EMPREINTE DE L'AME SUR LES CHOSES 1 '\ I
où les chanoines ne dédaignent pas les chapelains et où ceux-ci souffrent les chantres (i). »
Sortons de l'objet lui-même; ne le regardons plus dans ses constitutifs essentiels ou dans ses parties intégrantes, mais dans ses relations avec ses entours. Voici de nouveaux indices pour guider nos méditations et achever nos connaissances. Il y aura là, d'ailleurs, une étude également naturelle et grave; et cependant nous ne quittons pas les lieux communs.
. Constatons d'abord les affinités, rapports de voisinage, de parenté même, par où, dans la grande famille des choses,, chacune tient de plus près à quelque autre. Ne faut-il que mieux connaître? Les affinités dont il s'agit nous ouvrent la riche veine des comparaisons (2). S'agit-il de convaincre? L'esprit trouve là ces proportions, parités ou inégalités, d'où l'argumentation tire une si grande force.
Quoi, tu veux qu'on t'épargne et n'as rien épargné (3)e !
s'écrie Auguste. C'est l'argument de parité. Quant à l'argument de proportion, qu'on nous permette un exemple qui pourra faire sourire. Scarron a vu céder au temps les plus belles œuvres de l'homme, et il conclut en philosophe :
Faut-il donc ni 'étonner, si mon vieux pourpoint noir, Qui m'a servi dix ans, est troué par le coude?
Aux affinités répondent les oppositions, semées dans les choses et dans les faits par la sagesse ordonnatrice, et concourant merveilleusement à l'harmonie générale. L'esprit y court d'instinct, sûr d'ailleurs d'y trouver des révélations frappantes. Et d'abord il y puise l'argument des contraires et il raisonne ainsi, par exemple : « La Révolution a commencé par la déclaration des droits de l'homme; elle ne finira que par la déclaration des Droits de Dieu (A). »
Ci) La Bruyère.. De la société et de la conversation.
(2) Nous nous réservons d'en parler une fois pour toutes à propos du style, liv. III, chap. v.
(3) Corneille. Cinna, acte IV, scène n.
(4) Bonald. Législation primitive.
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' découvre antre objets certaines incomintôt matérielles, tantôt morales, d'où il suit \ lui rement celle de
l'autre . L'avocat 1 1 i« >i 1 1 1 b s ir à une accusation grave
anl s qui l,i rendent invraisemblable. Ainsi
h père; ainsi, cl bien mieux encore, giste chrétien, réduil à venger Notre-Seigneur Wsus- Chrisl du j d'imposture ou, tout au moins, de
iiix illusions enthousiastes de ses disciples, mel : i • hypothèse blasphématoire, soit les ver-
tus surhumaines, soit la consommée du Fils de
M ii> d'où ^ent la puissance du contraste pour aider au dév< loppemenl des notions d'ailleurs admises, pour les rendre saillantes à l'esprit, aux yeux, à la sensibilité? Delille, qu'il ne faut pas toujours dédaigner, en indique au moins la caus
Des termes opposés qu'à nos yeux elle étate L'imagination mesure l'intervalle (i).
Si bien dit. sauf le parti pris qui appelle imagination l'âme tout entière. Le grand plaisir de l'âme n'est-il pas propre action, mais de la sentir facile et vive? Mais voilà précisément à quoi la provoque le contraste. En lui présentant à la fois deux trimes opposés jusqu'à l'extrême, il la convie à en mesurer la distance d'un seul coup d'oeil : action vive, car cette distance est moralement con- : mais action facile, car les doux termes sont là toul près, qui se touchent. C'esl par où le contraste nous par où il éclaire les objets en doublant les forces de l'esprit qui les médite. Mais prolongez-le. prodiguez-le, outrez-le : tout' change. \ forer d'être vif, le travail cesse L'âme u'esl plus soumise à un branle puissant mais normal; elle est heurtée, secouée, ballotée vioimenl d'une impression à l'autre. Les chercheurs d'effet plaudissent. Mai- nous savons de reste que l'effet n'est | au.
Enta objets il n'y ;i pas qru'aflfinitéa on oppositions
i Delille, L'Imagination, ch. i.