x, 3a:, 2X. et x, il faut, tout d’abord, savoir si la quantité des produits de la première catégorie (a), est encore nécessaire à la totalité des besoins humains, c’est-à-dire à la demande totale et effective; dans ce cas les quantités des trois autres catégories ^/>, c, d), pourront obtenir le même prix courant que les articles de la première : articles de la même espèce, mais qui sont produits sous les conditions les moins favorables.
Ce n’est que dans le troisième tome de son Capital que karl Marx a développé ce principe fondamental de l’échange moderne pour les produits agricoles ; aussi sa théorie de la rente foncière, comme toute la théorie d'échange développée dans ce troisième volume, est-elle en contradiction singulière mais déiinitive avec la théorie de la va leur-dc-travail que contient le premier volume.
Il paraît certain (jue les fabricants des articles de consommation examinés, ayant produit leurs marchandises dans les conditions les plus favorables, par exemple, avec des coûts de production désignés ci-dessus par 2x ou x, peuvent les livrer, au marché, à des prix plus modérés que ceux que doivent proposer leurs concurrents ; comme nous le verrons dans le courant de cet ouvrage, ils peuvent faire baisser les prix courants de Farticle en question, totilen faisant encore des profits considérables. Mais, il ne reste pas moins évident, dès à présent, que la valeur d^échange de leurs marchandises est encore tout autre chose que l’expression adéquate de la quantité de travail dépensée par eux-mèmes pour la production et que celle que Fou peut considérer comme socialement nécessaire à produire
l’article en question. Cette dernière quantité, en effet, se rapporte aux 'conditions de la production et non pas à celles du marché. (Voir notre chapitre sur la valeur de production sociale).
Après tout, nous ne pouvons cpie nous étonner de ce «lue l’éti^ite théorie delà valeur-de-travail de Rodhertus et ic Karl Marx n’ait pas été combattue plus décidément du cote communiste; et l’on se demande avec une stupelactioii réelle comment il a été possible que le premier tome du G«nilal de Marx ait même été considéré, parfois, comme la Bible du mouvement socialiste-communiste. Puisque ce n est lias le travail humain seul, mais aussi les agents naturels
(matières premières et secondaires et forces naturelles), dont
l’action commune crée les ricliesscs humâmes, nous avons
le motif le plus décisif pour condamner l’ordre capitaliste de
la société, qui ne -saurait être défendu que par un appel a son droit d’existence historique. Or, les mêmes considérations (lui pourraient ainsi servir à sa défense, nous montrent en même temps que, la civilisation se perlectionnant proLuessivement et les conceptions du droit se développant touiours parmi les peuples modernes, l’avenir procl.am ne saurait appartenir qu’à un ordre social et juridique dans lecpiel la propriété commune des moyens de production et de consommation occupera une place toujours plus importante
dans la vie sociale des hommes. , • i •
Relevons encore le fait que, dans la production des richesses, les dépenses de matières naturelles et de forces naturelles doivent aussi bien être considérées comme « coùl de production » que les dépenses de travail. C’est la une vente
fort mal comprise.
La moderne tbéoriede la valeur-de-travail, — et nous pensons particulièrement ici aux argumentations de Rodbertus,
conçoit le travail dépensé comme coût de production jiour
la raison que le travail appliipié à la production d un certain article de consommation ne jieul pas, à la fois, être appliqué à celle d’un autre. Ce travail est donc à considérer, s’ensuitil, comme un sacrifice d’efforts et de liberté individuelle du travailleur. Seulement, par rapport aux dons de la nature, ceux-ci n’étant pas Inépuisables, les mêmes considérations sc
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reproduisent, et ce n’est pas seulement relativement au travail humain, mais aussi à ces dons de la nature cjuc nous avons à nous conduire en économes raisonnables. Nous apprendrons mieux à le faire au fur et à mesure ([ue la civilisation humaine fera des progrès, intellectuellement et moralement ( t).
Les agents naturels avec l’aide desquels se créent les richesses humaines, ne nous sont accessibles, pour la plus grande partie, qu’en quantités limitées, tandis que ceux ([u'oii peut considérer comme inépuisables, tels que l’air ou l’eau, ont cessé précisément d’appartenir aux biens économiques pouvant posséder une >aleur d’échange et obtenir un prix.
Or, là où les quantités des richesses naturelles sont limi ■ lées, tout producteur prend incessamment, par le fait de la production même, des éléments à un trésor commun, — éléments ne pouvant pas servir à la fois à quelque autre production ou à une autre consommation directe. Ceci est d’autant plus important que les quantités des ricliesses en question sont moins abondantes et pour cette raison plus recherchées.
Le sol qui est occupé par A dans un but de production, ne saurait être choisi, dans un meme but utile, par R; les mines de charbon épuisées par noire génération actuelle et
(i) Nous nous joifjnons entièrement au\ observations suivantes que, dans son livre : Kapital und Kupita(:ins (tome I, ch. xii, 2, A. a* édit. |i. VVj)i M- Boiim- Bawerk a faites sur celle thèse ; « Nous économisons la force originale du travail, comme le dit Rodl>erliis a bon droit, parce que ce travail, limité par le temps cl la force, se consume en même temps qu'il se dépense, et parce qu U est, enfin, une spoliation de notre liberté. Cependant ce ne sont la que des motifs incidents et ce n’est pas encore le dernier motif [H)ur notre conduite de bon économe. Kn définitive, nous économisons le travail limité et fatigant parce que, par une administration |hmi économe à son égard, nous aurions à subir une perle de bien-être. Précisément le même motif nous amène à économiser également toute autre chose utile, dont nous ne saurions être prives ou que nous ne saurions perdre sans subir de mènie une perle de jouissance, étant donné que celte chose n’eiiste sous nos mains qu en qiiaalilé limitée. Il en sera ainsi, soit que cotte chose s’appelle lorce originale ou non, et qu’elle ail coûté, oui ou non, de la force originale (pli est le travail. » Les conséquences communistes qui découlent rigoureusement de ces prémisses, vis-à-vis des « couches naturelles de houille » et de tous les autres dons de la nalure dont notis parle l’autour à et endroit, ces conclusions, M. Bohm-Bawerk n a pas su les tirer. Nous avons pris la liberté de les tirer pour lui.
THEORIE DE LA VALEUR I29
les forets déboisées par elle, ne peuvent plus servir aux générations futures.
Les produits agricoles, blés, etc., que la terre nous donne par une culture rationnelle, les quantités de lioulllc ou de bois extraites des mines ou des forets, ne peuvent donc pas être considérées comme des richesses sur lesquelles les producteurs puissent faire valoir seuls un droit de propriété, résultant du seul fait ([u’ils s’en servent.
Le travail humain qui s’applique à la production de blé, de bouille, de bois, ne saurait être identilié avec ces produits mêmes, malgré la tendance connue, qui se révèle, au marché des marchandises, par la coïncidence de la valeur d’échange de nombre d’articles de consommation avec leur valeur de production.
Pour toute production il y a lieu de parler d’iin « accaparement » de certains agents naturels par les producteurs et, en dernière analyse, par les consommateurs.
La revendication formulée par Rodbertus, que le travailleur doit avoir le produit total et entier de son travail, ou sa valeur sans aucune dédiiclion, n’est pas plus soutenable de ce point de vue communiste et d’après « l’Idée pure de la Justice ») {die reine lieclitsidee) à laquelle il se rélère, que ne l’est l’ordre juriditjue capitaliste de nos temps modernes. Cette revendication est aussi peu logique (ju’ellc se montrerait peu applicable pratiquement dans la vie sociale compli- (|uée de nos jours, où c’est seulement par exception (pic l’ouvrier labrique tout seul un objet entier et où même d’ordinaire le imxluit total et entier du travail de chaejue travailleur, en particulier, n’est pas calculahle-
Knsuite, le système colhîclivisle de karl Marx, qui ivsullc rationnellement de sa théorie de la valeur, n’est pas plus soutenable que l’autre.
Dans un chapitre fort connu, à la (in du premier tome de son Capital, chapitre intitulé : u Tendance liistoricpie de raccumulation capitaliste », Marx considère « rappro[)rialion capitaliste » comme « la première négation de celte propriété privée qui ii’est que le corollaire du travail indépendant et individuel ». Mais il n’a pas caractérisé celte dtnnière comme
TllÉOKIE DE L.\ \ALEÜR
constituant, en cITot, la négation de cette propriété communale primitive, se soutenant sur le travail et la consommation
communs. , ^
Marx a donné, dans ce passage, toute son attention a l expropriation par le capitalisme moderne de ce qu’il appelle les « producteurs immédiats », propriétaires libres des moxens de travail qu’ils meltaiênt eux-mêmes en œuvre, « le paysan du sol qu’il cultive, l’artisan de l’oulUlage cpi’il manie, comme le virtuose de son instrument ». Mais Marx n a pas prêté la même attention an l'ait historique que ces « iietits producteurs indépendants » étaient des « expropriateurs » eux-mêmes, s’étant emparés chacun d’une partie des richesses naturelles générah's, et accaparant ainsi, nour leurs propres personnes, une partie de la propriété de tous. 11 n’a pas nOn plus observé que nulle part dans 1 lus toire, sous le régime industriel de petits producteurs indépendants, le « peuple travailleur », dont Marx nous décrit 1 expropriation successive, n’a été le représentant de toute a population laborieuse restée, au contraire, pour la grande masse, en servitude. L’aperçu historique que Marx nous a donné de l’accumulation capitaliste est aussi incorrect et incomplet du point de vue historique, que la conclusion, a laquelle il parvient, est scientiliquement imparfaite
Cette conclusion est conçue comme il suit : « Mais la production capitaliste engendre elle-même sa propre négation avec la fatalité qui préside aux métamorphoses de la nature. C’est la né-ation de la négation. Elle rétablit non la propriété privée du travailleur, mais sa propriété individuel e, londee sur les acquêts de l’êre capitaliste, i Diese stellt niclit das / nmteiqenilmin vneder lier, wolil aher das individuelle Eigenlhum auf Gnindlane der Errnngenscliafl der kapilahslischen Aéra) sur la coopération et la possession commune de tous les moyens
de production, y compris le sol » (i). . „ ,,
Ce fpie Marx qualilie ici de « propriété individuelle, fondée sur les acquêts de l’êre capitaliste », ne saurait constituer qu’une situation transitoire dans la civilisation humaine, .e
(1) Rarl Marx, Das Kapital, I, Irad. franç., p. 342, vol. 2.
n’esl pas, cii tout cas, la « négation » complète du mode d’appropriation et de production caj)italist(‘s actuel, et de l’ordre juridi([ue moderne londé stir lui.
Ce qni va se développer avec la (alalité présidant aux métamorphoses de la nature n’est pas, en dcdinllivc, la propriété individuelle sur la base de la possession commune des moyens de production, le sol y compris, moyens qui seraient séparés des autr<*s richesses. Ce ([ui va se développer dans les siècles l'iitiirs, c’est la consommation individuelle sur la base de la propriété communiste . Cette dernière ne saurait établir une s(‘paralion catégoricpic entre le sol et les autres moyens de production d’une part et les articles de consommation de Tau Ire.
Après la critique précédente, que nous avons cru devoir exposer aussi amplement que possible, nos conclusions sur la valeur objective sont faciles à dcviner.
si r on demande à la lliéorie iilililaire quelles sont les bases et la grandeur de la valeur objective (valeur d’échange), elle répond que cette valeur dépend de u Tutilité limitalive » que possèdent les richesses pour leurs consommateurs, c’est-à-dire de leur application future. La théorie moderne de la i^ileur-detravaiU au contraire, répond que cette valeur dépend du travail socialement indispensable que les richesses représentent, c’est-à-dire, des conditions dans lesquelles elles sont produites.
La vérité entière est que le « coût » de production ou de reproduction des richesses, ainsi que leur aptitude à être utilisées par les consommateurs, contiennent de part et d’autre les facteurs qui décident des quantités dans lesquelles au marché elles seront évaluées équivalentes.
Nous distinguons dans l’échange des marchandises deux tendances dilîérentcs qui, parfois même, s’opposent catégoriquement l’une à l’autre : la tendance de la valeur d’échange à coïncider d’une part avec la valeur de production.
THÉORIE DE L.l VALEUR
Vu la multiplicité et l’expansibilité indéfiniment grande de nos besoins et désirs, les richesses que nous voudrions posséder sont, pour la plupart, limitées en quantité. Si même la nature nous procurait abondamment les matières premières et si elle sc montrait vraiment inépuisable, ce qui n’est vrai que pour de rares cas, l’appropriation des diverses espèces d'articles, ainsi que leur adaptation à fusage humain, nous coiiteraient encore des ellbrts (jnc nous avons l’habitude de considérer comme le u coût » indispensable de leur acquisition.
Nous ne pouvons pas nous procurer tous les articles de consommation aussi facilement que l’air que nous respirons et, cependant, cet air, comme le disait Hegel, nous avons à le chaulTer dans notre poitrine, c’est-à-dire à Icgagner par notre clfort. La matière est rebelle et ne nous est pas absolument soumise : les matières élémentaires doivent être appropriées, manipulées et transformées généralement, avant de pouvoir être utilisées par l’homme sous une forme quelconque. Ce n’est que par le travail que les matières élémentaires obtiennent de la valeur d’usage et avec celle-ci de la valeur d’échange.
La tendance à évaluer les denrées d’après leur valeur de production, c’est-à-dire d’après leur coût d’acquisition, devait donc nécessairement naître parmi les hommes. Le travail comme coût d’acquisition est l’élément réel avec lequel l’homme collabore, lui-même, à la création des richesses et il est évident que, dans la plupart des cas, cet élément aura une inlluence décisive sur l’échange objectif des richesses.
Cependant, bien que le travail soit le seul élément que l’homme puisse apporter dans la création des richesses cl que, par suite, — ce travail étant considéré généralement comme un sacrifice de force vitale et de liberté, — les hommes soient enclins à baser la valeur d’échange des richesses sur la valeur de production, il est non moins clair que la valeur de production et la valeur d’échange ne doivent pas être identifiées, purement et simplement.
En définitive, nous n’attachons une valeur à un article de consommai ion quelconque (jue parce ipie cet article pourra servir à la satisfaction de nos besoins et désirs ; c’est pour
THÉORIE DE LA VAI.EÜU
cf'tto raison sculonicnl que nous donnerons notre travail pour nous le procurer.
Si donc deux dilTérentes richesses ou, ce qui est ]dusé^ ident encore, — deux quantités d’une même ricliessc sont nécessairement produites avec le inèinecoiit de travail ou décapitai, nous serons seidemcntenclinsa les traiter dans 1 échangé comme écpiivalentes, lorsque nous les considérons de même comme é([uivalentes au point de vue de la consommation directe. D’autre part, lorsque deux produits dans des quantités quelconques nous semblent posséder la même valeur d’usage, nous éprouverons encore une tendance h les considérer dans l’échange comme équivalents, malgré la dilîérence éventuelle qui pourrait exister dans leur coût de pioduction.
Celle vérilé nous a sauté aux yeux lorsque nous avons parle des vins du Ithin ou de Champagne comparés au vin ordinaire et qui, malgré des Irais de production sensiblement égaux, pouvaient avoir une valeur d’échange très dilTérente ; la même idée s’esl encore vérihée dans le cas où deux quantités égales de blé, produites sur des terres de ditTércnte l'ertilité, c’est-à-dire avec une dépense dillérente de capital et de travail, avaient cependant une valeur d’échange sensiblement
égale.
Nous n’aurons donc plus à nous occuper de cette hypothèse de l’école marxiste que des qmnlilés égales de travail indispensables à la production de différentes richesses créent nécessairement des valeurs égales, pourvu seulement ([ue les choses créées soient « utiles » en un sens quelconque et possèdent une « valeur d'usage » quelconque. A ce point de vue, la théorie de la v aleurde-travail, poussée à de telles conséquences, est condamnée
par les faits de la vie pratique.
Comment et dans quelle proportion collaborent la valeur de production et la valeur d’usage à la création de la valeur d’échange des richesses, telle est la ([ueslion capitale qui se pose tout d’abord.
Eu cherchant la solulion de ce problème, nous constaterons une fois de plus la difficulté de trouver pour la vie sociale des ornudes générales ou des schèmes nettement tracés et appli-
THEORIR DE L.V VALEUR
cablos à tout cas parliculior cl à toute cpianlito spéciale d’une marchandise. Comme tout à ri»curc, lors de notre analyse de la valeur subjective, nous devrons donc nous contenter de tracer les grandes lignes d’une théorie de la valeur.
Do prime abord il laut faire observer cpic rarement le travail humain seul, c’est-à-dire ce que l’on dépense à produire ou a atteindre un Inen, sullil à lixer la valeur objecli\e de ce bien, et (|ue pour nul produit la valeur d’échange ne tend exclusivement à coïncider avec la valeur de production sans (|uc la valeur d’usage exerce une Inlluence quclcon(|ue.
Nous trouverons des produits dont la valeur d’échange se présentera à nous comme dépendant essentiellement du coiit de leur production, de sorte qu’en apparence, elle ne nous semble lixée que par ce coût ; mais nous verrons, sur l’arriére-plan, se maintenir toujours la valeur d’usage. Pour ces catégoriels de produits la valeur d’usage nous indi(juera, par exemple, ([uelles quantités spéciales seront de préférence mises de coté et perdront partiellement ou entièrernent leur valeur par suite d’une surabondance relative; ou.au contraire, quels exemplaires ou (piantités spéciales du produit augmenteront (le valeur de préférence à d'autres dans le cas accidentel d’une provision insullisantc. Même pour les produits les plus simples et les plus unihu’mes, comme des clous ou des crampons labriqués mécanupiement, un objet pourra mieux s(u vir à un but déterminé qu’un autre cl atteindre, par suite, une plus haute valeur ([ue cet autre. Kn outre, dans toutes les sphères de la production sans ex('eption, un objet ou une ([uantité déterminée d’un produit peut toujours avoir une plus haute valeur d’apiés les besoins momentanés du consommateur, abstract ion faite des frais de la jnoduclion.
La vie journalit'rc nous montre que la vaUuir d’échange de certaines marchandises piuit même varier tous les jours et à toutes les heures de la journée en s’élevant au-dessus ou en tombant au-dessous du coût de leur ])roduction.
L(‘s fraises apportées le matin au marché p<Hivent s’élever non seulement à une [)lus haute valeur d’usage, mais aussi à une plus haute valeur d’é'change au fur et à nK^sure (jue le soleil s’élève ; lors(|ue, vers le soir, la chaleur d’été diminue
l3(j THÉORIE DE LA VALEUR
tandis que, de leur coté, les fruits commencent lentement à perdre la fraîcheur, alors la valeur d’usage et en même temps la valeur d’échange des fraises baisseront successivement.
11 nous serait fort dilhcile, d’autre part, de trouver des richesses dont les évaluations objectives se font dans 1 échange exclusivement d’après leur valeur d’usage et complètement en dehors de l’inilucncc du coût de leur production ou repro-
duction. , . , .
La valeur de certains produits, comme le vm du Ulim ou
de Champagne, particulièrement favorisés par la nature, peut s’élever il est vrai, bien au-dessus du niveau de celle que le vin ordinaire atteint dillicilement et (|ui se rapproche sensiblement du coût de la production. Ce coût, cependant, ne cesse pas d’être, dans un cas comme dans l’aube, un élément essentiel de la valeur d’échange du produit. Même tlans le cas où la production des richesses est extrêmement secondée par la nature, le coût de la production constitue le premier élément déterminant de la valeur d’échange et des prix de marché qui. tout en s’appuyant sur eux, se modifient et se développent ultérieurement suivant les circonstances. .
Lors de notre examen de la valeur subjective nous avons
observé que la pensée du coût social de la production des richesses, ou éventuellement du travail personnel que le consommateur doit se donner pour les acquérir, peut esscnticdlcment intluer sur les évaluations personnelles de leur valeur d’usaqe. Au marché, cependant, ce n’est pas exclusivement le consommateur, mais encore et surtout le producteur qui se fait valoir pour tixer la valeur et le prix ; le producteur, nous le savons déjà, est poussé, par son propre intérêt, à inlerromprc la production d’un article, aussitôt que les frais de la production ne sont plus couverts. Au marché il est donc impossible de ne pas compter avec la valeur de production comme rélément essentiel qui se fait sentir dans toutes les
transactions entre les hommes.
C’est seulement lorsqu’il s’agit de certaines richesses qu on ne peut pas reproduire, telles que les chefs-d’œuvre des maîtres antiiiues, les vieilles monnaies, ou certains objets historiques.
THÉORIE DE LA VALEUR I07
que la valeur d’usage se présente à nos yeux comme 1 élément prédominant ou meme exclusivement déterminant de la valeur d’échange.
Ricardo divisait, comme l’on sait, en deux catégories, les biens qui, dans leur ensemble, composent les richesses humaines : En premier lieu des richesses telles que « les tableaux précieux, les statues, les livres et les médailles rares, les vins d’une qualité exquise qu on ne peut tirer que de certains terroirs très peu étendus, et dont il n y a, par conséquent, qu’une quantité très bornée », — choses dont la valeur ne risque point de baisser par suite d’une plus grande abondance.
Contrairement à la vérité il considérait la valeur de ces espèces de choses comme ne dépendant que de leur « rarete » et comme « entièrement indépendante de la quantité de travail qui a été nécessaire à leur production première ».
 coté de cette catégorie de richesses ne contenant qu’une très petite partie des marchandises que l’on échange journellement, Ricardo plaçait ensuite le plus grand nombre des richesses : « ces marchandises dont la quantité peut s’accroître par l’industrie de l’homme, dont la production est encouragée par la concurrence, et n’est contrariée par aucune
entrave » (i).
Nous n’avons pas à nous arrêter longtemps ici à la vieille théorie développée par Ricardo concernant la valeur des deux catés;ories de biens qu’il distingue. Dans notre analyse de la valeur de production nous examinerons encore de près sa théorie de la valeur des biens de la deuxième classe. En ce qui regarde les biens de la première catégorie, nous faisons remarquer de prime abord cpie relativement à cjuelques-unes des richesses que Ricardo vise ici, le coût de la production peut incontestablement constituer un élément réel et même important de la valeur d’échange. Que la « rareté » de ces richesses ne soit pas le seul facteur dont dépende leur
(l) Voir Ricabho, Princii>les of Poliiical Economy and Taxation, cbap. i, sect. ï, Irad. iVanç., p. 3.
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TliKORtE DE E.V VALEUR
valeur objoclivc, ce fait résulte déjà de ce que des œuvres également rares n’ont pas tontes la même \aleui.
" En elVet, si la théorie de Kicardo était exacte. — tous les manuscrits ou toutes les estampes dont il reste un exemplaiic xm'iqnQ devraient posséder In même x'nlenr. Il est e^ident qiie le mot de rareté n'exprime que très défectueusemeut l idee
cpie Ricardo a voulu exprimer.
Pour le moment, cependant, nous n avons pasa laire la ciiticpie de la définition de Ricardo, mais de la classification des richesses. 11 est évident que Ricardo en formidant sa théorie de la division des richesses en deux classes, a eu le grand mérité d’avoir cherché le premier h séparer les divers articles de consommation selon l’aspect durèrent de leur valeur, mais^ sa théorie est incomplète et peu satisfaisante pour la science économique moderne.
11 y a assurément des catégories de richesses autres cjue celles que Ricardo nous a indiquées. On peut même dire qu’une classification des richesses humaines d’après la constitution de leur valeur objective ne saurait jamais être complète. Il n’existe pas de classes nettement séparées des richesses et dès (pi on s occupe do les séparer les unes des autres, l’on trouve toujours de nouvelles nuances dans leur composition ; les proportions dans lesquelles les éléments composants collaborent diffèrent jusqu a l’infini, de sorte que nous pouvons distinguer toujours de nouvelles catégories entre lescpielles les transitions sont insensibles.
L’économie de l’école de Ricardo, bien qu’einprnntant d’une façon générale au maître classique la division des richesses en deux catégories, était bien obligée de constater que cette division était insuffisante.
John Stuart Mill comprenait déjà» les produits agricoles a et en général a tous les produits bruts de la teire » (d// the rade prodace of llie earth) comme une classe intermédiaire entn> les deux catégories distinguées par Ricardo. Ces niarchandises peuvent être multipliées à 1 infini, moyennant travail et dépense, dit iMill, mais « non pas au prix d’une quantité fixe de travail et de dépense (i) a.
(i) Joas Stu.vrt Miu., Prinditles of Politiciil Economy, livre lit, cliap. n, $3, Iracl. franç., t. I, p.
Même après l’intercalation de cette classe intermédiaire, la division ne .saurait nous satisfaire. 11 en sera ainsi de toute division, d’autant plus (pie nous avons allaire ici non pas à des grandeurs concrètes et bien limitées, mais a d(‘s teiidania^s éconoiniipies générales.
Voici le phénomiMie qui, caractérisé à grands traits, se révèle à nous: La valeur d'usage vl la valeur de production. — toutes deux composé'cs de divers éléments, comme nous le savons déjà pour la première de ces formes de valeur. — collaborent à la constitution de la valeur d’é-change obji'ctivc des richesses dans les proportions les pins diverses dont le jeu nous paraît même parfois d’une nature capricieuse.
En tète de la série, pour ce qui regarde l’action de la valeur d’usage, nous trouvons quelques-unes des richesses, que Ricardo a rangées dans la première de ses deux catégories ; richesses sur la valeur desquelles certaines particularités spéciales, telles qu’une beauté extraordinaire, un intérêt bistori(pic, une haute rareté, etc., exercent une inlluence prédominante. Ces richesses ne peuvent pas être reproduites ou Jjien, — si l’on admet que des choses aussi semblables (|ue l’on voudra puissent être reproduites, — le coîit de leur production ne formerait qu’une fraction secondaire de la valeur totale qu’elles représentent.
Les richesses de celte sorte : statues et tableaux antiipies, vieilles monnaies et autres objets bistoriipies, obtiennent pour ainsi dire, en outre de la valeur d’échange d’autres objets de la même espèce, un prix de monopole, dont la grandeur dépend de plusieurs circonstances accessoires, de préférences et de caprices personnels, circonstances (jui les soustraient eiilièremenl à nos recherches sur la valeur objective des biens.
Si la théorie de Ricardo sur le rôle exclusif de la (( rareté » dans la vahnir de ces objets doit être considérée comme incomplète cl contraire à la vérité, l’édition corrigée dosa théorie, telle cprelle nous est donnée par John Stuart Mill, ne soutient pas d’avantage l’examen. D’après Mill, la valeur des choses dont la quantité est absolument limitée, comme les statues et les tableaux anliijues, « dépend de l’oITre et de la demande a,
TllÉORlt: HE LA. VALEUR
c'esl-à-dlrc du u rapport entre la quantllé demandée et la quantité oflerle » {th^ ratio belw^rfi the quaniity dernanded and the quaniity suppUed) (i). Attendu qucroiïreest ici invariable et déterminée d*avance, c’est la demande seule, la a demande elTective » (effectuai demand)^ <jue notis connaissons par le chapitre traitant de la valeur d usage sociale,— qui décide de la valeur. Cette lliéorie. du reste, est parfaitement d’accord avec lopinion de Uicardo. que la valeur de ceschosesa dépend uniquement de la forlune. des goûts et du caprice de ceux
qui ont envie de posséder de tels objets ».
Cependant, nous connaissons déjà, dans toute sa futilité, la formule suivant laquelle la valeur de certains ai ticles de consommation dépend « du rapport entre l offre et la demande » ou, selon l’expression de Mi 11, du fait que « 1 ollre et la demande, la quantité oITerte et la quantité demandée » sont « égalisées ». Supposons qu’à un moment donne la cpiantilé demandée et la quantité olfertc soient rendues égales et que le rapport entre la demande et l’ollre soit celui de i : i. Que signilie alors ce rapport particulier?
En réalité, la déliuilion formulée par Stuart Mill n indique pas de quel élément se compose la demande dont il est question ici ; sa théorie ne donne pas une base réelle a la valeur de ces objets rares.
Cette base, à notre avis, est la valeur d'usage de ces clioscs et rinfluence de cette forme de valeur ('st ici Icllcmenl prédominante et met si bien au dernier plan l’action de la valeur de production , qu’il n’y est meme plus (piestion, a proprement parler, d’une valeur objective de ces richesses. Nous avons donc à considérer les choses de la nature des tableaux et des statues antiques, des objets d’un intérêt historique, etc., comme appartenant entièrement au domaine de la valeur subjective et nous pouvons formuler ce principe général, que la valeur d usage (personnelle ou sociale^ de ces choses indique en meme temps leur valeur d'échange objective.
Immédiatement après cette catégorie d’articles de con-
(i) John Stuart loc. ni , livre III. cliap. n, S 3, voir Irad. franç.,
THÉOUIE DE LA VALEUR
l'il
sommation nous rencontrons une série d autres articles que Uicardo, à on juger d’après les exemples qu il nous donne, a encore classés dans la première de scs cat(*gories; des a ins rares, des plantes précieuses dont la (’ulture exige un sol particulier et l'aide exceptionnelle des conditions atmosphériques, des clîCAaux de course benéliciant de qualités paiticulièrement heureuses, etc. Le coût de production de ces richesses constitue une partie intégrante de leur laleui d’échange, sans c[ue, pourtant, la valeur d usage (personnelle ou sociale) cesse d’étre l’élément prédominant.
Parmi les produits qui constituent ensemble la totalité des richesses de riiumanité, à I autre extrémité de la sérié, se trouvent de vastes catégories de marchandises, en géneial des articles d’industrie, qui peuvent être multipli(*s indéfmiment aux memes frais par le travail humain, et dont la production est donc sous le contrôle complet de 1 homme. La plus grande partie des produits de 1 agriculture et de 1 industrie agricole, les métaux et les autres minéraux servant de matières premières aux diverses industries, n appartiennent
pas à cette catégorie de produits.
Les marchandises que Ton peut reproduire a volonté aux mêmes frais sont celles qui manifestent la tendance la plus prononcée de la valeur d’échange à coïncider avec la valeur de production, Nous ne nous pri’occupons pas ici de savoir si leur production se lait ou non sous le régime de la bbre concurrence, condition considérée comme indispensable par Uicardo et ([ue nous aurons à étudier ultérieurement. Pour toutes ces marchandises la valeur d’usage ne reste pas cependant sans une certaine inlluence. lout en pouvant être multipliés indéfmiment, ces articles ue sont reproduits en réalité sous un rapport rationnel entre la production et la consommation sociale que tant qu’ils pourvoient aux besoins des consommateurs. Dans la société capitaliste, comme nous le savons, la totalité de ces besoins est déterminée non pas par la demande générale de tous ceux qui manquent de ces articles, mais par la (( demande elfcctivc » de ceux qui. au point de vue capitaliste, sont comptés comme consommateurs.
La limite extrême qui borne ici la production est que, pour