‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 31 sur 39 · TIIÉOKÎE 1>E LA VAI^EUH · texte numérisé non relu

TIIÉOKÎE 1>E LA VAI^EUH

une influence essentielle pour toutes les marchandises dont les très grandes (piantités viennent au marche dans des conditions plus ou moins égales de production et de transport. C’est précisément par ce phénomène que nous devons nous expliquer, pour plusieurs articles d’usage journalier, la tendance que montre leur valeur d’('change et leur prix de marché à coïncider avec leur valeur de production sociale. Cette coïncidence, naturellement, n’est pas un fait qui se présente tous les jours et pour chaipie quantité de ces marchandises en particulier. C'est une tendance qui paraît plus manifeste et plus forte, à mesure que l’on compare le prix de marché et la valeur de production sociale pendant des périodes plus longues; plus forte aussi à mesure que l’on étudie la consommation d’une nu' me categorie de marchandise dans une zone de débit plus large. Toute ikiLt analyse, cependant, nous a montré en même temps jus(iu’à 1 exidiince combien nous aurions tort, d’autre part, de vouloir idcntifiei tout simplement le prix de marché général et régulateur des marebandises avec leur valeur de production sociale.

Nous ne sommes pas autorisés davantage à considérer avec l’économie classique de Ad. Smith et Ricardo, la valeur de production sociale comme une sorte de « prix naturel » {natural price) des marchandises (i). Au marché un prix n est lias plus (( naturel » qu’un autre pourvu ([ue tous deux dérivent normalement des rapports du marché. L’idée même (l’un prix de marché en dehors du marché même, le [Markt-Produktionspreis de Karl Marx) est une contradiction in adjecto (a).

(,) Voir A..VM Smith, U calth of .\ations livre I, cl., v.. . « des narchandises, el de leur prie de marché. .. Irad franç , pp. 68 ^ ;

,wr cvemple la définition à la pa-c 71 : « Le pn.v rmtarc/ est donc, pour iinsi dire, le point central vers lequel gravitent contim.ellen.ent les pr.v de toutes les marchandises. Différentes circonstances accidentelles Î.elquetois les tenir un certain te.nps élevées

forcer à descendre .m peu au-<les.suus de ce prix ». Cf. aussi R.car..o, Princinles ch .v : « Du prU' nnlurel el du prix courant. ))

■ a) Une autre notion qui donne lien ,iarfü.s à une ïo“.t Jns

celle du « travail sociale.nent nécessaire»; elle pt>rd, en effet, tout sens lorsqu’on vient l’appliquer avec Karl Marx à la valeur , rechange et au pnx du marché nxi Heu de l’appliquer à la valeur de producUon.

SAiq, osons que la deu.an^ d’ouvrages de tahletter.e, comme 1 objet N

3aG

THÉOlUE DE LA VALEUU

Il en résulte ceci : I^orscju nu prix ne deri\c pas iiuiiiedialoincnl des rapports réels du niarclie, mais par exemple de spéculations sur des rap|>orts de marclic possibles dans ravenir et n existant pas au moment où le prix est lixé, nous UC pouvons pas considérer ce prix comme prix de marché général normalement conslilué, mais nous devons 1 envisager comme un de ces prix occasionnels dont nous avons parlé plus

haut. ^ ^ ...

Empruntons un exemple a la stalislupic : Les statisticiens

du Département du Travail h. Washington, déclarent qu au moment de leur cnrpiète ^dans la période iSSp- i8t)0), des rails d’acier pouvaient être lahricpiés en Grande-Bretagne « dans des conditions normales » à un prix très^ voisin de IS dollars par tonne. Ce|)cndanl, en réalité, les Trais de production des rails d’acier variaient beaucoup en Grandc-Breta^me pendant toute la période de l’enquête. Et le rapport clîerche le motif principal des grandes lluctuations à ce sujet dans les spéculations de Bourse sur la lontc de 1er , ces spéculations avaient pris une telle extension qu a cette même époque des mesures ont été proposées dans le Parlement anglais pour régler le commerce en warrants de fonte. En elfet, c’était chose usuelle à cette époque pour certains spéculateurs au marché de fer de Glasgow d acheter et de vendre des liasses énormes de warrants de fonte sans posséder une seule tonne de fer et même sans avoir aucune envie de la

posséder (i\

dont nous avons parlé plus haut, soit temparairoment telle, que toute la provision d’ai tieles de cette espèce, même ceuv qui son faliriques f*»"® 'e* Conditions techniques les plus défavoraliles, trouvent des aciieteuis et que la demande continue toujours. Quel Irnuuil ou quelle duree de Inwad sci.i dans CO cas « sooialement nécessaire » à rapprovisionnenient du “wrehe . Les 70 heures de l’ouvrier travaillant isolément? Ou bien bo heuies. u encore 5o heures, temps qui représentait la valeur-de-travail personne e iouant dans celte branche de métier le rôle de valeur-de-lravad sociale et indiquant peut-être le niveau d’où les prix ont commence a monter par suite de l’augmentation de la denian le Ou enhn est-ce 40 heuies . En réilité, clucunc de ces différentes dépenses de travail s est montrée au marché comme « socialement nécessaire » et une espece ne 1 a pas plus etc

qu’une autre.

(i) SU-th Annunl fteporl, pp. iGy-170 et i\.

THEOniE DE LA VALEUU

J^’inlluence cxorccc sur les prix de marché par ces spéculations nous est montrée parles cours suivants de fonte de fer, empruntés par le même rapport à un article écrit dans le bulletin de la American Iron and Steel Association (numéro du ïi juin 1890), par M. Swank, secrétaire de cette association : a Les marchés européens montent et baissent comme les nôtres,. , En janvier et février 1890, des rails d acier anglais coûtaient 7 livres sterling 5 shilling, ou environ 35 dollars par tonne livrables à bord du vaisseau; en juin, ils étaient cotés 4 livres 10 shilling, ou environ 21.90 dollars; une diminution de prix de plus de i3 dollars par tonne en 4 mois. En août i888, les rails d’acier anglais étaient cotés 3 livres 12 sli. G d. ou 17.G3 dollars par tonne, et depuis le mois de mai jusqu’en août 188G, ils étaient régulièrement cotés 3 livres 7 sh. G d. ou iG./j2 dollars. Les notations de 188G et aussi colles de i888 doublèrent au commencement de 1890 ^i). »

11 est évident que nous ne saurions prendre ces prix comme des prix de marché normalement fixés, c’est-à-dire comme l’expression de la valeur d’échange de la loule de 1er en monnaie à chacun des moments donnés ; pour cela ces prix ne nous montrent ([iie par trop le caractère de ce que nous avons appelé des prix occasionnels. Comment déterminer, cependant, dans chacun de ces cas ce qui est, en réalité, \c prix de marché yénéral delà fonte de fer? C’est là une difiiculté ([ue nous avons déjà relevée plus haut en disant ([u’il est impossible souvent de désigner nettement oû cesse le prix de marché yénéral ci oû commence le prix d occasion. Dans notre cas des prix de la fonte, la meilleure solution de cette difficulté sera de leur appli(|ucr l’expression de prix de marché occasionnels, c’est-à-dire de prix d’occasion devenus accidentellement prix de marché.

En tout cas les spéculations sur la fonte ne restent pas sans intlnencc assurément sur les frais de production réels de tous les articles dans lesquels la fonte entre comme matière première.

Vers la tin de l’année 1889 une très grande maison

(1) Loc. c/L, p. 170,

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anglaise fabriquant entre autres articles des rails d acier (comme article accessoire^ R communiqué au Département du Travail à Washington les frais de production bien spécifiés que représente une tonne de rails d acier de 60 livres par yard. Ces frais de production étaient, h cette époque, de 22.456 dollars par tonne. D’après le calcul de la même maison ces frais s’élevèrent, en octobre 1890, pour le meme article, à 24.226 dollars par tonne, l’augmentation des frais étant la conséquence des hauts prix du 1er et d une hausse des salaires (i).

Si nous devons donc distinguer en principe le prix de marché général de ce que nous avons appelé le prix occasionnel, au marché même la dillérence est souvent difficile a établir, ?ious venons de voir, en elfet, que les spéculations sur les matières premières peuvent donner au prix de marché d’un produit un caractère spécial, celui dhin prix d’occasion plus ou moins prononcé.

Certaines circonstances exceptionnelles concernant les salaires peuvent parfois exercer une innuence analogue. Nous comprenons par exemple comme prix occasionnel les prix excessivement bas auxquels se vendent parfois les articles de certaines branches d’industrie où les salaires sont d’ordinaire et régulièrement sensiblement inférieurs à ceux des autres branches de la production. 11 en est ainsi, par exemple, de certains articles produits par le travail des enfants ou des femmes.

Lorsque, dans ces branches d’industrie, les grandes masses des produits sont encore fabriqués avec les salaires usuels des ouvriers adultes masculins du pays, de sorte que les produits fabriqués ainsi règlent le prix de marché yénéral de tous les produits de cette espèce, il est manifeste que nous pouvons encore considérer comme des prix occasionnels les prix plus bas obtenus par de semblables articles lorsqu’ils sont fabriqués a des salaires exceptionnels de femmes et d’enfants. Mais ces derniers prix peuvent se tiansformer en prix de marché (prix de marché occasionnels) au fur et à mesure que les conditions

(i) Loc. cit., p. iby.

TnEORIE HÉ LA VALEUR

de Iravail anormales dans lesquelles les produits peuvent être fabriqués se généralisent pour certaines branches d’industrie sous l’influence de la misère sociale. Tel est déjà le cas, en réalité, dans plusieurs centres d’industrie et de commerce, pour une grande partie des articles de confection pour ’ hommes et dames, pour d’autres produits de l’industrie à domicile et pour le travail au marchandage.

ClIAPITUE IH

LA VALECn DES « iilE.NS COMPLÉMENTAIRES )) . LA VALECU

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