‹ Théorie des belles-lettresChapitre 35 sur 112 · ESPRIT CLASSIQUE, PRANÇA.IS, CHRETIEN · texte numérisé non relu

ESPRIT CLASSIQUE, PRANÇA.IS, CHRETIEN

logique à pousser jusqu'au bout leur enseignement.

D'autre part, s'il a, quelque droit de railler leur- timides inconséquences, il est vrai qu'il procède d'eux el qu'ils revivent en lui. Suivons le parallélisme : il est frappant, il -impose. Le $pmantisme a bien été chez nous le prot stantisme littéraire. Sous couleur de réforme, de retour aux anciennes mœurs, le protestantisme avait détruit la foi en déchaînant l'orgueil individuel. C'est bien l'orgueil individuel que déchaînait le romantisme dans la préface des Orientales par exemple, et, dès lors, sous prétexte du retour au vrai, à la nature, on allait logiquement à l'extravagance. Or, en poésie comme en religion, les sectes ont dû se multiplier en enchérissant l'une sur l'autre : fantaisistes, coloristes, réalistes, naturalistes, décadents, tous romantiques de race malgré qu'ils en aient. Libre à M. Zola de venger les classiques des attaques de Victor Hugo en le montrant aussi loin qu'eux-mêmes de la réalité crue. Nous ne serons pas dupes de l'industriel qui a réussi à faire accepter son naturalisme comme une nouveauté. L'auteur de l'Assommoir et de toute cette épopée répugnante n'est qu'un réaliste plus réaliste, un romantique plus romantique, non par je ne sais quel reste d'idéal dont il s'avoue infecté, mais par une licence plus entière et de plus choquantes fantaisies. Qu'il prenne en pitié les timidités du patriarche, soit; mais c'est entre eux querelle de famille et, pour nous, de médiocre intérêt.

Au demeurant, qu'importent les noms, les sectes, les personnes? Pour qui prend les choses de haut, deux grandes écoles sont en présence, et il ne saurait y en avoir une troisième. D'une part, l'école de l'effet quelconque, ce qui veut dire le plaisir, la sensation avant tout; l'école de la puissance quelconque, de l'âme quelconque jetée dans l'œuvre à tort et à travers. Nul souci d'élever l'homme; et à quoi l'élèverait-on, puisqu'on ignore la fin dernière? Nul respect de la hiérarchie des facultés; toutes se valent, et c'est mutiler la nature que de les contrarier l'une par l'autre. Peu d'attention à mesurer la parole sur l'objet; la gloire est plutôt de le plier à la fantaisie souveraine. La

(i) Histoire de la Littérature anglaise, liv. II, ch. n, § 5.

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\ .!■ quelconque dans l'objcl présente et dans les fa-

cul : - ntent, voilà toul ce qu'on doit réclamer

En t'ait d'art, il n'\ a de marnais que ce qui esl pâle, languissant (t mon. Voilà, dans -mi fond, l'école que \l Tain, appelli rmanique » (i). Nous ne discutons l>..'mt sur l'enseigne; mais le lecteur qui" aura bien voulu nous suivre sait de rc-.tr que nous ne le conduirons point la.

i quoi bon décrire une fois de plu- l'école adverse? D un mot. c'est l'école d. la puissance ordonnée, de l'effet ordonné, de l'âme ordonnée. On y estime que, la parole :it l'honneur d'agir sur l'homme, c'est peu pour elle de l'amuser et de lui plaire à tout prix; qu'elle doit respecter sa miiiii d'homme et travailler, de près ou de loin, à sa destinée d'homme, ce qui l'engage à ne lui présenter que le vrai des choses transparaissant à travers une âme sainr. ne croit pas violenter le- facultés hum?:ncs, le talent, le génie de l'homme, en les conviant à respecter la nature l'homme, la nature des choses et l'ordre essentiel voulu de Dieu. On a conscience de ne leur enlever par cette contrainte que les faux brillants de le déraison, les tressaillements malsains de la fièvre et les joies honteuses du sensualisme. L'axiome premier de l'école est celui-ci : L'ordi existe et, loin d'amoindrir la puissance, il l'assure et l 'étend. »

âe cette école, c'est être classique au sens lan noble du mot, et c'est ainsi que nous le serons, Dieu aidant. Nous avouons pour maîtres, de Périclès à Louis XIV, tous les grands hommes auxquels le bon sens universel maintient et réserve le droit de former la jeunesse. Mais 'esl déférence et non fétichisme; nous gardons le droit de les contrôler respectueusement d'après les lois premières, qu'eux-mêmes nous ont éclairées en les suivant habituellement di si près. Ils sont h restent classique)! qu'ils oui approché plu- que personne de l'unioi parfaiti entre l'ordre el la puissance. Nous \oulons êti ( lassique < a prenant cette union pour idéal et en les jugeanl eux-mêmes d'après elle.

Histoire de in Littérature anglaise, liv. II, ch. II.

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