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Dhe.ntaNü, Pliilipfie le-Bel en Flandre, Paris, p. et siiiv. Le nivelle-
ment des conditions do vie dans chaque métier sur la base <l’une valeur-de-
travail sociale réglée par les autorités url>;ùnes. voilà le Irait caractéristique qui distingue les rapports de prodqctîya dans le Moyen Age.
TllKOIUE DE LA VALELU
nmnlilé du travail socialement nécessaire au moment ou le produit apparaît au marché, c^est-à-dire au moment où sa valeur de production va se réaliser dans la valeur d'échnmje et le prix de
marché. , ,
C'est dans ce même sens que nous venons encore s apy.,
(iner ce principe à la valeur de production capitaliste développée et cela non seulement par rapport aux produits qui peuvent être au-nnentés indéfmimenl et arliitrairemcnt par 1 induslnc humaine, mais encore aux produits de l’agriculture et de industrie agricole ainsi qu’aux matières premières ipie nous iirociirent les industries extractives ; pourtant, en ce ([ui concerne ces dernières catégories de produits, nous savons que a ]iroductivilé du travail ne dépend i[uc partiellement de
l*hoininc inerne. , .
Une observation particulière se présente ici : bupposons
que dans le laps de temps compris entre la production d une marchandise et son apparition au marché, la ipiantite de travail indispensable à la production de cette marchandise reste la même, mais ipie son producteur trouve au marche un autre produit l'ahriipié avec un coût de proiluction iiioin- Ji-e. c’est-ii-dire pour le cas spécial de la valeur-de-tra vail, par une dépense moindre de travail, — cl que ce deuxième produit corresponde aussi bien ou mieux que le premier aux mêmes besoins et désirs humains. Il est evidcii que, dans ce cas, il arrivera de deux choses rime ; ou le preinier produit ne sera plus demandé et deviendra une non-valeur • ou bien, la demande, tout en s’allaihhssanl, continuera. L’alternative sera résolue jiar plusieurs circonstances particulières : la mode, les prérérences des consommateurs pour e produit nouveau venu, ou d’autre part leur néophohie. Lu résumé, le premier produit ne réalisera généralement pas une valeur de production supérieure à celle du dernier qui satistail les mêmes besoins ou désirs. Lorsipie, par exemple, le nouveau produit n’exiiïc que la moitié du travail nécessaire a a tabrication du premier, ou peut s’attendre à voir la moitié seulement de
la valeur de production sociale représentée autrelois par le pre-
inier produit sc réaliser dorénavant dans sa valeux cc lan^e c son prix de marché. A neltemcnt parler, ces derniers se cons-
TïîÉOniE DE LA YALEÜU
litucront sui une base qui n’est plus la valeur de production sociale originelle du produit en question, mais qui ne s’élève qu’à la moitié de celle-ci.
Ici le produit, dont il est question, n'est pas privé partiellei,iU do sa valeur de production originelle par un produit parfaitement pareil possédant les mêmes propriétés intrinsèques, mais par un produit d’une autre espèce, capable de satisfaire les memes besoins et désirs humains.
Dans nos recherches sur la valeur de production en général et la valeur-dc-travail en particulier, nous avons loujoui's parlé jusqu’à présent, en termes généraux, du coût nécessaire de la production ou du travail socialement nécessaire à la production, sans faire une distinction, pour chaque produit en particulier, entre le travail directement appliqué au
produit, et la ([uanlité de travail que l’on peut considérer comme transmise au produit par rinlermédiaire des moyens de production.
L(vs moyens de prodaefion, comme l’on sait, comprennent encore d’une part les matières premières ci matières secondaires, v d’autre part les moyens de iravad: immeubles, outillaye, etc. C’est à leur égard que nous avons à faire quelques observations importantes sur la constitution de la valeur de production. Ces observations s’appliquent encore une fois à la valeur de production en yénéral et non exclusivement à la oaleur^dctravail.
Los artisans qui ont fabriqué l’ouvrage de tabletterie dont nous avons. examiné la valeur-dc-travail sociale, ont donné à ce produit une valeur de production correspondant au travail dépensé ; leur travail peut être considéré comme entrant purement et entièrement dans le produit, avec la réserve déjà faite que c’est généralement la valeur-dc-travail sociale qui compte ici dans réchange et non la valeur-de-lravail personnelle.
L’ouvrage de tabletterie, cependant, représente autre chose que le travail que nous venons d’y retrouver. 11 contient encore d’abord la matière première, bois ou ivoire, qui généralement est livrée par d’autres ouvriers et qui, en tout cas, passe entièrement et avec toute sa valeur de production dans
THÉORIE DE EA. VAEEUR
le nouveau produit. Elle ne subit une transformation dans le processus de la production que pour reparaître, sous une nouvelle lornic, dans le produit linal. Nous n avons a analyser pour le ixiomenl l(t valeur de production cl notre problème est autre que celui des ouvriers tablcliers c[ui ont à juger chaque plaque de bols ou d’ivoire d ajires 1 usage qu ils en peuvent faire. Notre tâcbe est donc assez simple. Au travail de ces ouvriers nous avons à ajouter le travail necessaire a la production et la livraison de la matière première. Nous supposons que, dans la branebe de métier qui s’occupe de la fabrication de la matière première, le coût de la production se réduise encore à une dépense de travail.
Dans l’industrie spéciale choisie par nous il n’est pas question, à proprement parler, de matières secondaires. Si nos ouvriers étaient des fondeurs de cuivre ou de bronze et leur œuvre un objet de fonderie artistique, il en serait autrement. A côté de leur matière. première (cuivre ou bronze) ils auraient encore à compter avec les matières secondaires, combustibles et autres, emplovées dans leur industrie. Les matières secondairc'S se distinguent des matières premières en ce qu’elles n’apparaissent pas dans le produit final, mais sont consumées, au contraire, dans le processus de la ]iroductlon, sans laisser trace de leur existence. Cependant, en principe, ces derniers matériaux ne sont pas moins nécessaires à la constitution du produit que les matières premières ; comme ces dernières, ils doivent être considérés comme entrant dans la valeur du produit avec leur entière valeur de jirodnction, (valeur-detravail ou valeur de’produclion capitaliste développée).
Tel n’est pas le cas pour ce ipic l’on désigne sous le terme spécial de moyens de travail. L’immeuble où l’artisan exerce son métier peut continuer à exister aussi longtemps cpie l’ouvrier exerce sa profession, ([uel que soit le nombre des pièces livrées par lui. De- même ses outils durent plus longtemps ([ue chaque processus particulier do production. Mais immeuble et outils subissent des altérations. Tous ces moyens de travail, (pioique dans undélai dilfén'nt, s’usent a la longue. Aussi faut-il réparer de temps en temps l’immeuble; aiguiser cl maintenir en bon état les instruments de travail.
THÉORIE DE EA VAEEÜR
Rappelons-nous maintenant que notre ouvrage de tabletterie représentait une valeur-de-lravail sociale de 5o heures. 11 faut tenir compte ensuite de la ejuanti té de travail dépensée à la fabrication des matières premières et secondaires. Admettons qu’elle soit de i3 heures. Supposons enfin que l’usage des movens de travail représente 5o jours de travail par an dans les conditions générales de production: 20 jours nécessaires, par exemple, pour compenser l’usure matérielle des moyens de travail mis h la longue hors d’usage, et a5 autres jours représentant le temps nécessité par les réparations continuelles et l’entretien des outils, le nettoyage de l’atelier, etc. A ce litre, la valeur de production sociale de l'objet en question devra être augmentée d’une fraction de ces 5o jours de travail correspondant à la durée de sa fabrication.
Aussi longtemps que le métier continue à être exercé par l’artisan et i[ue la valeur de production se présente encore à nos veux comme desimpie valeur-de-travail, l’ouvrier traitera encore souvent l’usure de ses moyens de travail comme une quantité négligeable; tout au plus, la comptera-t-il grossièrement dans les prix qu’il demande. 11 en sera tout autrement dès que nous verrons se transformer peu à peu la petite manufacture en petite Industrie, Industrie moyenne et grande industrie. Là les movens de travail, bâtiments, machines, outillage, etc., commencent à jouer un rôle toujours plus important ; rentreprencur y est naturellement porté h compter sérieusement avec la valeur de production transmise au produit par chacun de ces moyens de travail, et il les spécifie soigneusement dans ses prix de revient.
L’entrepreneur moderne enregistre dans scs livres une somme annuelle pour la détérioration de ses machines; il met de môme au compte des dépenses une somme répondant* à f usage, — sinon au loyer, — de ses locaux. Môme dans ce stade de développement de l’industrie, on ne tiendra pas un compte exact, pour la détérioration des instruments do travail, de laduréede leur emploi, depuis leur mise en service jusqu’à ce qu’ils soient hors d’usage. Pourtant, du côté des entrepreneurs, ce calcul a beaucoup gagné en précision avec les années. C’est précisément celte possibilité de compter plus facilemcntet avec
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une plus grande cxaclitudc l’usure, les frais d entretien, etc. des moyens de production que nous avons déjà comptée comme un facteur essentiellement tavorable a la transformation delà valeur-de-travail primitive en valeur de production capitaliste (i).
Le produit final du travail du tablclier pourrait représenter ainsi une valeur-dc-travail sociale non de 5o heures, mais de 05 heures ; par exemple, 5o heures pour le travail direct de la fabrication, heures comm<‘ valeur de production des matières premières et secondaires et enfin 3 heures pour rentretien des moyens de travail, rusure des outils, etc.
Ainsi, nous voyons que les moyens de travail n entrent pas entièrement dans chaque exemplaire du produità la fabrication diu[uel ils ont servi, à l’inverse des matières premières, généralement aussi des matières secondaires. Us s’absorbent dans le produit total d’une période entièrede production, de sorte <[ue le coût qui correspond à leur usage ne peut s’appli(picr (|uc par fraction à chacun des objets fabriqués pendant cette période.
Il est tout naturel que pour l’ime et l’autre espèces de moyens de production, on ne saurait parler d’une transmission de valeur de production de ces moyens au produit final qu’autant qu'ils possèdent eux-métnes cette valeur. Les matières premières ou secondaires qui sont gratuitement a la disposition du producteur n’entrent pas dans la valeur de production personnelle ; celles qui sont librement accessibles à tous
(i) Lüs autorités dos villes du Moyen Age, dans leurs règlcmonls des métiers, ne tenaient pas evclusivemont compte des malières premières et do la main-trœuvre, mais encore des insti'utnents de /rauai7. Pour en donner la preuve, nous nous référerons encore une fois au métier des drapiers dans la ville de Leyde. Il éUit expressément défendu, dans cette ville, de carder la laine ; on la peignait pour ne pas trop casser le poü du dra[». Les outils au moyen destjuels se fai&iil celte operation spéciale étaient encore sci upuleusemeut déterminés (Voir le D" P. J. Block, (oc. cU., p. 11J7). « La disposition et la grandeur des métiers, le nombre des iils, sont Hxes d une manière précise. ft. b usex— Brcnïa.\o, Philippe le Hel ett bltindee^ p. 53).
Ici encore c'est à la bonne fabrication dn produit que les autorités médiévales voulaient veiller. Il est évident, d'autre part, que leurs prescriptions sur les outils étaient encore un obstacle important au développement tecbnique des métiers.
n’entront pas davantage dans la valeur de production sociale des produits. Los unes et les auU'cs sont comme les forces naturelles qui prêtent graluilement leur concours dans le processus de la producllon. Le sable ou le bois sauvage de la forêt peuvent ne coûter au producteur que le travail necessaire à les recueillir, les transporter et les appliquera une destination spéciale ; pour le reste, ils peuvent ne pas lui couler davantage que la lumière du soleil ou Leau de pluie. 11 en est autronient, si ces dons de la nature ne se trouvent c[uc par
exception à la libre disposition du producteur et se présentent en ce cas comme un monopole. La force d’un courant d eau dans une contrée industrielle peut nous servir d’exemple. Dans le cas du monopole, c’est seulement la valeur de production personnelle et non la valeur de production sociale qui reste invariable. 11 est donc très compréhensible (|uc la petite manufacture ait déjà tenu compte, dans la fondation désétablissements, de la proximité plus ou moins grande des matières premières comme de toute autre condition permettant d’économiser les moyens de production. La fondation d’ateliers de sculpteurs sur bois dans les contrées boisees de la Suisse, de Tburinge et de la Forêt Noire, de sabotiers, vanniers, nalliers, briqueliers aux bords des rivières, s’explique par la même cause pour la période de la petite manufacture.
La grande industrie moderne comporte naturellement, à ce point de vue, bien d’autres exigences que la petite manufacture : mais CCS circonstances accessoires de la production conscr^ ont leur Inlluence. L’établissement des hauts lournaux, des fonderies et des grandes forges de nos temps modernes dans le voisinage des mines, qui leur procurent les matières premières et les principales malières secondaires, est un phénomène du même ordre.
Dans aucune de ces deux épotpies il n’est question d’une nécessité rigoureuse ; on peut économiser par d’autres voles, surtout dans la grande iiiduslric, que la production et le transport des matières premières et secondaires. La Suisse, par exemple, doit principalement l’existence de son industrie movenne et de sa grande industrie à la teclmi([ue moderne (pii transforme la force motrice de l'eau courante en élec-
THÉOUIE DE LA. VALEt U
tricito, c’est-à-dire, à une économie des moyens de travail. D'une façon generale, les principes que nous venons de développer au s\ijet des movens de production sont d’un interet essentiel pour tout degré de développement du travail Immain.
iNous devons encore faire une observation : Les principes généraux que nous avons posé plus haut, relativement au travail s’appliquent aussi aux matières premières et secondaires d une part, aux moyens de travail de 1 autre. (> est non la valeur de pvodiiclion persouuelle, mais la valeur de production sociale f[ui, généralement et pour les deux catégories de moyens de production, entre dans le produit ; de plus, ce n’est pas ordinairement le coût de la production d un produit, mais plutôt le coût de sa reproduction qui, dans les deux cas, compte comme valeur de production sociale. Ce qui est en jeUj selon ce dernier principe, c’est la valeur de production sociale possédée par le produit au moment où il est apporté au marché.
Examinons de plus près encore rapplicalion de ces principes importants : Le tableticr voulant se permettre le luxe de tendre son atelier de tapisseries, ne saurait rationnellement compter l'usure de celles-ci dans la détérioration de ses moyens de travail. La valeur de production sociale transmise avec le temps au produit s’étend bien a 1 atelier et aux instruments de travail, mais non a la décoration des locaux. Quoique les frais dépensés à celle-ci se rangent parmi les Irais personnels de fabrication des objets tic tabletterie, ils ne comptent point dans la valeur de production sociale de ces produits.
Aussi longtemps que le métier reste encore entre les mains de l’artisan, la valeur de production se présentant sous la forme primitive de valeur-de-tra\ail, de semblables dépenses jouent ordinairement un rôle peu iinpoj'tant. Il en est autiement déjà dans la petite industrie et plus encore dans l’industric moyenne et la grande industrie de nos jours. Ici tous les frais de production de celte espèce cxiTcenl une iniluence plus ou moins importante, à tel point, qn un excès de dépenses sur ce chapitre peut décider bien souvent de 1 a\enir d’une entreprise.
Les machines coûteuses qu’emploie souvent la grande
industrie moderne perdent sensiblement de leur valeur avec le temps, non seulement par cause d’usure matérielle, mais aussi par le simple fait de leur âge. Un entrepreneur dans la grande industrie moderne doit se tenir au courant du développement de son industrie et se préoccuper des inventions nouv(*lles de la mécanique en tant que celles-ci peuvent lui permettre de réaliser des économies. S il oubliait ce juMneipe, sa machinerie, pour ainsi dire, se sur^ivrait aclle-méinc. Par opposition à rusurc matérielle, ce qu on peut appeler
l’usure économûpie des moyens de production.
Dans certaines branches de la grande industrie, on reconnaît ainsi la nécessité du remplacement total de toute la machinerie (usée ou non usée) au bout de quelques années de service. Nous nous sommes laissé dire que les compagnies d’assurances conti'c rincendie comptent avec celte nécessite et font payer en conséquence de hantes primes aux propriétaires de ces entreprises.
Ici la valeur de production sociale des instruments de travail et leur absorption dans un espace déterminé de temps joue un rôle essentiel et ceci s’applique non seulement a tout entrepreneur en particulier, mais meme a 1 industrie nationale ou internationale (i).
D’autre part, la (piestion de savoir ce qui compte comme, valeur de production dans un sens général et sociîd a une iniluence beaucoup plus importante pour la grande industrie que pour la petite manufacture elle travail de l’artisan isolé. Si la tapisserie ornant l’atelier du tableticr n’apporte pas un
(i) PiERUE KROï*nTKiNE, tlans son livre: Fieltls, Faclorios and M*orhhops, donne la eom|wraison inlôi*es.sante <[ni suit sur l’ôtal inlornational de noire grande industrie : « Il en est de même en Allemagne. l)e|iuis un de
siècle, et surloul depuis la dernière guerre, l’industrie y a sul>i une translormalion eomplèlo. Son outillage, cuticremeut renouvelé dans la plupart de ses usines et manulaclures, represente, pour ainsi dire, le dernier mot du progrès .. Les nouvelles usines de rAllemague débutent avec rcxpêrienec acquise par Manchester après un siècle d’essais et de lalonnemenls, et en Russie, on travaille aussi hieu aujounl liui qu’à Manchester ou en Saïe. !^a Russie, à sou tour, essaie de s’émanciper de sa dé|>eiidance vis-à-vis lie l’Europe occidentale et fabrique tleja elle-iuéme la plupart des articles qu’elle importait autrefois de l’Angleterre ou de 1 Allemague. » (/oc, cil., chiip. I, pp. lo-ii. Trad. Victor Dave;,
CSC
THÉORIE DE L\ VALEUR
tort irréparable aux affaires de rartisaii, rélablisscmcnt trop luxueux d’une entreprise de jurande industrie pourrait plus facilement mener renlrepreneur à sa ruine. Ici les limites sociales posées dans chaque branche d’industrie, indépendamment de la personne de l’entrepreneur, ont un interet beaucoup plus direct ; une méprise à l’égard <les moyens de travail y est d’une portée bien plus grande ; il est dilficiledc remédier à l’excès de dépenses apporté dans la construction d un vaste immeuble, tandis que l’artisan a bientôt lait d enlever ou de vendre quelques objets imprudemment achetés.
Dans la petite industrie, l’industrie moyenne et la grande industrie, l’économie relative aux matières premières et secondaires joue un rôle non moins important assurément que dans la petite manufacture. Dans un étîddissemcnt de grande industrie moderne bien dirigé, chaque objet, le plus petit même, doit avoir sa place et ne pas rcsl**r inutilisé, t u entrepreneur de capacités commerciales supérieures attribuait principalement la prospérité de sa fabrique de carrosserie à la bonne administration, au système d’économie pratiqué par la direction ; pas un bout de ficelle dans son entreprise n\Hait gaspillé et tout, jusqu’aux copeaux de bois et aux vieilles boîtes de fer blanc, trouvait toujours son emploi.
Plus encore que l’économie des matières secondaires c est celle des matières premières qui exerce ici une inlluencc essentielle, parce que celles-ci s’emploient en quantités plus considérables : « Si une livre de coton sulfit en moyenne pour faire une livre de filés, nous lait remarquer Marx, ce n’est que la valeur d’une livre de coton t[ui sera imputée a la valeur d’une livre de filés (i). »
Pour chaque établissement de grande industrie se trouve ici exprimé en ([uelques lignes un principe général de la plus grande importance pour le bon succès de l’entreprise.
Nqus faisons expressément rernarquci' que toutes ces observations sur les matières premières et secondaires, sur les movens de travail et sur leur inlluencc dans le processus de
(i) K\Rr. M\rx. Das Kapilalt t. T. trad. frain;., p. 8o, col. 2,
la création de valeur, s’appliquent uniquement a la valeur de production que ces éléments ajoutent au produit ; elles ne se rapportent mdlemcnl à l’inlluence qu ils exercent sur la r*aleiir d'échanye. C’est une erreur importante de notre théorie moderne de la valeur-dc-travail, erreur quel on retrouve egalement chez l\odb('rtus et chez Marx, de supposer que la (( valeur » des moyens de production (c est-a-dire scion leur doctrine, la quantité de travail représenté par ces moyens, ou ce que nous appelons leur valeur de production) entre telle quelle dans la valeur d'échange des produits, au fur et à mesure qu’elle est consommée dans le processus de la production.
La confusion est manilesle ; si la part de la valeur d échange des produits que l’on peut mettre au compte des moyens de production ne peut pas être fixée exactement, néanmoins on ne saurait ridentlficr purement et simplement avec le travail représenté par ces moyens de production dans la proportion de leur usure. Le service que le matériel de production rend dans la constitution de la valeur d échange objective des produits est autre cliose que la valeur de production représentée par la part consommée du matériel.
Il est à peine utile de répéter que nous nous retrouvons encore, en dernière analyse, en présence de cette hypothèse si souvent crllicpiéc que, dans l'échange, les biens produits par le travail humain possèdent seuls une valeur et que leur valeur correspond nécessairement à ce travail.
Dans notre discussion de celte hvpotlièse nous avons fait remarquer que les dons de la nature qui sc trouvent gratuitement au service de l’iioinmc et ne possèdent aucune valeur de production ne peuvent pas être mis à l’écart en vertu de leur gratuité lorsque nous estimons la valeur d'échange des produits. Dans la haute importance qu’ont les agents naturels pour la création des richesses humaines cl leur inllucnce essentielle sur la constitution de la valeur d’échange de ces dernières, nous avons rencontré précisément un des meilleurs arguments que puissent apporter les communistes contre l’accaparement de la nature par les Indi\idus.
Il est donc évident que nous nous opposerons catégoriquement aussi à ridonlificatRin des services que nous rendent les