‹ Théorie de la valeur [microform], réfutation des théories de Rodbertus, Karl Marx, Stanley Jevons & Boehm-BawerkChapitre 36 sur 39 · II. — Influence sur les prix courants des articles · texte numérisé non relu

II. — Influence sur les prix courants des articles

de consommation.

Le problème de l’influence qu’excercent les trusts et monopoles sur les prix courants des marchandises est théoriquement un des plus importants dont la science doive s’occuper. Pratiquement c’est encore un des problèmes économiques les plus difficiles à résoudre à cause de la complexité des inlluences cpii se font sentir sur la fixation des prix. Des données statistiques applicables à de telles recherches sont jusqu’à présent

assez rares et très incomplètes.

Dans l’examen de ce problème nous devrons toujours considérer le but que se proposent les grands capitalistes en fondant des combinaisons industrielles ou commerciales : ce but est le maintien et, si possible, la hausse de leur profit, ^ous

TIIÉOUIE DE LA VALELK

en avons déjà parlé, au point de vue bistorique. dans un chapilro precedent.

Les eutrepronenrs capilcvlislcs devront chercher ce fpi ils espèrent obtenir pour allehidre ce but, soit par la diininulion des frais de leurs matières premières et secondaires et de leurs frais de |)roductioii en général ; soit par la hausse des prix de leurs produits finaux, leurs Irais de production restant invariables ; soit encore par les deux procédés indiqués. Pour la diminution de leurs frais de production, ils ont recours aux économies et épargnes de dillérentes espèces, dont nous u’avons pas à nous occuper pour le moment. La statistiipie américaine, dans ses recherches sur l’inlluence que les trusts exercent sur les prix des marchandises, a donc surtout base ses calculs sur l’étude de la dilTérence qui existe entre les prix des matières premières et ceux des produits finaux ou, comme elle 1 a appelé d un seul mot, le mai (fin.

De ce que nous venons de dire, il resuite déjà que les variations du manjin ne sont pas nécessairement les mêmes que celles du profit proprement dit. La dilTérence entre les deux prix indiquiîs, autrement dit le marifin, comprend, en dehors du profit de reiitrepreneur, les frais de production (pii peuvent également subir des modifications sous le svs-

tème des trusts.

Il est évident, — et c’est là une observation que nous avons à faire de prime abord en commençant notre examen sur les prix, — que les prix de monopole, tels (jue les grands trusts peuvent les fixer de nos jours, ne doivent pas nécessairement

être des prix élevés.

^ous parlerons spécialement dans un tome suivant des désavantages qui sont inhérents au vieux système de la concurrence cl qui disparaissent, pour une très grande partie, avec le système de la combinaison. On pourrait même partir de là si l’on voulait soutenir théoriquement qu’en général et par leur nature , les prix de monopole tels que nos combinaisons modernes sont à même de les poser, pouiTaienl être comparativement plus modérés que les prix de marché que les entrepreneurs non coalisés doivent lorcément exiger sous le vieux régime de la concurrence. Aussi les affirmations

de ce genre ne lions manqnenl-elles pas du coté des représentants de nos trusts,

Nous avons déjà fait observer, combien cette ibéorio vaut peu dans la pratique, parce que le pouvoir monopolisateur <[ue possèdent nos combinaisons modei nes fait naître en elles, à coté de la tendance à la concentration de la production, — avec tous les avantages et les épargnes qui en dérivent, — d’autres tendances non moins essentielles. Ces dernières, à leur tour, demandent maintenant un examen plus spécial.

Ce qui est pour nous d’une importance primordiale c'est moins encore d’examiner ce que les combinaisons auraient pu cITectuer dans plusieurs brandies de rindustric, du commerce et du transport, que de reclicrcber ce ([u’ellos ont fait en réalité.

Ces recbercbcs, pratiques et historiques, sont, nous l’avons déjà dit, extrêmement diniciles. i'ar exemple, les représentants du grand capital moderne font grand bruit de ce qu'un gallon de pétrole raffiné d’exportation coûtait aux Etats- L nis 35.7 cents américains en 1871, lancRs qu’en 1900, le prix n’en était que 7.8 cents (i) ; mais il n’y a rien à conclure a priori de celte dillerencc de prix en faveur de rinlluence que la combinaison aurait exercée. L’industrie du pétrole s’est développée pendant les dernières dizaines d’années comme une industrie absolument nouvelle. ; la production et le transport du pétrole ont etc continuellement transformés par des révolutions techniques (jui réduisaient la valeur de production, représentée par un gallon de pétrole raffiné, à un chilTro diminuant incessamment. Pour tirer une conclusion quelque peu exacte concernant rinlluence tpie les trusts ont exercée sur les prix de pétrole, il nous faut autre chose. V côté de l’étude spéciale des prix de marché de cette marchandise pendant une période donnée, il nous faut également l’étude des frais de production qu’a représentés un gallon de pétrole aux dilférents degrés de développc-

(i) Voir l*arliclc de F. -B. Tiilriieu dans Li -\orth American Heciew de mai celui de Husserl Sage.

THÉUlUE UE t\ VA.LE0H

ment de la fabrication et dn transport ; ces études devraient être étendues aux ralTmeries des eut repreneurs indépendants

emume à celles de la Slandanl OU Compnny.

Ce n’est (lue sui des données complètes ainsi recueillies ,iue l’on pourrait délcrininer, avec quel.pie certitude, jus.pi a quel point la diiiiiiuition des prix du pétrole, depuis 1871, est duc à certains perfcctionncincnts, dans la production ou e transport, qui doivent nécessairement être attribues a a combinaison et jusqu’à quel point, au contraire, cette dimi milion s’explique par l’extension de la production et par es révolutions techniques qui. bien que regardant 1 industrie du pétrole en général, ne concernent pas spécialement le système

de la combiiiaisou (i). tt • 1

Voici un exemple en sens inverse : Aux Llats-Unis les prix

du fer blanc livré à New York s’élevaient, pendant les années

i8i)8 et de i8qf), à a.qo dollars la « box n de 108 livres, en

octobre 181,8. à';C 10 dollars en décembre ; 3.84 dollars en

février i8()(); 4 ai 1 /a dollars dans les mois de mars, avril, mai et juiiV; 4.71 i/a dollars en juillet et 0 dollars durant

tout le reste de la même année (a).

Est-ce ipie ces cliillies nous autorisent à mettre tout simplement cette hausse des prix au compte de l’organisation de

(,) II. cvemnle très . em-irquabte à ce sujet nous est donné Mi- M Jenks iriir du trust du s.ure : « M. Havemeyer le président de ta 4mmoin Sunar lielmwi Compnny semble refuser d admettre que les frais ( c rafllna4 soient au/si lais iiue le prétendent ses concurrents M. Jarvic, de h ComiKi-nic Arliuckle Bros, dit .|ue le sucre peut être rafûne s.ins perte la L.omiKip,n . itn cenU M IWhcr l’approuve disant qxie le

pV.ee fc nl.n/.n un peu plus haut, mais d admet qu .... prand elablisseuient omu.e le trust au.-ait toujot.rs dans le rafhnage un .avanUge de 3 a a cents a I* \l Hivnniovor *ui contraire, consnloro oo ocnls jKir cent

ir.rer"ln,me"représenU.ntlL Vrais fiais de rallina^e et il déclare .ju’it y

:: imter a. '^'1; “-/“-jHLvrr

le degre .lu sucre de J* ,> (Jr.a. W. Jcnks, T/,e Trasl

'/’vo£ Voir, poVr les téu.oignages complets des rep-éscnCmls

iri'!adVs\rie du suire, les rapp;.rts de la C— 1.

narliculièrement. sur le point qu. nous .xcu,», la p. /|6 de ce (î Voir PreUminni-Y Heporl oflhe /ndus/n../ Com.msî.on, ^

aussi le liiillelin n" du I CpnrU-mcnl -lu /ni.w/ a W asb.nglon, p. 784 cl suiv,

38/| TUK(»1UE DK VILKÜU

la American Tin Plaie Comjxiny dont la fondation délinillve avait eu lieu en doceinhrc i8;)8 el pomait être prévue déjà quelques mois auparavant ? Ce trust, en olîet. dominait 90 0/0 de la production du fer blanc auv Etats-Unis. ()uicoïKjuc examine attentivement les listes statistiques relativement à celte industrie particulière, doit remarquer que pendant cette période de production, le margin des fabricants a décidément haussé. Mais il est obligé de tenir compte aussi de ce (pie, en vertu du contrat conclu avec la Amalgamated .Issocialion of Iron-Sleel-and Tinworkers, les salaires des ouvriers dans rindustrie de l’étain ont été augmentés de i5 à 30 0/0 après le 3o juin 1899(1).

Finalement on trouve que peut-être la cause principale de la hausse dans les prix du fer blanc doit être cherchée dans raugmenlalion du prix des matières premières ; el ce dernier fait saute aux yeux dès que l’on examine quelle a été la hausse colossale des prix de l’acier et de l’étain brut. En iTcherchant ensuite les causes de cette dernière hausse, on les trouve dans l’accroissement de la demande des produits des deux industries, — accroiss<*ment s’expliquant, par exemple, pour rindustrie du fer et de l’acier, par la construction et le renouvellement de plusieurs grandes voies ferrées et ponts de fer, la construction de batiments en fer, etc. En somme, tout cela fait croire qu’il y aurait eu une hausse considérable dans les prix des produits Unaux des deux industries, supposé même qu’aucune combinaison iFeiit existé ni dans l’industrie du fer el de l’acier, ni dans celle du fer blanc. D’une comparaison minutieuse des dillérenls prix, il semble, résulter cependant, avec non moins d’évidence, (|uc la combinaison a mis les entrepreneurs à même de tirer de la situation quel(|ues avanUîges que rcntrepïcneur isolé n’aurait pu tirer (3).

(1) Preliminary Report de la Indnslriut Commission, part I, p. 18G.

(2) V'oir pour ces deux industries les cartes el les talileaux des prix avec texte que contient le Preliminury Heport de la Industrial Commission, part 1, p. 53 el suiv. Cf. ensuite pour rindustrie du fer blanc le Bulletin n‘' '29 du Département du Travail, loc. cit., et |»our l'industrie du fer et de racier, ihidem, p. 788 cl suiv. De inêine J. \V. Je.nks, /oc, cit., |>p. 107-Î70.

MC

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