‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 23 sur 39 · THÉORIE DE E · texte numérisé non relu

THÉORIE DE E

vAEEi n

matières premières et secondaires et les moyens de travail avec la valeur de production qu’ils représentent. Cette ideniilication est aussi insoutenable pratiquement que théoriquement.

Dans un chapitre traitant de la valeur des biens complément taires nous exposerons dans son développement le principe général suivant : Lorsque différents facteurs ont collaboré à la création dhnt bien économique on ne peut ]>as jneltre au cotnpte d\ui seul le produit de Vaefion cofnmunc. En diminuant la valeur totale d\ni produit de la valeur que certains facteurs représentent en dehors de la combinaison, pour attribuer ensuite la différence à Vaction d'un seul facteur conservé, on oublie que les biens complémentaires doivent être jugés dans leur ensemble.

D’après ce principe, si Ton veut déterminer la part qui revient à Taide des moyens de production dans la création des richesses humaines et la constitution de leur valeurs on ne peut pas remplacer cette aide par le coût de la production ou de la reproduction des moyens en question. C’est du moins impossible en ce qui concerne la valeur il'éohanfje de nos richesses malgré la théorie moderne de la valeur-detravail. Celte substitution ne s’applique en réalité (pTà la valeur de {moduction des richesses.

Ivarl Marx s’esl laissé entraîner a poser l’hypothèse suivante : U Les moyens de production ne peuvent... jamais ajouter au produit plus de valeur qu’ils n’en possèdent euxmemes. Quelle que soit l’utilité d’une matière première, d’une machine, d’un moyen de production, s’il coûte i5o livres sterling, soit cinq cents journées de travail, il n’ajoute au produit total qu'il contribue h former jamais plus de loo livres sterling (i) ».

Celte hypothèse est aussi inexacte lorsipi’on la veut appliq\ier a la valeur d'échange des biens <pi’clle est correcte relativement à leur valeur de production. Aussi caractérise-l-elle une lois de plus la confusion entre ces deux formes de valeur,

( i) Voir Kaul M\nv, Das Kapiicif* t. ï, tract, franç., p. 88, col. i, Roduektcs, de son colé, a moins approfondi celle matière, \oir cependant. SociaU Frafje, l. I, p. 69-70.

confusion que l’on retrouve continuellement dans les œuvres de Marx.

Si, cependant, noiis devons rejeter ici les théories présentées

par la doctrine moderne de la ^aleur-de- travail en tantqu elles

s’appliquent à la valeur d’échange, nous n’acceptons pasdavanlage celles que la doctrine utilitaire expose au sujet des moyens de production.

La doctrine utilitaire moderne, d’après ses représontants les plus aiitorisés et d’accord avec sa théorie générale de la valeur, considère la xaleur des uiacliines et celles, en général, de Ions les « biens productifs », comme dépendant de « l’utilité limitative » du produit linal prêt à la consoinmalion et comme ne s’appuyant pas, par suite, sur le coût de production de ces biens mêmes » (i).

(1) Très cuneiisc, h cc sujet, est l’exposition ipie donne M. Bnlmi de celte livpolhcstr. Cf. Kapilal and Kapiialzins, t. II, p, 190 et suiv,

' « Supposons, dit-il.qu’im article de consommation A provienne d un groupe de biens productifs du detixièine ordre (G^, ; celui-ci, à son tour, d un croupe du Iroisicme ordre dérivant lui-inéme d’un groupe du (|ua-

trième ordre (G,) et ainsi de suite. A litre d’exemple et pour eclairer cette division empruntée à Mcngcr, il prend comme article de consommaliou le pain : comme groupe productif du deuxième ordre, la farine, le Jour de boulantier et le travail du boulanger collaborant a la proiliiclion du pain , comme groiiiK' productif du troisième ordre, le blé, le moulin, les maténauj' pour instruire le four, etc., servant tous ensemble à la produclion des biens du deuxième ordre ; enfui la terre qui procure le blé, la charrue, le travail du laboureur, les mntériaajr nécessaires à bâtir un moulin, etc., seront tics bmns productifs du quatrième ordre. M. Bobiii pose ensuite les deux principes fondamentaux suivants : , • i* •

« Premièrement : attendu que de tous les groupes produclils inlermccliaires

qui passent successivement lun dans l’autre, déi>cnd la meme uldile, la valeur de tous doit être en principe la même. »

« Secondement : la quanlilc de celle valeur commune correspond pour tous ces groupes, en dernière analyse, à la quantité de 1 utilité liimUitive de leur produit linal prêt à la consommation. » (Loc. cil., p. 192).

Daprès cette théorie la valeur du travail du laboureur ainsi que celle de ses Hïoyenv de production dépend de la valeur du blé produit ; celte

dernière valeur à son tour, ainsi que la valeur du moulin, des matériaux pour la construction du four de boulanger, etc., dépend ensuite de la valeur de la farine du four et du travail du boulanger, et enlin ces dermeres valeurs déuendenl encore de la valeur du pain. Ici l'école aulncbienne s arrête Pourquoi i* FsVee fine le pain ne produit pas de nouveau de la Jorcc de travail, comme la force de travail produit du blé, de la farine, />«;« 2 ^ous prenons la liberté do continuer la chaîne de déductions de M. Rohm : la valeur du pain « tiépend » de la valeur de la force de travail produite par le pain, force de travail des laboureurs, arlisiuis, ouvriers de fabriques, etc. ; la

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Celte dernière doctrine ne commet donc pas rerreur faite par la théorie de la \alonr-dc-travail ; elle ne confond pas la valeur de production ajoutée par les instruments de travail, etc., aux produits fmaux avec la partie de la valeur d’échange deces derniers qu’on devra attribuer a la collaboration des moyens de production. Son erreur est autre : C est de confondre \cs services que rendent le travaiU le sol, les outils, etc, dans le processus de la production et dans la création de valeur sous toutes les formes avec la valeur d échange que représentent eux-mémes ces biens productifs.

Elle considère la valeur d’échange d’une charrue (pour reprendre une fois encore l’exemple choisi par \ on Ihünen) comme s’appuyant, en dernière analyse, non sur le coût de ^ production de cet objet même, mais sur « l’utilitc limita-

tive » qu’aura linalement pour les consommateurs le pain, lorsque, dans quelque temps, la charrue aura servi entre les mains du laboureur à la production du blé.

La vie sociale réelle donne un démenti formel a cette ^ théorie, ce qui est assez naturel. Le fabricant de charrues

évalue tous ses instruments aratoires à un mêuïe niveau objectif pour tous les objets pareils ; il ne peut pas ^ compter pour la lixation de leur valeur avec « 1 utilité limi-

i lative » qu’un kilo de pain aura prochainement, — dans une

t année, deux années, etc. , — pour les consommateurs successils.

^ L’acheteur, de son côté, ne voudra pas payer une charrue

^ plus cher que son voisin pour la raison qu’il attend de son

1' objet des services exceptionnellement utiles. De même nous

avons vu déjà que l’orlèvre évaluera un objet d or « au poids de l’or » sans se préoccuper de « rutilile limitative » que cet

valeur de ceUe force de travail dépend ensuite de la valeur du J)lé, des léj^'uines, des arlieles d’industrie, etc., qu’elle produira dans l’avenir. Et ainsi de suite.

Ce raisonnement, se inouv'anl ainsi dans un cercle, d ailleurs incomplet dans la théorie de M. Bohm, se réduit a l’idêé suivante : La valeur des U biens productifs » d’aujourd’hui de[)cnd de la valeur des « biens productifs » de demain.

Cette formule ne nous apprend rien sur la (juantilé de 1 une cl de I autre valeur. Reste à se demander ce qui subsiste de celle théorie lorsqu’on | T ■' l’éprouve à la vie réelle.

objet a eu pour la personne qui le lui olTre ou qu il aura probablement dans l’avenir pour un aclieteur quelconque. Entre les articles de consommation productive (matières premières, machines, outils, etc.) et les articles de consommation directe il n’y a pas de dilTérence à ce sujet.

La théorie que la doctrine moderne de la valeur-dc-travail nous expose relativement à la valeur des moyens de production repose sur la confusion de la valeur d'échange et de la valeur de produclion ; celle que nous trouvons à cet égal d chez les représentants de la doctrine utilitaire moderne repose, en dernière analyse, sur la confusion de la valeur d'échange et de la valeur d’usage.

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