‹ Théorie des belles-lettres (volume 2)Chapitre 17 sur 103 · L'AME DONNANT SON EMPREINTE AUX OBJETS · texte numérisé non relu

L'AME DONNANT SON EMPREINTE AUX OBJETS

toujours mieux que la marche à l'aventure. Il la faut encore énergique et, dans un sens vrai, désintéressée, pour achever le travail d'ordonnance, pour l'amener à ce point de perfection où il ne paraît plus ; où les objets s'enchaînent si bien qu'ils semblent nous avoir dicté jusqu'à la disposition du détail plutôt que la recevoir de nous; où celui qui lit ou écoute croit voir les choses couler de Tàme comme de source, a.u lieu que la réflexion lui montrerait en cela même la plénitude et le chef-d'œuvre de l'effort; où, pour en revenir à notre idée dominante, l'âme semble n'avoir agi qu'en se moulant à leur effigie, tandis que, de fait, elle leur donne son empreinte la plus puissante et la plus délicate. C'est, au point de vue spécial de l'ordonnance, la nature profonde des objets dégagée et mise en lumière selon la nature même de l'homme; c'est le vrai des choses retrouvé et restitué selon le vrai de l'àme; d'un mot, c'est le naturel.

chaphTiE fîi

L'âme donnant son empreinte aux choses. — Idéalisation.

L'idéalisaliou, empreinte supérieure de l'âme. — Le beau : notion usuelle. — Tout être est beau métaphysiquement, mais non pas sensiblement. — Si l'art doit rechercher de préférence le beau. — Réponse du sensualisme (réalisme ou naturalisme). — Réponse du spiritualisme conséquent. — Principe : l'art doit tendre à l'élévation morale. — Conséquence : il doit tout diriger au rayonnement définitif du beau. — Puissance du beau pour élever : admiration, inspiration, créfition.

L'ânie se comporte en maîtresse parmi les réalités dont elle ne pent absolument s'affrancliir. Si elle reçoit leur empreinte, elle leur impose la sienne. Elle choisit entre elles et les range à son gré comme un capitaine ses soldats. Encore est-elle capable de les dépasser, de s'élever au-dessus d'elles, de les grandir elles-mêmes en les concevant d'après un type supérieur aux données de pure expérience. Ici elle fait mieux que choisir et mettre en ordre, elle idéalise. Or si par les choses on entend, comme nous l'avons toujours entendu, ce qui existe en fait dans le monde, il est clair que, en les élevant ainsi, l'âme reçoit d'elles beaucoup moins qu'elle ne leur donne. Dans cette conception supérieure, idéale, son empreinte est manifeste ou jamais. .

Grande et belle question que celle de l'idéal, difficile, impénétrable même, croyons-nous, dans ses derniers

L A.Mi; DON-NAM SON i: M Plli: 1 N T E AI \ CllOSIiS. 141

mysléres; mais sans ombre ni hésitation quant aux principes certains et aux conséquences utiles. Pournous, au risque de tromper l'attente de quelques-uns, nous ne prendrons de cette question que ce qui est nécessaire à fonder la pratique de l'art. Nous ne haïssons pas la métaphysique, mais nous espérons n'être ni séduits par la métaphysique nuageuse, ni même tentés de métaphysique superflue. La vérité peut être haute, mais elle est simple aussi.

Par exemple et tout d'abord, à quoi nous servirait de remuer le problême fondamental de l'esthétique, de sonder la nature même du beau ? C'est assez d'y voir un des trois aspects essentiels de la perfection ou de l'être, les deux autres étant le vrai et le bien. Ne pouvant l'analyser dans son essence, définissons-le, avec saint Thomas, ce qui plaît à la seule vue, ici quod t:isum placet, ce qui excite l'amour désintéressé, l'admiration qui s'éprend du beau lui-même sans souci d'aucun avantage temporel et secondaire. Nous sommes en face de la Transfiguration de Rapha<''l ; nous écoutons le Don Jaan de Mozart; nous assistons à une représentation de Cinna ou d'Athalie. Sans calcul égoïste, sans retour sur nos intérêts vulgaires, nous nous laissons délicieusement détacher de nous-mêmes et grandir au contact d'un sentiment plus noble que les préoccupations quotidiennes de notre vie ; voilà la véritable émotion esthétique, voilà le beau.

Le beau est-il partout dans la réalité des choses? Tout est-il beau ?

Si nous envisageons tous les êtres qui ne sont point relations pures, les individus sans nombre du monde des corps et de celui des esprits, tous, du grain de sable à l'homme et à l'ange, sont diversement beaux en rigueur métaphysique. Être, perfection, beauté, termes connexes jusqu'à devenir inséparables. Tout ce qui est est beau par le fait même et dans la mesure de son être. Dieu, l'être pur et absolu, est la beauté sans mélange, comme le néant est la

142 THi'OniE m: S uei.i^ks-liît riu:s.

pure laideur. Entre ces deux extrêmes, toute créature, étant limitée dans son être, Test à proportion dans sa beauté : mélange d'être et de non-être, mélange de beauté et de laideur, mais belle toujours parce qu'elle est et autant qu'elle est, puisque par là et dans cette mesure elle reflète nécessairement l'Être pur, la Beauté infinie, l'exemplaire universel, Dieu.

Mais autre chose est la rigueur métaphysique, autre chose la pratique, Tappréciation. Là nous n'appelons beau que l'être où la beauté domine assez pour affecter notre âme, où la ressemblance divine est assez claire pour saillir à nos yeux. C'est ici le domaine de Texpérience rapportée à notre nature, et l'expérience nous dit très certainement que tout n'est pas beau. Nous voulons bien pleurer sur le crapaud pour êlre agréables au poète, mais en dépit de sa beauté métaphysique, il faudra bien que le « monstre aux doux yeux » nous fasse horreur (\).

Quant aux relations indéfinies entre objets, elles sont belles si elles sont dans l'ordre, c'est-à-dire dans la vérité qui est proprement l'être. Hors de l'ordre, elles sont laides parce qu'elles sont fausses. Proportion des lignes, assortiment des couleurs, harmonie des sons : autant de relations justes, autant de beautés physiques. Conception vraie, logique puissante, et par ailleurs justice exacte, charité généreuse : autant de relations ordonnées, autant de beautés intellectuelles ou morales. Imaginez le contraire: il nous déplaît, il nous offense, il est désordre, fausseté, laideur.

Non, tout n'est pas beau de cette mesure de beauté qui s'aperçoit et qui compte. Elle commence où la vérité commence de reluire, c'est-à-dire la ressemblance divine. Elle n'est que dans l'ordre, complète ou incomplète comme

(Ij Pleurez...

Sur l'effrayant crapuuil, pauvre monstre aux doux yeux Qui regarde toujours le ciel juystérieu.x.

(V. Hlgo : Contemplations, liv. VI, a" 2R.)

L'AME DONNAiNT SON EMPHKINTK AUX CHOSES. 143

lui. Ainsi la matière n'est point belle par elle-même et en tant que matière : autrement elle aurait un genre de perfection dont le type éminent manquerait en Dieu. Des cristaux de neige au panorama le plus splendide, la matière est belle par l'esprit qui met en elle l'ordre et la vie et pour l'esprit qui peut les y saisir. Dans l'homme, elle est belle de la vie de l'esprit qui s'y reflète. Encore l'esprit n'est-il beau lui-même qu'autant qu'il agit suivant sa nature, suivant l'ordre, suivant Dieu. Tout cela est manifeste pour qui ne s'est pas interdit par la profession du matérialisme tout droit logique à l'honneur de la pensée, pour qui ne s'est pas retranché du monde des intelligences.

Mais la question de fait amène la question de droit : question souveraine, décisive, à poser la première, dont la solution entraînera tout le reste et nous laissera parfaitement assurés même en présence des obscurités de détail, s'il en doit rester quelqu'une. D'ailleurs question qui n'est pas encore celle de l'idéal, mais qui l'introduit et la préjuge. Enfin question commune jusqu'ici au poète, à l'historien, à l'orateur, à quiconque entreprend d'agir sur les hommes en leur montrant les choses à travers son âme. Tout n'est pas beau dans les choses. Faut-il donc les représenter sans distinction, ni arrière-pensée autre que celle d'une parfaite exactitude? Au contraire, faut-il, dans une intention supérieure, s'attacher de préférence au beau?

Le réalisme ou naturalisme — nous savons que c'est tout un (1; — se prononce pour la première hypothèse. Selon Victor Hugo, l'art doit rendre tout ce qui est « caractéristique (2j, w et M. Zola le gourmande fort de s'inféoder encore à un certain idéal. Querelle d'amis qui ont le tort de se méconnaître. Tout rendre étant matériellement impossible, que veulent-ils l'un et l'autre, surtout si l'on

(1) Voir liv. I, chap. v, § 4.

(2) V. Hugo : Préface de Cromwell.

144 THÉORIE DES BELLES-LE ITIiES.

explique leurs théories par leurs œuvres? Ils veulent rendre tout ce qui frappe, tout ce qui produit l'effet, et le plus violent qui se puisse produire; à quoi servent fort bien le laid, l'horrible, mais par-dessus tout le sensuel. Réalisme et naturalisme ne sont que des noms de guerre, bons à déguiser le système en revendication des droits de la nature et de la réalité confondue grossièrement avec la vérité même. Le fond des choses c'est la négation pratique de toute morale, c'est par-dessus tout le sensualisme libre du frein.

Tout au rebours, le spiritualisme conséquent assigne à la parole comme à tout art une fin précise et supérieure, l'élévation des âmes, et, pour y atteindre, c'est au beau que la parole et tout art avec elle devront aller de préférence. Tout est pour nous dans ce principe et dans cette conclusion.

Quant au principe, nous l'avons établi assez amplement. L'art n'est pas Dieu, mais créature ; il n'est pas fin dernière, mais moyen par rapport à la fin dernière. Qu'il la serve donc, qu'il élève les âmes, c'est-à-dire que, par la pensée et l'amour, il les rapproche de Celui qui est à la fois leur principe, leur fin et leur type suprême. Autrement il faut renoncer ou à la logique ou à la morale ou à toutes deux.

Dès lors la conclusion suit. Obligé d'élever les âmes, l'art devra, non pas reproduire exclusivement ce qui élève — il faudrait, hélas ! prendre trop hardiment congé du réel — mais il devra diriger la reproduction des choses à la manifestation définitive de ce qui élève, à son rayonnement définitif. Contraint de subir et de nous imposer des détails ou repoussants ou vulgaires, il en fera comme des ombres au tableau, les forçant de concourir défini, tivement à l'impression dominante qui sera toujours noble et généreuse. Condamné à rencontrer sur sa route et à mettre sur la nôtre toute autre chose que le beau, c'est le beau du moins qu'il nous présentera comme terme,

l-'AME nONISAxM SON K M P K E I NT L AUX CHOSlilS. 115

c'est au beau qu'il nous mènera sans même nous avertir. Et en effet ce qui élève, est-ce donc la réalité, toute réalité*, la réalité prise en bloc et sans choix? De ce côté, trop de choses nous ravalent, au contraire, ou nous laissent du moins dans notre vulgarité habituelle. Ce qui élève, c'est le beau, le beau qui partage avec le vrai et le bien la vertu de transformer en soi ce qui l'approche, le beau moral surtout qui, lorsqu'il nous apparaît manifeste, nous enlève à nous-mêmes pour nous porter à sa propre hauteur. Rappelons en courant les effets qui marquent sou passage comme l'incendie celui de l'éclair. L'admiration vient d'abord, l'admiration, sympathie généreuse et désintéressée qui ne jouit du beau que parce qu'elle l'égale, au moins par l'intelligence qui comprend et la volonté qui adhère ; l'admiration, sentiment délicieux entre tous, au point que l'homme est à plaindre qui s'en refuse la douceur ; mais d'ailleurs l'une de nos premières noblesses, tellement que l'impuissance d'admirer est une vraie note infamante dont le cynisme seul peut faire gloire. Après l'admiration et comme conséquence, le beau, quand il s'empare de l'àme, y fait naitrel'inspiratibn, exaltation féconde de toutes les facultés, sorle de frémissement, de vibration intérieure demipassive, demi-active, où nous sentons jaillir et monter en nous de je ne sais quelles profondeurs inconnues les pensées fortes, les nobles désirs, les grands desseins. Ici le beau ne nous transforme plus seulement en lui-même ; il nous convie à le reproduire. Sommes-nous artistes, avonsnous à notre commandement une langue expressive, peinture, musique, poésie, éloquence ; d'ailleurs savonsnous, par un effort vigoureux de la volonté, fixer sur un objet précis cette vague et magnifique inquiétude de l'àme; alors éclate le chef-d'œuvre, l'inspiration devient création (1). Où manque l'instrument artistique, la volonté

(1) Il est notable que le spectacle du beau nous pousse à reproduire le beau sou? n'importe quelle forme, que l'inspiration née du beau semble, pour ainsi dire, iudilTëreate à sou objet. Un musicien vient d'assister à

146 THÉORIE Di:S B ELLES-LETTIl KS.

peut au moins la diriger dans le sens d'une résolution noble. Ce beau que nous ne saurons pas peindre, écrire ou noter, nous songerons efficacement à le réalfser en nous, dans notre -être moral, ce qui est mieux encore. Mais dût la volonté paresseuse laisser l'admiration s'éteindre par degrés et se perdre dans la rêverie, encore nous aura-t-il été bon de nous être pour un moment haussés en idée au-dessus des intérêts mesquins et des préoccupations égoïstes.

Et voilà où nous doit mener toute parole littéraire. Quand l'àme de l'écrivain nous conduit à sa suite parmi le spectacle mouvant des choses, disons mieux, quand elle nous les fait voir à travers elle-même, non comme un miroir qui réfléchit mais comme un prisme qui colore ; telle est la dernière impression où elle doit subordonner toutes les autres. Si la réalité lui impose de reproduire la laideur et le vice, l'àme mettra plus glorieusement que jamais son empreinte sur les choses, en les forçant toutes de servir et de fortifier en fin de compte le sentiment qui élève, le sentiment du beau.

Tendre au beau : loi certaine. — Loi précise et pratique. Loi universelle.

La loi est rigoureuse, avons-nous dit. En effet rien de plus sur et de plus profond que ses bases. C'est l'obligation d'élever l'àme, incombant à l'art comme à toute influence morale ; c'est le pouvoir assimilant du vrai, du beau et du bien ; c'est l'inégale beauté des êtres selon qu'ils reflètent

un drame vraiment puissant ; il se met au piano et trouve d'admirables jnélodies. Au sortir d'une séance du Conservatoire, le poète écrira ses meilleurs vers. 11 en serait de même s'ils avaient vu l'un et l'autre une scène réelle d'héroïsme, et par contre, qui les prendrait dans l'inspiration ne serait pas mal venu ù leur demander une action généreuse.

LAME no.N.NAM SO.N i; M ]• i; E I > T t AUX CHOSES. 147

plus OU moins seusiblsmeiil la Beauté infinie. Quel spirilualiste niera ces principes ? Quel logicien contestera ces conclusions?

Mais la même loi est simple, nette, précise et pratique. Tout pour l'élévation de l'àme, tout pour l'impression dominante du beau. Or le beau suprême, c'est Dieu ; à tout prendre, c'est Dieu qu'il faut définitivement mettre en lumière. Dieu serait donc en soi l'objet suprême de l'art. Mais un pareil objet se dérobe. L'art est la traductiou sensible du beau, et l'immatériel absolu ne se laisse pas traduire. La parole seule l'atteint, elle le nomme, elle le désigne à coup sûr; mais quand il s'agit de le peindre, fùt-elle sublime, elle balbutie encore. Bossuet l'a dit eu vers admirables :

Je t'aborde en tremblant, lumière inaccessible.

Et sans voir dans son fond l'être incompréhensible,

Par un vol étonné je m'agite ù l'entour.

Le plus souvent il lui faudra, selon la condition constante des autres arts, se rabattre aux reflets sensibles de Dieu. Or où sont ces reflets? Dans l'àme d'abord, mais dans l'âme ordonnée selon la ressemblance divine, mais dans l'àme exprimée par ses naturels indices, l'action, la parole, le geste, le regard. Dans la nature ensuite, mais dans la nature en tant qu'harmonisée avec l'àme droite et en tant que reflétant le Créateur. Voilà le double thème de l'art et son double objet proportionné. C'est à travers la nature et l'homme qu'il peut retrouver et esquisser l'ombre de Dieu. Éclairé par la foi, c'est encore de la nature et de l'homme qu'il s'élance pour saisir et rendre, autant qu'il peut, quelque chose de Dieu même. Et dès lors ses devoirs sont précis autant que nobles. Tout pour l'élévation de l'àme, tout pour l'impression dominante du beau, tout pour la manifestation possible de Dieu. Qu'estce à dire en pratique ?

Dans l'expression artistique, dans l'expression littéraire

148 théorif; des BELLES-I,ETTRES.

de la nature, tout pour faire ressortir défiuitivement ses relations ordonnées avec l'âme et ses relations vraies avec son auteur et son type. Dans l'expression littéraire de la vie, tout pour faire ressortir définitivement la grandeur morale, l'âme belle et ordonnée en un mot. Qui nous accusera d'excès ou de vague? Point de sensualisme, point d'effet pour l'effet lui-même, voilà qui s'entend : le principe est incontestable et le programme s'applique à tout. Par là même la loi est universelle, atteignant le poète dans sa liberté de feindre, mais aussi l'orateur ou l'historien dans leur exactitude professionnelle. Qu'on n'objecte donc pas la réalité. Gomme la poésie n'est pas si détachée du réel qu'elle ne doive en partir tout d'abord et revenir à chaque instant s'y appuyer, de même ni l'éloquence ni l'histoire n'en sont esclaves au point de ne pouvoir jamais monter à une sphère plus haute. L'historien, l'orateur n'ont pas droit à l'invention ; mais ils dépassent déjà les réalités, quand ils les trient et les assemblent d'après une disposition autre que la série brute des phénomènes. Ils les dépassent quand ils les nouent entre elles par des emprunts hardis à la métaphysique générale et à l'expérience de l'homme. Ils les dépassent quand ils les jugent au nom de principes supérieurs qu'ils voient dans l'absolu. Ils les dépassent, sans manquer à une vérité quelconque, lorsque, les faisant passer à travers leur âme sereine ou indignée, ils nous les offrent marquées de son empreinte et revêtues de ses couleurs. Suétone conte à froid les infamies impériales, et son impassibilité nous laisse tout entiers à leur impression avilissante; présentée par Tacite, la bassesse nous aide à grandir. Ne parlons point du prédicateur. Dans son rôle à part, l'idéal et le réel se confondent : son objet, c'est Dieu même, idéal de l'idéal et réalité des réalités : c'est Jésus-Christ, le plus surhumain des types et tout ensemble le plus historique et le plus vrai dans ses traits d'homme. Non, parmi ceux qui écrivent ou parlent pour

L'AME DO?lNANT SON KMPRBlINTE AUX CHOSKS. 149

agir moralement sur leurs semblables, aucun n'est exempt de cette loi, ou plutôt déshérité de cet honneur. Sans faillir à l'exactitude, sans dénaturer le réel ou l'omettre, tous peuvent aboutir à élever l'âme ; tous le doivent par conséquent.

Page 1