I. — Valeur des « biens complémenlaires
Certains ailleurs représentants de la doctrine ulililaire dans la science économique allribucnt une grande importance à la théorie de la valeur que représentent les « biens conqiléinen- |
taires ». Ils entendent, par ce dernier terme, les biens qui se complètent et qui collaborent de telle façon, — «qu’on ne peut pas ou qu’on ne peut qu’imparfaitement atteindre Tutilité lorsqu’un d’entre eux fait défaut de la série ». Pour la commodité nous avons conservé ici cette délinilion qu’a donné le premier Cari Menger. Les deux souliers d’une paire, la clef et la serrure, le violon et l’arcliel, le marteau et l’enclume nous sont des exemples de ces biens. Leur nombre peut être augmenté ii volonté, surtout dans le domaine des biens productifs, dont l’action précisément repose presque toujours sur la collaboration de dilTércnts éléments dans un même processus de production.
V la catégorie des biens complémentaires appartient aussi, si Ton veut, une série spéciale de biens qui a attiré particulièrement. dans son temps, l’attention de John Stuart Mill (t)#
Ce sont des articles tels ([uc le cohe et le gaz, où jusqu’à un
(i) Prindijles of Political Econoniy, Livre III, ch. ïvi, S *■
'Ta;
certain point aussi la laine et la viande de mouton, les poulets et les œufs, etc., articles qui sont produits ensemble deux à deux et qui ont, pour ainsi dire, un coût de production commun.
Dans cette dernière série la production d un article nécessité souvent, en même temps, celle de 1 article complémentaire en quantité proportionnée. Comme les deux articles peuvent satisfaire des besoins ou désirs humains dilférents et que la demande du marché peut beaucoup dillérer pour 1 un et pour l’autre, il est possible qu’ils obtiennent aussi une valeur d’écliange el un prix très dilférents.
Nous ne consacrerions pas un chapitre spécial à 1 analyse de la valeur d’ensemble que peut représenter un complexus de biens et nous nous serions contentés, — conformément a nos observations précédenles sur la valeur des « biens produclifs » (i), — d’examiner brièvement la question de la valeur à atiribuer ralionnellemont a chacune des parties d un coinplexus de biens productifs ; mais l’impoiiance particulière que la queslion a pris dans la science économique de nos jours nous oblige à nous y arrêter, 11 n’y a guère de problème économi(piequi ait plus servi, dans les dernières dizaines dannées, à des abus pratiques que celui de la valeur des biens complémenlaires en général et des biens productifs en particulier.
Abstraction faite de la question de savoir comment la valeur des richesses est déterminée, d esl toujours évident qu’un complexus de biens, s’il représente dans son ensemble une valeur plus grande que la somme des éléments constitutifs pris isolément, ou s’il peut créer une valeur supérieure a celle dernière, devra être jugé par nous en tant que complexus, c’est-îi-dire comme un tout. Nous devrons juger, dans ce cas, la valeur d’ensemble de tout le complexus en dehors de la V aleur que chacun de ses éléments représenterait s’il était pris a ])art. Ceci, du reste, s’accorde parlaitement avec ce que nous avons déjà fait remarquer en général sur la création des ri-
(ï) Voir la fin du chapitre : a Ol>servalions coiuplcuientaires sur ia valeur de productiun scKÛalc ».
TIlÉOniE PE LA A A LEUR
clicsscs humaines et la constilulion de leur valeur. Nous ne pouvons pas les altrîbuor exclnsivemcnl au travail humain, ni exclusivement à Taide des agents naturels, mais à la collaboration doTun et de l’autre facteurs. Il est ensuite important de savoir si nous pouvons indicpicr la quote-part attribuable à chacun des éléments constitutifs d’un complexus de biens, puisque cette question touche de près à la vie sociale.
Le problème qui nous occupe ici n’est pas un problème sans doute pour les écoles de science économique qui ont conclu a priori qu’un complexus de biens ne peut jamais 7'eprésenler une valeur supchueure à la somme des valeurs représentées par chacun des éléments constitutifs pris à part-
Pour l’école de Karl Marx, par exemple, qui identilie la valeur d’échange avec la valeur de production, ce problème est très simple. Pour la constitution de la valeur d’une fabrique [ne pas la confondre dans la théorie marxiste avec les prix de production {Produktionspreise) auxquels les parties constitutives peuvent se vendre au marché capitaliste] cette école ne s’occupe que de chercher la totalité des années, jours, lieures, etc. de travail « socialement nécessaires » à fonder cette fabrique, c’est-à-dire les batiments, les machines, Toutillage, etc., qui en composent le corps.
Pour nous, au contraire, qui savons par notre analyse précédente que nous ne pourrions pas idcntilîcr tout simplement la valeur de production, bien qu’élément essentiel et prédominant souvent dans la conslitulion de la valeur d’échange, avec celte dernière valeur, pour nous, une entreprise industrielle est un ensemble pouvant comme tel posséder une valeur d’échange tout autre que celle des éléments qui la composent ou de leur valeur de production, l^ournous, la combinaison synthétique des éléments est un nouveau facteur pour l’estimation duquel nous devons tenir compte de plusieurs conditions : le plus ou moins d’harmonie dans l’action coordonnée des membres constitutifs, le lieu plus ou moins heureux où la fabrique est située, sa clientèle établie sous des inlluences historiques, géographiques ou personnelles très jiarticulières, etc.
Quelle est, d’autre part, notre position dans ce problème yis-à-vis de la doctrine utilitaire dont le représentant le plus
théorie I)E la valeur
autorisé, M. Bohm-Bauerk, a traité la question avec uu grand luxe de détails, (i).
Lorsqu’aucun des éléments d un complexus de biens ne peut être employé à un but indépendant, 1 existence de chacun de ses membres en tant qu objet de valeur dépend de l’existence du complexus. Si, dans ce cas, la liaison entre les éléments constitutifs vient à se rompre, ces éléments perdent tous leur valeur d'usage et par suite aussi \cur valeur d échange. Lorsqu’ensuite aucune des parties constitutives ne peut èlie renqdacée dans le complexus par une autre, il est clair que la perte d’une seule de ces parties pe>it entraîner la perte de la valeur du complexus. Quiconque perd uu soulier ou un gant perdra par là, d’ordinaire, la valeur d une paire de souliers ou de gants. Mais on ne saurait en conclure comme le fait ^l. Bohm-BaNverk ipie, dans ce cas, une seule partie du groupe représente toute la valeur ilu groupe entier (a)fait que la valeur entière d’un complexus de biens peut se perdre par l’absence d’un de scs membres, on ne peut pas déduire que, dans ce nièinc complexus, la valeur d'une seule partie représente, sous tous les rapports, la valeur du coniplexus . La conclusion serait fausse a plusieurs points de vue. Quiconque veut s’en persuader, n a qu a tâcher de substituer la partie au tout en se plaçant « un point de vue autre que celui de la perle. Cette substitution échouera généralement. L’élément ne tiendra pas lieu de l’ensemble et pour tous les usages il faudra y joindre les autres éléments, en les unissant (lanlla même combinaison, c’est-à-dire qu’il faut revenir au complexus même. Aussi n’admettrons-nous pas, avec M. Bôlim, que dans un complexus de biens, dont aucun membre ne peut être remplacé et utilisé en dehors de la coin, biuaison, la valeur du membre pris à part est ou « rien », ou
U tout ».
(i) Voir Kapiitd und Kapitalzins, tome 11, livre III. chap. ï, § v : « La valeur des l)iens complénienlaires ».
(a) Lorstiu aucun des membres ne tolère aucune autre utilisation que Tutilisalion en commun cl cpi’en même temps aucun membre ne peut etre remplacé dans sa collalKjration à rutilité commune, alors ime seule piece possède déjà la valeur entière du ijroitpe. tandis cpie les autres pièces n ont aucune valeur. » (lioiiM-Hv'VEaK, loc. cit.% p. i8i.)
THKORIE DE LA VALEUR
Lorsqu’une pièce d’un ensemble peut être utilisée séparément tout en représentant dans ce cas une utilité moindre que dans le complexus, nous ne serons pas autorisés davantage à considérer la valeur réelle de cette pièce comme oscillant entre un « minimum » représenté par la moindre iiliUié limUaiive qu’elle possède isolément et un « maximum » égal a ViitilUé limitative du complexus entier diminuée de celle des parties restantes prises isolément (i).
Mémo si l’on veut se placer absolument au point de vue de M. Bolun en ne prêtant attention qu’à la valeur d’usage et au Grenznutzen des biens, il est certain que, dans le cas supposé, le « minimum » est bien indiqué mais non le « maximum ». En elTet, la valeur possédée par le complexus appartient à l’ensemble et ne peut pas être attribuée à une seule de ses parties, pas plus cette fois que tout à l’heure. C’est pour la meme raison que les parties d’un ensemble qui peuvent être remplacées possèdent parfois dans le complexus une valeur non seulement supérieure à celle qu’elles posséderaient isolément en dehors de lui, mais supérieure aussi à la valeur qu’auraient isolément les pièces qui les retnplacent.
Nous avons du nous arrêter à ces premières observations, iniisque c’est précisément de ces fausses prémisses que des économistes, tel que M. Bohm, ont déduit des conclusions non moins fausses et importantes par leurs conséquences.
Ces conclusions sont les suivantes : Les parties d’un complexus de biens qui peuvent être remplacées, même si elles sont la (( clef de voûte » [Sclilaszstück) de l’ensemble, ne peuvent jamais atteindre une valeur supérieure à leur « valeur de substitution )) {Substitnlionswerlli), c’est-à-dire à la valeur de l’objet qui peut être employé à leur place dans le même but ; en même temps tout le reste de la valeur d’ensemble représentée par le complexus doit être attribué aux parties du groupe qui ne peuvent pas avoir de substitut.
On ne saurait logiquement justifier celle attribution arbitraire de la valeur d’ensemble représentée par un complexus de biens aux diverses parties dont il se compose. La conclu-
(i) Boum-BaivebKj loc, cit.
TUÉOUIE DE LA VALEEU
slon est fausse parce ciu’ellc repose sur des prémisses fauses-
Mal"-ré tout cela nous devons reconnaître, avec M. llolim, que ceUc allribulion de la valeur a lieu très souvent dans la
vie sociale de nos jours : i •. t . i
(< Dans la pratique on retranche d’abord du produit total
les « frais ». Si l’on y regarde de plus près, ce n est pas en vérité l’ensemble des frais, parce cpie les services du sol ou l’activité de l’entrepreneur appartiennent, eux aussi, comme biens de valeur, à ces frais. Ce que l’on retranche précisément ce sont les dépenses pour les moyens de produclion <\ne on peut remplacer el qui représentent une valeur de subsUlution déterminée, c’esl-'a-dire pour le travail salarié, les matières pre mières, rusurede l’outillage, etc. Le reste est attribué comme (( iiroduit net » aux parties qui ne peuvent pas être rempla cées : par le pavsan à son sol, par le propriétaire de mine a sa mine, par le fabricant à sa fabrique et par le commerçant a
son activité d’entrepreneur (i). »
Reconnaissons tout d’abord que celte façon de taire le compte n’est que par trop usuelle dans l’ordre social actuel ; hâtons-nous cependant de faire remarquer qu’il ne s’agit pas ici d’un calcul théorique, mais d’un acte de suprématie sociale de la part du paysan, du propriétaire, du fabricant ou du commerçant, dont M. Rcilim nous parle. Cet acte s explique son lement par le fait que les moyens coercitifs de la société ac tuellc, — justice, police, armée, etc., — sont avant tout au service de l’entrepreneur Industriel, agricole ou eommercial. C’est seulement pour celle raison que cet entrepreneur se trouve à même d’imposer son intérêt particulier comme une loi économique â tous ceux qui ont collaboré avec lui au processus de la produclion ou de la distribution des richesses. La distribution de la valeur que nous discutons ici. nous fait plutôt penser au partage de la proie tel que le fait le lion de
la fable qu’à une répartition scientifique.
Nous pouvons aisément nous rendre compte du rôle que ioue ici la suprématie sociale. 11 suffit pour cela de remarquer que, selon les mains dans lesquelles se trouvent les moyens
(i) Loc, r/r, p, i8G.
TllÉOUtE DE LA. VALEUR
coercitifs de la société, certains cléments d’nn complexus de biens seront considérés ou non comme e. pouvant être remplacés )).
Supposons que les masses ouvrières d\in pays, grtaceà leur organisation, soient de force à soumettre a leur volonté tous les entrepreneurs industriels, agricoles et commerciaux. Ce serait là, dans la société et Tétai, un déplacement du centre de gravité économique et politi(|uc des classes possédantes à la classe ouvrière.
En vertu des principes économiques qu'ils auraient pu trouver dans la doctrine utilitaire moderne, les omriers organisés d’une labritpie pourraient raisonner comme il suit, tout en appuyant leurs opinions sur la force sociale :
M. \. entrepreneur industriel, est, — pourraient-ils prétendre,— un mend)re « remplaçable » de notre combinaison.
En ((ualité de « propriétaire » du sol, de la fabrique ou de la mine, on peut lui substituer le premier venu d'entre nous et nous tous, en collectivité, nous prendrons volontiers sa place. En ce qui concerne ensuite son rôle dans la direction des allaires, il est ouvrier comme nous et la question de savoir qui parmi nous serait le plus facile à renqdacer, du directeur ou d’un autre ouvrier, iTest qu’une question de plus ou do moins. Si X. n’était pas toléré dans notre combinaison ou s’il était même obligé de partir vers une contrée inhabitée du monde, il pourrait arriver que ses capacités soient peu recherchées et qu’elles aient, dans ce cas, pour la création des richesses humaines une valeur très voisine de zéro. Qu’il considère donc ceci comme sa valeur mininia et qu’il se rappelle ensuite que ses capacités ne pourront jamais représenter dans notre combinaison une valeur supérieure à la u valeur de substitution » de la force de
travail apte à les remplacer. Du point de vue de la doclrine utilitaire, telle que la l'cpréscuic M, Rohm, il iTv aurait rien à dire contre ce raisonnement. Cela nous montre jusqu’à
Tévidencc Tarbitraire
des distinctions faites par Técono?nistc
autrichien. Dans sa théorie, des considérations politiques ont
trop tendu la main au raisoimemenl scientifique et ce sont les premières qui ont fait dévier le dernier du droit chemin.
Après avoir examiné la théorie que nous présente la doctrine utilitaire au sujet des biens complémentaires, nous avons à y opposer la nôtre. Les principes généraux suivants ressortent immédiatement de notre discussion :
1. Losqu’un complexus de biens représente dans son ensemble une valeur plus grande que la somme des éléments constllulirs pris isolément, on ne peut pas attribuer exclusivement cette valeur supérieure, soit aux parties pouvant être remplacées dans le complexus, soit aux parties qui ne peuvent [>as Têtre. IjH valeur supérieure, dans ce cas, appartient à la combinaison clle-meme et ne peut pas être séparée d’elle.
2. Lorsqu’aucun des éléments d’un complexus de biens ne peut être employé isolément à un but indépendant et qu aucun élément ne peut être remplacé par un autre, la perte d’une seule de scs parties constitutives entraîne généralement la perle de la valeur de chacune des autres parties en même temps que la valeur du complexus entier. Cependant, on ne peut pas déduire, de ce fait, qu’une seule partie représente alors, sous tous les rapports, la valeur de l’ensemble.
3. Lorsque (un ou plusieurs ) des éléments d un complexus de biens peuvent représenter quelque valeur en deliors de Tcnsemble. cette dernière valeur — valeur minima — d’un tel élément ne doit pas être conlondue avec la valeur que cet élément représente dans le complexus.
4. Lorsqu’un élément d’un complexus de biens peut être remplacé par un autre possédant moins de valeur que le premier pris à part, la possibilité de celle subsliiulion peut entraîner pour le complexus enlier une perte de valeur égale à la ditférence. On peut en déduire ((u’un semblable élément ne roprésenicra pas plus de valeur que sa « valeur de substitution » ; mais il faut, sous ce terme, comprendre la valeur (jue le substitut représcnlerait s’il laisait également partie du complexus ; cette dernière valeur ne doit pas être coiilouduc à son tour avec la valeur que le substitut posséderait en dehors du complexus cl pris isolément.
Comme exemple pour cette dernière règle, nous faisons remarquer que les entreprises industrielles perdent souvent
TllKOUlt: DE LA VALEÜU
on \alour, par exemple a cause <lu vieillisscnieiit el de la déjM'écialion de leurs machines par suite d’une invention nouvelle ou d’un procédé nouveau de production. Lorsque dans une labriquc une machine simple et peu coûteuse peut cnlièrement en remplacer une autre ])lus compliquée ayant exigé de grandes dépenses, on doit admctlre généralement que la valeur de cette dernière est réduite, par cette possibilité meme, à la valeur de la première machine. Lorsque la nouvelle machine, bien que moins coûteuse, rend de meilleurs services que la vieille, il peut même arriver que, par ce lait, cette dernière perde entièrement sa valeur et compte seulement comme ferraille. Mais on ne doit jamais confondre la « valeur de substitution » correspondant à la nouvelle machine avec le prix de marché représenté par elle en dehors de 1 entreprise industrielle. En elfet, si l’on voulait calculer ainsi la valeur d’une entreprise industrielle, agricole ou commerciale d’après un inventaire réel, ou même en comptant le matériel comme neuC et acheté au prix courant, il est certain (jue, pour la majorité des entreprises, cette valeur resterait sensi- Idement inférieure a leur valeur d’échange réelle, — colle qu’on leur accorde en même temps h la Bourse.
5. Dans un complexus de biens pn»duclifs nous pouvons généralement distinguer les éléments purement matériels : sol, batiments, machines, matières premières et secon-. daires, etc., des éléments qui représentent le travail. Parmi ces derniers se rangent aussi bien les éléments du travail manuel que ceux du travail intellectuel ; direction desalTaircs, administration, surveillance du travail, etc.
La valeur possédée par un conq^lexiis de biens productifs au-dessus de la somme des (( frais » de scs éléments constitutifs : tels que l’achat des matières premières cl secondaires et du travail humain, l’usure des machines, etc., doit être attribuée, d’après ce que nous avons exposé au paragraphe i, à la combinaison tout entière.
Dans l’ordre social actuel cet excédent de valeur est accaparé d’ordinaire et mis arbitrairement au compte de certains des éléments plus ou moins engagés dans la production.
L’exposé de ce procédé d’accaparement, si étroitement
iMlll
TIIÉOUIE DE LA VALELH
lié a la constitution de la société, demandera encore toute notre attention dans un tome suivant de cet ouvrage on nous aurons a l’examiner dans son lonclionncmcnt intime.
Dès à présent, nous en faisons remarquer les traits caractéristiques suivants :
Le sol, élément matériel fonctionnant réellement dans le processus de la production, est remplacé dans l’accaparement dont nous venons de parler par le propriétaire du sol qui n’a pas pris, en celte qualité, la moindre parla la production, mais qui s’est placé historiquement entre le producteur et le moyen de production.
A coté du propriétaire comme accapareur de valeurs, se présente rentreprenenr (ou les entrepreneurs) qui participe au processus de la production, soit directement en qualité de directeur des alfairos, soit indirectement en qualité d’ u actionnaire ». A ce dernier titre son rôle est analogue à celui du propriétaire foncier.
A la théorie de la valeur des biens complémentaires telle que nous l’avons exposée dans les pages précédentes, sont étroitement liés des problèmes très importants. Cette théorie, — comme M. Bohiu l’a fait remarquer à bon droit. — nous fournit la ciel du problème de la répartition des richesses (i). Les conclusions dérivant des théories (|ue nous ollrc ici la doctrine utilitaire sont celles que nous retrouvons a ce sujet dans toute lu science économique oflicielle telle ([u’cllc est euseiguée dans les universités 11 est évident (|ue nous nous distinguerons de ces économistes autant par les conclusions ([UC par les principes.
En elïct, tous les produits sont créés, comme le dit ^1. Bohm, — n’exprimaut ici, du reste, qu’un des principes les |)lus élémentaires de la science économique. — par la col-
(i) (( La théorie de la valeur des biens complémentaires nous donne la clef d’un des problèmes les plus Importants et les plus difbciles de noire science : ‘ c*est le problème de la réprlllMm des richesses telle quelle s’accomplit sous la forme actuelle de la société avec le régime d’une concurrence plus ou moins libre et avec la détermination des prix^ selon une entente réglée par contrat entre les iwrtis. » (Loc, cil,, pp. 18O-187),