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loiuenl dos demandes différant sensiblement entre elles en quantité. Le fait s’explique aisément par la généralité de l'usage de tels articles. Les articles de cette espèce, apportés au marché en quantités toujours croissanlc's, atteindraient bientôt un point où leur vente ne compenserait même plus les Irais de leur transport au inarcbé. En même temps, cependant, la même espèce d’articles nous donne aussi souvent l’exemple du phénomène contraire : un prix de marché excessivement élevé n’en diminuerait pas sensiblement la demande, attendu (pie la satisfaction des premières nécessités de la vie exige déjà qu’une certaine (piantité en soit produite. En outre les articles que nous visons ici appartiennent généralement h des catégories que 1 on ne peut (pi’exceptionnellement et dans des limites restreintes remplacer par des articles de sphères voisines de la production et de la consommation.
Les exemples que nous avons donnés ici peuvent éclaircir ce fait général cpie la demande des consommateurs se présente au marché comme une quantité totale correspondant a la totalité des besoins qu’éprouvent les consommateurs. 11 ressort de ce que nous venons d’exposer que ces besoins totaux n’ont pas une extension déterminée, mais qu’ils se meuvent généralement entre un minimum et un maximum. Au-dessous de ce minimum la demande de la marchandise ne se restreint plus : les sphères voisines de la production et de la consommation ne peuvent plus apporter leur aide et les consommateurs cessent de se retirer du marché. Le maximum, au contraire, est le point auquel les besoins d’une population sont entièrement satisfaits. Dans ce cas, le travail et le capital donnés à la production de cet article sont dépensés Inutilement et doivent être considérés économiquement comme perdus.
Les besoins totaux diffèrent encore beaucoup, naturellement, selon la nature de chaque article de consommation et le bien-être plus ou moins grand de cbacpie population. Ils sont tout autres pour les perles et les pierres précieuses, pour les habits de luxe et les aliments rares dont rusage est limité à une partie relativement très petite de la population que pour le blé, la farine et le pain dont la consommation
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est générale. Pour le même article de consommation ils sont aussi tout autres dans des pays dillérant par les mœurs, les coutumes ou le bien-être materiel des habitants.
Tous ceux qui ont encore queh[ues ressources se présenteront alors pour acheter certains articles de premièi e nécessité, tels que le pain et augmenteront par leur demande peisonnolle la demande totale de la population. Seuls ceux qui ne possèdent absolument rien, seront dans 1 imj)ossibilité de se présenter comme acheteurs au marché, même pour ces articles de prcmii're nécessité. Ils pouri’ont mourir de faim ou rester sans logis pendant la nuit, peisonne ne s’occupant de leurs besoins de nourriture et de repos. La société actuelle ne tient compte pour chaque article de consommation, — nous le savons depuis notre analyse de la valeur d’usage, — que de la demamle totale et effectuée pouvant se manifester sur le marché capitaliste, c’est-à-dire de la demande de tous ceux qui peuvent payer le prix de marché éventuel d’une denrée. Nous savons déjà que la demande totale et effective dont il est question au maixhé, est généralement tout autre pour chaque marchandise qu’elle ne le serait si tous les biens nous étaient librement accessibles, comme l’eau de la source ou l’air que nous respirons, ou si nous vivions dans une société réglant sa production d après les besoins immédiats de ses membres au lieu de produire pour la demande du marché.
Sous la forme capitaliste de la civilisation, il peut donc rester et il restera communément une partie importante dii la population cpii ne saurait se présenter au marche capitaliste pour la satisfaction d’aucun de .ses besoins et désirs et qui n’y entre en considération pour la demande totale d’aucun article de consommation ; elle n’a rien à offrir, ou ne possède pas, du moins, ce qu’elle pourrait offrir sous la forme monnaie exigée par le marché capitaliste. A côté de cette partie de la population qui est absolument Indigente, il y en a une autre plus étendue encore qui n’entre en considération que pour certains articles de première nécessité et même pour les catégories inférieures de ces articles. C’est à celte classe qu’appartienuenl encore partiellement les masses ouvrières
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de cliaque pays, mémo de civilisation moderne. Si leur bicnetre matériel était plus grand, ces grandes masses de consommateurs probablement ne demanderaient pas beaucoup plus de pain, de pommes de terre ou de coton, mais ils augmcnlcraient, sans doute, leur demande de toile, laine, beurre et œufs et par suite la demande totale de toutes ces especes d’articles. Cette grande partie de chacpic population n’est pas ])récisénicni dans 1 indigence mais se trouve encore dans l’état de pauvreté matérielle et intellectuelle. Ce soni encore toutes ces masses, auxcjuelles s’applique dans toute SI rigueur le mot noté plus haut, qui dou'ent échanger au marché capitaliste, obligées de le laire par la nécessité immédiate. Seuls quelques privilégiés parmi les consommateurs ont le choix entre les diverses catégories de marchandises et les divers marchés.
En somme, nous voyons toujours, derrière 1 ollre et la demande du marché, sc dresser le grand problème de la répartition générale du bien-être matériel entre les diverses classes delà société. Ce problème demandera encore toute notre attention, lorsque notis analyserons dans un autre tome de cet ouvrage les diverses sources de revenu : salaire, prolit, intérêt et rente foncière, chacune en particulier.
Nous devons encore examiner un phénomène général concernant le rapport de la valeur d’échange et du prix de marché a la valeur de production.
Jusqu’ici le coût de production que nous avons vu se présenter a nos veux au marché pour tovite marchandise, était le coiilde prodaciion subjectif de chaque producteur en particulier.
(Juel rôle, cependant, joue au marché la valeur de production sociale ?
Pour les articlesd’usagc journalier dont la valeur d’échange nous a montré la tendance la plus prononcée à coïncider avec la valeur de production et pour lesquels cette dernière reste donc généralement réléniont essentiel dans la fixation du prix de marché, elle joue le rôle suivant : elle indi([ue la
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compensation contre laquelle, sous le mode de production capitaliste, les grandes niasses de ces articles aurcint les plus grandes chances d'étre produits et li\rés au marché. La laleur de production sociale est, d apres notre analyse, la \aleur de production personnelle i[ue rcjirescnteut poui loin s producteurs respectifs les quantités de cha([ue marchandise qui sont produites dans les conditions techniques les plus lavorables, pourvu que ces conditions soient accessibles a tous les producteurs. Mais, puisque tout producteur capitaliste s’appli(|ue ii se mettre au courant des progrès de son industrie, il y aura des s[>hères entières de* la production et de la consommation pour lesquelles les très grandes masses des denrées apparaît ront, en nîalile, au marché plus ou moins nellcnicnt avec leur valeur de production sociale, le prolil moven inclus.
Ici se |)lace une observation importante. Le rapport de rolTrc et de la demande, comme nous 1 avons vu dans ce chapitre, nous apprend, en général, (pielles marchandises devront être considérées par nous comme indiquant le prix de toute la provision apportée au marché. Comme deuxième facteur iniluent, nous devons encore noter les ([uantités propoilionnellcs des marchandises produites et apportées au marché dans des circonstances dilïérentcs.
Dans certains cas, d’après le principe général de l’échange, les marchandises produites et apportées dans les circonstances les plus défavorables devraient, à première vue, déterminer la valeur d’échange et le prix de marché général pour toute la provision de la marchandise. Mais il peut arri^cr en mémo temps que les marchandises de cette catégorie ne représentent qu’une fraction rclali>cment insignifiante de toute la provision, les très grandes masses de la marchandise étant produites et apportées au marché dans des circonstances moyennes ou très favorables.
Dans le cas supposé, les vendeurs de ces dernières catégories de la marchandise se laisseront porter par leur propre intérêt à rester au-dessous du prix qui devrait être le prix de marché général et régulateur selon notre principe. Ce dernier se fixera donc, en réalité, dans ce cas, au-dessous du niveau indiqué
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par la valeur de production subjective (profit inclus) que possèdent pour leurs producteurs éventuels les marchandises produites et apportées au marché dans les circonstances les plus défavorables.
Le prix correspondant à ce niveau pourra tout au plus obtenir le caractère d’un prix d'occainon, u’avant lorce au marebé (pie pour <|uelqucs moments. Ordinairement, dans ce cas, le prix de marebé général s’élèvera encore tant soit peu au-dessus du niveau de la production personnelle des autres (juantités de la marchandise. Moindre sera proportionnellement la (pianlilé des marchandises produites et livrées dans les circonstances les plus défavorables et plus éloigné sera le prix de marché du niveau théori([uc indiqué par le principe général que nous venons d’exposer ; le prix s’approchera de plus en plus de la valeur de production personnelle que représentent pour leurs producteurs éventuels les catégories de marchandises composant au marché les grandes masses de la provision entière.
Le même phénomène, en sens inverse, peut se présenter naturellement lorsque ce sont les marchandises produites et livrées dans les circonstances les plus favorables qui devraient déterminer la valeur d’écbange et le prix de toute la provision. Le prix de marché général, si cette catégorie ne représente (pi’une fraction relativement minime de toute la provision, sera pins haiil, en réalité, qu’il ne devrait rètr(i d’après le principe général développé par nous. Cette fois aussi ce pri.x s’élèverait en réalité plus haut au-dessus du niveau indicpié d’après ce principe, à mesure que les marchandises produites et livrées dans les circoustances moyennes ou très défavorables .surpasseraient davantage eu quantité celles qui apparaissent au marché dans les circonstances les plus favorables. Cependant, le prix de marché restera généralement, dans ce cas, au-dessous de la valeur de production personnelle (pie représentent pour leurs producteurs éventuels les grandes masses de marchandises porti-es au marché.
Il est tout naturel cpie ce principe, agissant acc('ssolremont, à cfité du principe général, dans la constitution de la valeur d’échange et du prix de marché, exerce